B comme balade en ville

Le café et la confiture avalés, on emmène l’Homme et l’Adrienne pour une première balade en ville. Seul le chien est déjà parfaitement à l’aise avec tout le monde et tire la gamine au bout de sa laisse. 

– On va vous montrer le marché, dit Violeta. 

On arrive en effet à des étals surmontés d’une grande verrière. Des vitres sont cassées, la peinture écaillée, tout est sale, la rouille attaque le métal mais l’ensemble a dû être fort beau, quelques décennies plus tôt. 

La verrière est complètement vide, à l’exception d’une vieille femme avec un fichu sur la tête, assise sur le sol devant une cagette contenant une carotte et un oignon. 

Une carotte et un oignon. 

L’Adrienne n’a pas osé prendre de photo mais ça ne fait rien : l’image est gravée en elle. 

DSCI4581.JPG

13 juillet 1990

16 commentaires sur « B comme balade en ville »

  1. tout était débrouille, comme je l’ai dit dans mon billet-café turc, ce qui imposait de bien soigner ses relations jusqu’aux membres les plus éloignés de la famille et aux amis des amis d’amis 😉

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  2. Je viens justement d’aller voir Baccalauréat… Oh je trouve si triste que les gens aient connu et connaissent tout ça. Tu sais quand j’étais aux USA je connaissais une dame, une française, qui travaillait pour un avocat spécialisé dans la récupération des biens volés à la noblesse roumaine par Ceucescu. Il défendait alors un Prince dont on avait confisqué le palais, les terres, le pavillon de chasse et plein d’oeuvres d’art. Ce Prince vivait à New York et j’ai eu sous les yeux pas mal des documents… Il s’appelait d’ailleurs Mixhail… et je ne sais pas ce que ça aura donné de concret mais normalement il avait droit à la restitution ou au dédommagement…

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  3. je ne verrai sans doute pas ce film (ma petite ville de province est fort éloignée des cinémas ;-)) mais ce que j’en lis confirme ce que je ressens depuis le début chez mes amis roumains: après l’espoir sont venus très vite les frustrations et l’abattement devant un système qui reste foncièrement corrompu, et le manque d’opportunités réelles pour les jeunes – c’est aussi, je pense, ce qui leur a fait mieux accepter, malgré leur immense amour pour leur pays, que leurs deux enfants s’expatrient

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  4. Quelle tristesse et que la vie devait être dure pour ces gens là …..c’est avec des exemples comme ceux là et même avec des exemples chez nous, à notre époque, que l’on mesure notre chance et combien on devrait l’apprécier ! que l’on mesure aussi le degré d’injustice sociale dans notre pays, que l’on vomit un peu plus les magouilles de toutes sortes …..
    Je te souhaite une belle fin de semaine !

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