D comme Désiré

Lors de la sortie en 2006 du livre d’Eric Chevillard, j’ai tout de suite été attirée par le titre: « Démolir Nisard« 

nisard.jpg

J’avais donc à l’époque soigneusement noté les coordonnées du bouquin (éditions de Minuit) comme je le fais pour toute lecture qui me paraît intéressante ou que quelqu’un me recommande. Ce qui fait que la liste devient toujours si longue qu’il m’est impossible de tout lire, mais bon bref, ça, c’est une autre histoire.

Démolir Nisard! Ce patronyme n’est pas si courant pour que je n’aie tout de suite l’idée qu’il ne pouvait s’agir que de Désiré Nisard, le critique littéraire du Journal des débats et de la Revue des deux mondes et grand adversaire des Romantiques. C’est grâce à cela – si je puis dire – que son nom m’est si familier, puisque le sujet de mon mémoire de licence* était précisément la « Critique théâtrale à l’époque romantique« .

Ces jours-ci, en nettoyant mon bureau – chantier qui dure depuis plusieurs jours déjà et qui est loin d’avoir abouti – j’ai retrouvé la feuille sur laquelle j’avais noté les coordonnées du livre de Chevillard, que je n’ai toujours pas eu en main, et ma curiosité était de nouveau piquée.

Pour ceux qui voudraient quelques renseignements sur Désiré, voici déjà l’info de l’Académie française http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=394 car ce pourfendeur de Victor et d’Alfred y a eu son fauteuil. Et pour tout savoir sur le livre, c’est ici: http://www.leseditionsdeminuit.com/f/index.php?sp=liv&livre_id=2473 ; les premières pages du livre sont ici: http://www.leseditionsdeminuit.com/images/3/extrait_2473.pdf

En ce qui concerne le contenu du livre, je comprends tout à fait Chevillard, qui dit en plus fort ce que disait mon mémoire, car même Stendhal, même les auteurs de manifestes pour le théâtre romantique, personne n’échappe à l’argumentation de Désiré… il faut ‘plaire’ et ‘émouvoir’ et il faut respecter les unités et la bienséance… et Shakespeare n’est pas « dans le goût français », « dans l’esprit français » 😉
(esprit français, que de crimes on a commis en ton nom…)

Donc oui, moi aussi j’ai eu très envie de démolir Nisard… par des moyens plus académiques. Mais pour vous dire comme le problème est grave: ce mémoire a été la cause d’une grosse bagarre entre mes profs au moment de l’évaluation. Mais ça aussi, c’est une autre histoire.

A l’époque où je planchais sur ce mémoire, j’avais créé une recette, le poulet Désiré Nisard. La recette respecte la règle des trois unités (poulet, champignons, olives noires) ainsi que les bienséances (on le découpe à cru dans les coulisses de la cuisine pour épargner cette vue aux convives). Elle doit plaire (tous mes invités de l’époque s’en sont pourléché les babines) et émouvoir (ma cuisine d’étudiante était un minuscule couloir où j’avais deux plaques de cuisson, une pour faire mijoter le poulet et une pour préparer l’accompagnement)

Et puis, il y a le blog d’Éric Chevillard à découvrir http://l-autofictif.over-blog.com/

***

* la licence, en Belgique et à l’époque, c’était le bac + 4, comparable à ce qu’on appelait alors en France la maîtrise, et il fallait écrire « une  thèse » car c’est par ce mot-là que nous désignions la chose.

Publié dans D

9 commentaires sur « D comme Désiré »

  1. Votre grenier doit ressembler à mon ex-garage où l’on ne pouvait s’aventurer qu’avec un équipement spéléo !
    Tout comme le vôtre, je lis chaque jour le blog d’Eric Chevillard.

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  2. Le mien était au sujet de la femme littéraire. Y en avait marre des mecs, des mecs, des mecs aux programmes littéraires…avec un de mes profs (français) qui avait dit que Marguerite Duras ne valait pas la peine car physiquement trop laide…comment aurait-elle pu avoir un amant ?
    Vé-ri-dique.
    Quand j’ai eu ma maîtrise, j’ai envoyé un joli bouquet de fleurs à c’mec !
    Quant à l’Académie française, comment ont-ils pu admettre Giscard ?
    Une farce de la dinde, moi, je dis.
    😉

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  3. ah bon, Walrus! en voilà un drôle de hasard! je me demande bien ce qui vous a conduit chez Eric Chevillard… ne me dites pas que c’est Désiré? 😉
    tu as mille fois raison, Joye! tous mes profs étaient des mecs et il nous semblait que la littérature et la critique littéraire étaient affaire de mecs… ce n’est qu’après mes études que j’ai commencé à chercher les femmes 😉
    j’en connaissais juste quelques-unes en poésie, mon dada (cataclop cataclop) depuis mes 16 ans 🙂
    aahhh me brûler et me noyer avec Louise Labé! être seulette avec Christine de Pisan!
    LOL
    merci à vous!

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