P comme primeur

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C’est un malin, Ali, fort en maths, en sciences, bon en langues. Mais en quatrième, – l’équivalent de la Seconde, en France, – ça a foiré. On ne peut pas réussir en sciences et en maths fortes si on ne fait pas un minimum.

Pour sa cinquième – la Première, en France, si vous suivez toujours – il a donc bifurqué vers l’économie et les langues modernes. Et se retrouve sous l’aile de Madame.

– Je m’y attendais, lui répond-il, que vous alliez vouloir me parler de mes résultats. Ils ne sont pas très bons.

Moment de stupeur chez Madame: doit-elle en conclure que ceux qui se laissent aller attendent qu’elle les apostrophe pour qu’ils se remettent sur les rails du gai savoir?

Bref, Ali et Madame se sont mis d’accord pour quelques entretiens sur le travail et comment le planifier et ce que c’est, étudier.

Ne riez pas, ils sont nombreux à ne pas savoir ce que c’est.

– Donc, conclut Ali, je vais devoir faire des choix.

Il fait du bénévolat quatre jours de la semaine pour aider des enfants de l’école primaire à faire leurs devoirs et il fait du foot… sept jours sur sept, les matches, les entraînements, plus le footing, la musculation et ces choses-là, pour avoir la forme 😉

Alors, pour les vacances de Pâques, Madame a essayé une nouveauté: chaque matin, elle lui envoie un message sur son smartphone:

– Aujourd’hui, il y a trois chapitres de ton cours de néerlandais à revoir.

Et ainsi de suite.

On verra bien si ce P comme primeur ne sera pas P comme peine perdue 😉

18 commentaires sur « P comme primeur »

      1. je ris parce que s’il m’écrit à midi, il devrait écrire « goede middag », ce « goede morgen » trahit le fait qu’il vient seulement de se lever 😉

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  1. De l’utilité du smartphone dans le processus éducatif … ou plus exactement de la nécessité de l’accompagnement humain dans le dit processus.

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  2. J’ai l’impression que le plus difficile, c’est d’intéresser les élèves, plus que les motiver.
    Et plus ils sont doués, plus c’est difficile.
    (et pour cause, plus ils sont doués, plus ils sont fainéants… Capables de déployer des trésors d’intelligence pour éviter un effort. Ce n’est que plus tard qu’on comprend qu’un prof ait envie de nous baffer parce qu’il a compris qu’on a un raisonnement du genre « j’ai eu 19/20 la dernière fois, le sujet me plaisait, là, 2/20 ça suffira, le sujet ne me branche pas trop ».)

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    1. oui pour ceux qui jusqu’à 16 ans n’ont eu que peu d’efforts à fournir (intelligents donc écouter en classe leur suffit pour comprendre et retenir assez pour s’en tirer à un test et même à un examen, en révisant un minimum) il est difficile de savoir ce que c’est ‘étudier’ et difficile de s’y mettre (paradoxalement, ils sont freinés par la peur de l’échec)

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  3. Alors là, Madame Adrienne, je vous dis chapeau !
    Au fil de vos billets, j’ai vu avec quel intérêt vous regardiez vos élèves, leur parliez, les boostiez, et là vous me scotchez !
    Rien de plus, rien de moins.

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