7 choses

rigning-i-november

Pour apprendre à connaître un peu mieux le pays, la lecture d’oeuvres littéraires a été bien plus utile que celle des guides touristiques.

Ainsi par exemple, Auður Ava Ólafsdóttir et son Rigning í Nóvember, Pluie en novembre, titre apparemment jugé peu racoleur car toutes les traductions ont préféré gommer la pluie et la remplacer par des papillons (versions néerlandaise, anglaise, allemande), une embellie (version française) ou ‘la femme est une île’ (versions italienne, espagnole et portugaise).

J’ai beaucoup aimé cette histoire où une jeune narratrice raconte avec humour son voyage autour de l’Islande, suite à son divorce, avec comme compagnon un enfant de quatre ans, le fils d’une amie hospitalisée, et elle qui ne se croyait pas faite pour être mère devient de jour en jour meilleure dans ce rôle.

La confrontation avec la réalité islandaise est des plus intéressantes: il y a tant de points communs entre ce que la narratrice vit, voit, raconte et ce qu’on a pu voir de l’Islande, fut-ce en seulement cinq ou six jours.

Petite tentative de liste:

1.la météo de novembre, dans le livre, est jugée « ridicule » tout comme la température et les conditions météo ont été jugées « ridicules » par notre guide de jeudi: il fait « ridiculement » chaud, ça veut dire dix degrés Celsius, le paysage est « ridiculement » détrempé au lieu d’être figé dans la glace et recouvert de neige.

2.on suit la route numéro 1 pour chacune de nos excursions (j’ai du mal à l’appeler autoroute, même si elle a généralement deux bandes de circulation dans les deux sens). Elle s’appelle numéro 1 mais il n’y a pas de numéro 2 et elle fait le tour de l’île. Qu’on aille au nord ou au sud, si on continue de rouler, on revient à son point de départ.

3.sur les 330 000 Islandais, plus d’un tiers vit dans la capitale, il n’y a pas d’autre ‘grande ville’ mais tout le long de la route numéro 1 on trouve ici et là une ferme, des maisons de vacances (en bois), un village, un camping rempli de caravanes, une station-service avec cafétéria et supermarché. Comme la narratrice, nous y avons fait halte pour y boire un café ou aller aux toilettes.

4.grâce à la géothermie, il y a des piscines chaudes à ciel ouvert un peu partout. Les Islandais s’y retrouvent comme d’autres au bar, à faire la causette et à s’observer. D’abord douche sans maillot puis baignade avec maillot (voir mon billet d’hier :-))

5.chacun semble avoir sa maison de vacances et la narratrice aussi, un joli cabanon qu’elle a gagné à une loterie et qu’elle va installer dans un endroit improbable, à l’ombre d’une montagne. On en a vu beaucoup dans de drôles d’endroits, avec mention spéciale pour la maisonnette placée toute seule sur une pente d’où tombent régulièrement de gros éboulis de blocs de lave. Roulette russe à l’islandaise 😉

6.on mange du skyr, du poisson pané, de l’agneau fumé, des pommes de terre. C’est vrai. Et on y mange très bien, les cuissons sont parfaites. Et beaucoup de choses (très) sucrées. La saison d’été est trop courte pour produire des céréales donc on a des herbages et on élève des vaches et des moutons. De nombreux fermiers louent des chambres aux touristes. Ce qui doit être importé coûte les yeux de la tête, une façon comme une autre de protéger le fermier autochtone et d’endiguer l’exode rural.

7.ce qu’on appellerait chez nous ‘catastrophe naturelle’ est monnaie si courante en Islande qu’on rigole bien d’entendre parler d’ouragan ici et là sur la planète: nous avons constamment des vents de cette force-là, dit le guide, même qu’un jour un camion s’est envolé, on n’en fait pas tout un plat. La seule fois où une ‘catastrophe naturelle’ a fait tout un plat dans les médias du monde entier, c’est parce que notre trafic aérien en a été arrêté. Mais la terre y tremble plus ou moins quotidiennement, des volcans sont en activité, des inondations, éboulis, avalanches coupent les routes ou font disparaître des maisons, une église: « pas grave, dit le personnage du livre, de toute façon elle était vieille et il en fallait une neuve ».

*** 

source et info (couverture d’origine) ici, version française chez Zulma et néerlandaise (celle que j’ai lue) chez De Bezige Bij.

rigning ndl

31 commentaires sur « 7 choses »

  1. Mon ancien élève, qui avait choisi l’Islande pour refaire une rhéto, en était revenu enchanté. Il avait passé un an dans une famille islandaise à Reykjavík et il était allé voir les grands parents, fermiers au bord de la route qui fait le tour de l’ile..
    Bon retour à l’école.

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  2. Auður Ava Ólafsdóttir figure à mon programme de lecture pour « Rosa Candida » et je note « Embellie ». Chacun de nous a son mode d’approche d’un pays, je suppose que pour certains ce sera la musique et pour d’autres le sport ou la cuisine.
    Bonne rentrée !

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    1. j’ai aussi l’intention de lire Rosa candida 🙂
      et bien sûr, le plus d’approches possibles pour avoir une idée la plus complète possible, absolument! si on ne lisait que les polars d’Indriðason, on aurait une drôle de vision de l’Islande 😉

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    1. nous oui mais je n’ai pas l’impression que ça effraie les Islandais, qui installent des centrales géothermiques sur des volcans en activité ou même leur maison de vacances… comme les Napolitains continuent de construire sur les flancs du Vésuve et dans la baie…

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  3. J’aime bien ton approche en 7 points vs le livre.
    Il y a une trentaine d’années, des amis y sont allés avec leurs deux grands fils, et ils campaient… Ma foi, je crois que s’ils ne s’y étaient pas ennuyés (et même avaient apprécié), ils n’étaient prêts pour y retourner. Je pense que pour moi, c’est le manque de lumière qui serait rédhibitoire.

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    1. l’hiver, oui! mais l’été il fait clair quasiment jour et nuit… par contre les températures sont à peine plus clémentes en été, nous avons eu 12° un jour de janvier et d’après ce qu’on m’a dit, avoir 12° l’été, c’est bien, on est contents, on trouve qu’il fait chaud 🙂

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  4. C’est très tentant tout ça et j’espère trouver les livres de Auður Ava Ólafsdóttir, histoire de repartir un peu en Islande.
    J’ai lu tous les polars d’Indriðason. C’est vrai qu’ils sont sombres, mais ils m’ont aussi donné des envies d’aller voir les fjords de l’est où nous n’avons pas eu le temps d’aller l’année dernière.

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