U comme Uzanne

lali578

« Il est sage de brûler les lettres d’amour, mais il est doux de les conserver, de les classer, de les reprendre et de les relire souvent dans la niche de soie parfumée où l’on s’est plu à les encercueiller. La sensation qu’elles nous donnent à leur arrivée ne saurait être perpétuée ; toutefois, il est bon de songer à la curiosité rétrospective qu’il nous viendra avec les frimas de la vie, et nous nous décidons tous plutôt malaisément et à contre-cœur à anéantir les chères expressions vivantes qui souvent survivent aux ardents sentiments qui les ont dictées. »

Octave Uzanne, La Correspondance d’amour : ses subtilités et ses maléfices, texte complet ici et photo chez Lali ici.

L’Adrienne a donc trouvé une raison de plus de ne pas brûler les siennes: en vue des frimas de sa vie 😉

Peut-être même faudrait-il leur trouver une « niche de soie parfumée », au lieu du vulgaire sac plastique dans lequel elles ont été déménagées 😉

Merci Octave!

21 commentaires sur « U comme Uzanne »

    1. comme le disent Umberto Eco et Jean-Claude Carrière dans le livre dont je parlais précédemment, les bibliothèques, tôt ou tard, finissent par brûler… 🙂
      (j’ai eu une élève qui s’appelait Alexandra et qui a tellement entendu cette blague qu’elle avait des envies de meurtre… heureusement Clo-Clo était déjà mort)

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  1. Je n’en ai gardé aucune, hélas, trop tarte/loyale envers celui qui suivait (et qui n’aurait rien su, mais je n’avais pas appris à taire ce qu’il aurait fallu taire 🙂 ). J’en regrette certaines. Notamment une « lettre de rupture » assez raisonnable d’un garçon français que se parents envoyaient étudier au Danemark, et qui savait donc qu’il ne serait pas fidèle. Avant de ne plus l’être il nous rendait notre liberté en commençant sa lettre par « mon doux miel absent ». J’étais tellement fière que je l’ai apportée en classe et l’ai fait lire à tout le monde, la classe était en pleurs sauf moi, très valorisée de cet exploit littéraire 😀

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    1. ayant eu le même homme dans ma vie de mes 18 à 48 ans, je n’ai pas ce problème 😉 mais OMG les lire en classe, les lire devant d’autres ou même l’idée que d’autres les trouvent après ma mort, no way! c’est la principale raison pour laquelle je veux les détruire, tant pis pour les frimas de ma vie 😉

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  2. Je doute qu’on en écrive encore beaucoup dans ma génération… Mais moi, j’en ai reçu une lettre de plusieurs pages d’une fille amoureuse de moi, mais trop timide pour le dire. Ecrire était plus facile pour elle d’expliquer ses sentiments, ses réactions. Cela nous a permis d’y voir plus clair tous les deux dans une relation avec beaucoup de non-dits. Cela ne s’est finalement pas concrétisé, j’ai gardé la lettre pendant plusieurs années puis, quand j’ai perdu tout contact avec elle, je l’ai déchirée car j’ai pensé que c’était une manière de tourner la page d’une part, et je ne voulais pas que quelqu’un d’autre que moi la lise d’autre part.

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  3. Intéressant, mais difficile de fabriquer une pochette de soie…

    J’ai gardé un seul billet de mon ex-mari, quelques lettres d’un ami que je devrais classer, et réfléchir à ce que je vais en faire.

    Sinon, j’ai soigneusement classé et rangé – dans des enveloppes kraft – les lettres de ma maman (qui avait un humour incroyable quand elle écrivait et les rares cartes de mes parents) – les lettres de ma cousine, il y en a si peu, et celles de ma meilleure amie. Heureusement, parce que les mails s’envolent chaque fois que je « perds » une boîte mail (ce qui arrive tout de même trop souvent…)

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