F comme Fountain Hills

Anna en a assez. Depuis le temps que ça dure, elle n’en peut plus. Toutes ces discussions interminables. Ces éclats de voix qui scandalisent le voisinage. Même qu’un jour les forces de l’ordre ont été appelées.

Anna en a assez. Elle ne les supporte plus. Elle est chez elle, et elle n’est plus chez elle. Son fils veut la maison pour lui seul. Enfin, pour lui et son amie, celle-là il aurait mieux fait de la laisser où elle était. Une propre à rien.

Anna en a assez. Non, elle n’a pas pété les plombs. Elle est calme et déterminée. Elle attend qu’ils soient tous les deux dans leur chambre et qu’ils dorment. Alors, sur ses vieilles pantoufles, elle trottine jusqu’à la porte derrière laquelle elle entend ronfler son fils.

Elle a ses deux pistolets armés dans les poches de sa robe de chambre. Elle ouvre la porte. Elle tire.

Justice est faite.

***

On appelle ça un fait divers – voir ici pour ajouter quelques détails vrais à ma fiction.

23 commentaires sur « F comme Fountain Hills »

  1. C’est absolument terrible, sans arriver à tuer son propre fils, il y a tant de cas d’envois en maison de retraite pour « récupérer » la maison et être tranquille. Quelle protection pour ces vieux?

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      1. Le livre est un « bijou », j’ai moins aimé le film de Imamura du fait en particulier d’une scène ajoutée qui m’a choquée. Le film figure dans le catalogue de ma médiathèque mais pas le livre.

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      2. Le livre propose une compréhension du monde dans un contexte matériel difficile. Il se termine dans une grande sérénité pour le lecteur qui accepte de sortir du cadre de notre occident contemporain. Mais je suis une personne bizarre et ce livre fut une découverte absolue lors de sa parution en français.

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      3. ma propre bizarrerie, c’est d’avoir peur de lire un livre dans lequel des gens (ou des bêtes, ou tout ce qui vit) souffrent 😉
        or c’est le cas de la plupart des chefs-d’oeuvre 😉

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  2. Le vie est très dure pour les vieux aux USA, horrible. Sauf si on a de l’argent – beaucoup. Les maisons de retraite sont une sorte de jardin d’enfants gâteux, on leur propose des « activités » telles que « le tour des illuminations de fin d’année en ville » alors qu’il y a trois étoiles en carton pendues aux câbles électriques et un sapin de Noël avec des décorations cassées. Je l’ai vu. Ils devaient se réjouir et s’exciter de ça! Ils ne sont pas forcément maltraités (les infirmières sadiques n’opèrent pas partout quand même) mais on fait d’eux des enfants gâteux, bourrés de médicaments pour qu’ils se comportent en bons légumes obéissants. Tout le monde le sait. Et on ne craint pas la maison de retraite : c’est le film d’horreur dans lequel on ne veut pas entrer!

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  3. Dans ce cas-ci il faut vraiment être au bout du rouleau pour en arriver à tuer… Mais ce n’est pas toujours le cas souvent c’est par geste gratuit. Et combien d’enfants morts par des armes que les parents laissent à leur portée.
    Au USA c’est aberrant ce port d’arme pour tous toute une population en danger en fait.

    Aimé par 1 personne

    1. aberrant, absolument! les chiffres sont là, et pourtant le chef de l’Etat continue la promotion de l’armement pour le particulier sous prétexte de sa sécurité…
      la dame de ce « fait divers », si je lis bien ce que dit Edmée ci-dessus, sera peut-être mieux traitée en prison que dans une maison de retraite…

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