M comme moment montmartrois

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Il rentrait chez lui quand son regard fut attiré par la silhouette de la jeune femme qui descendait les marches. Manteau rose, cheveux noirs flottant sur les épaules, grand sac avec son matériel d’aquarelliste, fugitive beauté

– Je l’aborde! se dit-il. C’est tout trouvé, je lui poserai une question sur son art, je citerai Baudelaire, car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais… puis je lui offrirai un café, ça va marcher.

Il était presque à sa hauteur et allait ouvrir la bouche quand ce sont les vannes célestes qui se sont ouvertes, une forte giboulée accompagnée de gros grêlons. Elle s’est réfugiée sous son parapluie en serrant bien son précieux sac contre elle et a dévalé les marches sans un regard pour lui.

La prochaine fois, se dit-il, ça va sûrement marcher.

***

Tableau de John Salminen et consignes chez Lakévio, que je remercie: C’est de « l’espace de l’instant » que je voudrais que vous me parliez. Histoire inattendue, éphémère, dès lundi !

37 commentaires sur « M comme moment montmartrois »

      1. j’en aurais été charmée aussi dans les eighties 😉 et je suis sûre qu’aujourd’hui encore, un brin de poésie fait plus d’effet que l’attaque directe, souvent (ressentie comme) grossière

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  1. Oh, pas de chance ! La vie parisienne est vraiment difficile, à Marseille, près de la Bonne Mère, il n’aurait peut-être pas eu cette météo et il aurait trouvé le temps de dire « charman’te » aque l’accent, c’est ça le sud ! Bravo et belle journée dame Adrienne. brigitte

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  2. C’est donc ça, le coup du parapluie ?
    L’illustration me fait sourire ce matin, à cause des réverbères. L’éclairage public de ma rue (en pente, mais sans escaliers 😉 a été modifié l’an dernier et à ma grande surprise, on nous y a installé de beaux réverbères qui lui donnent un air de Montmartre. J’en suis ravie.

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    1. j’imagine 🙂
      dans ma ville il y a depuis « toujours » des réverbères dans le square et dans le parc, je devrais voir s’il y en a ailleurs et quelle sorte d’illumination est prévue pour le centre qu’on est en train de refaire et de rendre plus ou moins piétonnier…

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  3. Bon, il y avait comme un embouteillage ce matin, et je n’ai pas réussi à poster.
    Alors, comme ça, tu sais qu’ils se croisent régulièrement. Elle n’a pas l’air de l’avoir remarqué, en tous cas ! Le pauvret risque bien la déconvenue.Il en va ainsi de certaines rencontres….

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  4. Ce n’était pas son jour, son heure… Mais ila vécu cet instant d’anticipation ; il aurait dû courir au lieu d’imaginer, peut-être aurait- il eu un p’tit coin d’parapluie…

    Merci, Adrienne. C’est amusant et délicat.
    Bonne semaine.

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