J comme Jozef

Quelle famille européenne n’avait pas, au début du 20e siècle, un oncle d’Amérique? On peut se le demander, vu que le nombre de migrants partis du seul port d’Anvers s’élève à deux millions. (1)

Dans la famille de grand-mère Adrienne, l’oncle d’Amérique s’appelait Jozef. 

L’oncle d’Amérique, celui qui rime avec mythique: grand-mère Adrienne se souvenait de cette fois où il était revenu en Belgique et où, petite fille, elle avait reçu de lui une pièce d’or. 

Dernièrement, en reclassant quelques vieilles photos, j’ai eu l’idée d’aller voir sur le site internet d’Ellis Island s’il était possible de l’y retrouver. 

Il n’y est mentionné que pour son dernier voyage, sa dernière arrivée sur le sol américain, le 28 septembre 1923, venu d’Anvers avec le paquebot Belgenland. (2) 

Belgenland.jpg

source http://professionals.redstarline.org/

En 1923, il a déjà 40 ans et la nationalité américaine. Son lieu de résidence est Pawtucket, Rhode Island. Tout ça est bien répertorié sur le site. On y apprend également qu’il est célibataire et qu’il voyage avec un ami natif de notre même bonne petite ville, Rémy, marié, 37 ans, domicilié à Pawtucket et citoyen américain lui aussi. 

A sa famille restée en Belgique, l’oncle Jozef envoie de temps en temps une photo. Grand-mère Adrienne en avait conservé quelques-unes, dont une où il est assis dans un side-car, portant chemise et cravate, accoudé nonchalamment, la casquette en arrière et le cigare entre les doigts. L’homme en costume cravate chevauchant la moto est peut-être son ami Rémy. 

BELGENLAND-.jpg

source http://maritimematters.com/2013/10/red-star-line-museum-opens-in-antwerp/

Mais ce que j’aurais aimé savoir, c’est à quel âge il est parti, comment s’est déroulé ce voyage-là, comment il s’est débrouillé dans les premiers temps… 

Et aussi pourquoi il est revenu juste avant la guerre de 40, ce qui l’a obligé à se présenter à la Kommandantur une fois par semaine, à cause de sa nationalité américaine. 

belgenland2.jpg

petit émigrant de 1929 – source http://www.allaboutshipping.co.uk/

Le musée de la Red Star Line à Anvers et des témoignages ici, comme l’histoire de la famille Hutlet 

*** 

(1) dans ma belle-famille ostendaise, ils cumulaient: ils avaient des émigrés aux Etats-Unis et en Australie (où ils avaient été obligés de traduire leur nom flamand en anglais, c’est ainsi qu’ils sont devenus la famille Richman) 😉  

(2) traduction littérale: pays des Belges; capacité de 2600 passagers (500 en première classe, 600 en seconde et 1500 en troisième)

28 commentaires sur « J comme Jozef »

  1. un oncle de ton mari, voilà qui est très récent!
    de nos jours, il y aura de nouveau « des oncles d’Amérique » (et d’ailleurs) si je vois le nombre de mes anciens élèves qui trouvent des opportunités de boulot un peu partout dans le monde…

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  2. En France, dans certaines archives départementales on trouve des listes de demandes de passeports ce qui permet de dater le départ. Peut-être une piste à creuser si c’est aussi le cas par chez toi…

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  3. Beaucoup sont partis des pays d’Europe pour les Amériques.
    Ici, nous sommes les descendants de ce grand mouvement.
    Notre lignée du côté maternel est un Joseph qui venait d’Allemagne arrivé au Québec avec son frère et du côté paternel peu de recherches ont été faites… on pense que c’est de France à cause du nom mais là encore bien souvent le nom est modifié. J’aime bien lire les histoires de ces personnes émigrées elles ont beaucoup à raconter.

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  4. J’ai une double question absurde qui s’annihile :
    – Pourquoi ne tenaient-ils pas un blog au jour le jour ?
    – Pourquoi tient-on un blog au jour le jour quand on n’a pas de petits-enfants ?
    😉
    Voilà je peux OK jessortir non sans avouer, moi aussi, mon intérêt pour tes recherches généalogiques.

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  5. Aucun oncle d’Amérique dans ma famille ou celle du Nini d’après ses recherches généalogiques. Il faut dire que nous sommes loin de la mer et des ports …
    Quoiqu’en y réfléchissant, j’ai déjà entendu parler de nombreuses « colonies » suisses, en Amérique du sud ou au Canada. Mais personne de chez moi visiblement !

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  6. il y a de nombreux témoignages au musée (on peut en lire quelques-uns sur le site, j’ai mis le lien) parce que c’est le vécu des gens qui nous intéresse, c’est sûr, les ‘pourquoi’ et les ‘comment’ et les ‘et après?’

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