I comme internats chic

– C’est un thé suisse, me dit ma mère en souriant, les yeux brillants. 

Je n’avais jamais rien goûté d’aussi suave. Chaude et moelleuse dans la bouche, finement parfumée, la boisson que m’offrait l’hôtesse de l’air était une surprise que ma mère semblait ravie de me voir découvrir. Debout à côté de son chariot, l’hôtesse acquiesçait à la définition du « thé suisse », souriait elle aussi de toutes ses dents, belle et blonde comme sur les réclames, avec des traits épais et doux, premier contact merveilleux avec ma future terre d’adoption, celle où tout était toujours propre, et dont à Istanbul chacun parlait avec un respect qui confinait à la timidité: sur les rives du Bosphore, Isviçre, la Suisse, avait la consonance d’un mot magique. Le thé suisse n’était rien d’autre que du thé au lait, bien sûr. 

Metin Arditi, Dictionnaire amoureux de la Suisse, Plon 2017, p. 289-290, Internats chic.

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C’est à Metin Arditi, un Suisse d’adoption comme il le dit dans l’extrait ci-dessus, qu’a été confiée la tâche de rédiger ce dictionnaire. Il le fait de façon très personnelle, en y insérant son vécu et de nombreux extraits de ses œuvres. Par exemple, cet extrait vient de « La chambre de Vincent« , un court récit autobiographique. D’autre part, il le fait de façon très « guide touristique », allant même jusqu’à proposer une bonne adresse où manger tongue-out 

source de la photo et information ici, chez Plon et merci aux amis suisses qui m’ont offert le livre kiss  

Suite de l’article « Internats chic » le mois prochain?

38 commentaires sur « I comme internats chic »

  1. Habituellement je n’aime pas les dictionnaires autres que ceux de langue française ou bilingues. Ecrire sous forme alphabétique démontre une incapacité à classer ses idées et à établir un plan cohérent.
    Ce point de vue ne concerne bien entendu que les livres, et non les blogs qui choisissent ce mode pour écrire leurs articles. Dans ce dernier cas, il s’agit d’une véritable prouesse qui consiste à trouver le titre adéquat afin qu’il soit coordonné à la lettre du jour !

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  2. dans le cas des « dictionnaires amoureux », ça permet de « butiner » ou de faire une recherche ciblée;
    dans le cas de ce dictionnaire-ci, pour en parler j’ai choisi le billet « internats chic » parce que, comme l’auteur a choisi de parler de la Suisse à travers sa propre expérience du pays, commencer par son arrivée en Suisse à l’âge de 7 ans me semblait le plus adéquat 🙂

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  3. J’ai celui de la Belgique par Baronian, si ça te tente…
    (et aussi celui de l’humour par Chiflet, mais je ne le trouve pas terrible).
    Inutile de préciser que tu ne dois pas compter sur moi pour celui de Proust :o)

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  4. j’ai déjà souvent pris en main celui de l’Italie mais je ne l’ai jamais acheté parce que – n’est-ce pas un comble dans mon cas!!! – le système alphabétique pour parler de l’Italie me déplaisait totalement 🙂

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  5. Je connais bien la Suisse d’une part mon grand père maternel était d’origine suisse et d’autre part j’habite pas loin de ce beau pays. Je savoure surtout leurs fromages plus que leur thé au lait 😉

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  6. d’un côté ça fait rêver, d’un autre côté ça peut être l’enfer…
    en tout cas l’auteur a décidé d’envoyer ses propres enfants à l’école publique, « sans hésitation », écrit-il 🙂

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  7. Ma grand-mère maternelle, qui habitait un village que vous connaissez, buvait du thé tout au long de la journée. Elle détestait le lait dans le thé. Elle s’appelait Adrienne!
    Le lait dans le thé, avec la mode du thé vert et des tisanes diverses, ne se pratique plus.
    Un coup de cœur littéraire, « Loin des bras » de Metin Arditi.
    Je vous souhaite une bonne journée.
    Jean-Jacques’60
    Berne, le 11 janvier2018

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  8. de cet auteur, j’ai eu comme « coup de coeur » L’enfant qui mesurait le monde (j’en ai parlé ici)
    et oui, les tisanes sont à la mode mais je ne suis pas du tout tisane, je n’ai pas la foi 😉
    merci et bonne journée!

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  9. je continue à apprendre à mes élèves que chic, snob et soi-disant sont invariables… c’est infiniment plus simple – parce que déjà bien assez compliqué d’avoir des exceptions à retenir – que de dire OK on peut mettre un s au pluriel mais on ne peut pas les mettre au féminin…

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  10. Du thé suisse, mazette, qu’est-ce que c’est ? J’aime bien la formule des Dictionnaires amoureux, elle permet de butiner à son gré, de retrouver facilement une entrée, et aussi le choix des auteurs qui peuvent y exprimer leur subjectivité. Je n’ai pas encore lu celui de Dominique Fernandez sur l’Italie, mais cela viendra, j’ai adoré celui qu’il a composé sur la Russie. Et celui-ci m’intéresse, merci pour ton billet.

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  11. merci l’amie suisse, tu veux dire 🙂
    et oui, butiner ou faire une recherche spécifique, c’est ce que je répondais plus haut (mais va comprendre pourquoi, dans le cas de l’Italie ça ne m’allait pas ;-))

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  12. Je viens de terminer « Loin des bras » et j’ai aussi beaucoup aimé.
    Arditi y décrit la vie dans un pensionnat justement. Même s’il parle plus de la vie des enseignants que des élèves, rien que le titre, ces trois mots tout simples, disent beaucoup. Du Metin Arditi quoi ! J’aime vraiment énormément cet auteur.

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  13. J’ai ri de l’entendre parler de son thé suisse ! Du thé au lait, on n’en buvait jamais chez nous.
    Par contre mes petits fils aiment beaucoup, et chez nous on appelle ça du thé mauricien puisque cette habitude leur vient de leur papa et surtout de leur mamie mauricienne !
    😀

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  14. Je suis allée plusieurs fois en Suisse, mais je n’y ai jamais bu de thé, (d’ailleurs, en ce temps-là, je ne buvais pas vraiment de thé), et j’ai des souvenirs… De Suisse. Excellents, moins une année – mais la Suisse n’y était pour rien.
    Une de mes régions préférées est assurément le Tessin. C’est presque la mer o;))) – C’est merveilleux.

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  15. qu’ils ne sont pas tous au même niveau, c’est certain! tout dépend de l’auteur, qui a sa liberté, son point de vue, ses choix et son talent pour l’écrire…
    j’aime bien celui sur la Belgique, de Jean-Baptiste Baronian 🙂

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  16. Je ne connais que les autoroutes suisses du côté de Bâle, mais je n’ai jamais eu l’occasion de m’y arrêter. Par contre, j’ai déjà lu des « Dictionnaires amoureux » qui sont d’un niveau inégal, mais j’aime bien leur subjectivité et le ton personnel que chaque auteur peut imprimer à cette collection. Je viens d’ailleurs d’emprunter le « Dictionnaire amoureux de la Bretagne » par Orsenna au bibliobus, mais je n’ai pas encore commencé la lecture.
    Bonne semaine Adrienne.

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