H comme Honduras

Combat – Clementina Suárez (Honduras, 1902-1991)
Je suis une poète, 
une armée de poètes.
Et aujourd’hui je veux écrire un poème, 
un poème sifflets,
un poème fusils 
pour le coller sur les portes,
sur les cellules des prisons, 
sur les murs des écoles.
Je veux aujourd’hui construire et détruire, 
élever un échafaudage d’espoir.
Réveiller l’enfant, 
archange des épées, 
être éclair, tonnerre,
avec une stature d’héroïne
pour trancher, ravager
 les racines pourries de mon peuple.
(Trad: Colo chez qui j’ai aussi pris l’illustration ci-dessus)
Combate
Yo soy un poeta,
un ejército de poetas.
Y hoy quiero escribir un poema,
un poema silbatos,
un poema fusiles
para pegarlos en las puertas,
en la celda de las prisiones,
en los muros de las escuelas.
Hoy quiero construir y destruir,
levantar en andamios la esperanza.
Despertar al niño
arcángel de las espadas,
ser relámpago, trueno,
con estatura de héroe
para talar, arrasar
las podridas raíces de mi pueblo.
Gevecht
Ik ben een dichter
een leger van dichters.
En vandaag wil ik een gedicht schrijven,
een gedicht als fluitsignaal,
een gedicht als geweer
om op te hangen aan de deuren,
in de cellen van de gevangenissen,
en aan de muren van de scholen.
Vandaag wil ik bouwen en afbreken,
de steigers van de hoop oprichten.
Het kind wakker maken
aartsengel van de zwaarden,
bliksem zijn, donder,
met de gestalte van een held
om te snoeien en te hakken
in de rotte wortels van mijn volk.
(traduction de l’Adrienne)
Première femme du Honduras à avoir publié un livre et pourtant, dit la notice wikipédia qui lui est consacrée,  « la gente se interesaba más por sus amantes que por su poesía« . Inutile de vous le traduire, je pense 😉
D’autres poèmes de cette femme libre ici et un bon article de fond ici.

12 commentaires sur « H comme Honduras »

  1. Bel hommage à cette dame courageuse. Votre:
    om te snoeien en te hakken
    in de rotte wortels van mijn volk.
    sonne aussi fort que l’original.

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    1. merci! il fallait faire des choix pour talar et arrasar, à cause des connotations (talar par exemple, c’est couper ou abattre un arbre, mais ici il s’agit de racines donc on est au sens plus figuré, détruire) ni à cause de l’usage de prépositions différentes.
      merci pour votre appréciation!

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    1. merci, j’ai choisi de garder la forme du masculin, comme dans l’original, el poeta… Clementina est morte avant de voir la feminización del lenguaje 😉 et moi-même, malgré mon féminisme convaincu, je le suis moins quand il s’agit de certaines féminisations de mots (dichteres ne me convainc pas)

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  2. Une découverte pour moi. Et quand j’apprends qu’elle a fréquenté Frida Kahlo, pourquoi est-ce que ça ne m’étonne pas ?
    Merci pour ce moment de poésie en échos polyglottes.

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