M comme Maylis de Kerangal

rue du métal

Parler un peu de la rue du Métal maintenant. Revoir Paula qui se présente devant le numéro 30 bis ce jour de septembre 2007 et recule sur le trottoir pour lever les yeux vers la façade – c’est un moment important. Ce qui se tient là, dans cette rue de Bruxelles au bas du quartier Saint-Gilles […] est une maison de conte: cramoisie, vénérable, à la fois fantastique et repliée. […] une maison dont la façade semble avoir été prélevée dans le tableau d’un maître flamand: brique bourgeoise, pignons à gradins, riches ferrures aux fenêtres, porte monumentale, judas grillagé, et puis cette glycine qui ceint l’édifice telle une parure de hanche.

Maylis de Kerangal, Un monde à portée de main, éd. Verticales, août 2018, p.33

[…] autour d’elle, et de plus en plus nets à mesure que les secondes s’écoulent et que ses yeux s’adaptent à la pénombre, les parois échantillonnent de grands parements de marbre et des panneaux de bois, des colonnes cannelées, des chapiteaux à feuilles d’acanthe, une fenêtre ouverte sur la ramure d’un cerisier en fleur, une mésange, un ciel délicat. […] Paula […] pose sa paume à plat sur la paroi, mais au lieu du froid glacial de la pierre, c’est le grain de la peinture qu’elle éprouve.

idem p.34

rue du métal 3

Éblouie dès le seuil de l’atelier le premier jour, entrant dans un local rectangulaire de quinze mètres sur dix, d’une hauteur sous plafond d’environ cinq mètres, sol de ciment et toiture en verrière, l’endroit pourvu d’une coursive courant sur les quatre murs dont on use pour entreposer des centaines de rouleaux et de cartons à dessin, des échantillons, du petit matériel. Paula aime immédiatement la lumière de commencement qui baigne l’endroit, une lumière blanche, mate […]

idem p.47 

rue du métal 2

Un livre qui parle merveilleusement bien de cet apprentissage de la peinture décorative et en trompe-l’œil tel qu’il est enseigné à l’Institut Van Der Kelen. Et de l’amitié entre trois de ses étudiants, Paula la Parisienne, Jonas le Belge et Kate, l’Écossaise.

Lire les vingt premières pages? c’est ici.

Les photos pour ce billet viennent du site de lInstitut Van Der Kelen.

A la RTBF aussi on a aimé ce livre:

 

16 commentaires sur « M comme Maylis de Kerangal »

    1. non, pas que je sache 🙂 j’ai deux anciennes élèves qui chantent à l’opéra (l’une est à Strasbourg) et deux (garçons) qui chantent et dansent dans des comédies musicales, des instrumentistes aussi… il semblerait que nous soyons plutôt branchés sur la musique que sur la peinture 😉

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      1. Ça m’étonne de la part de quelqu’un(e) qui passe une grande partie de sa vie à Bruxelles. C’est, comme tu l’as deviné, la dénomination moqueuse des peintres en bâtiment .

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  1. Le livre a été présenté à La Grande Librairie début septembre 2018.

    Je ne saurais pas expliquer pourquoi j’ai une grande réticence envers Maylis de Kerangal. Il faudrait que je re-essaie de lire au moins quelques pages.

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    1. il y a une chose qu’on ne peut pas lui enlever: quoi qu’elle écrive, elle maîtrise son sujet, que ce soit la construction d’un pont ou le transport d’un organe 😉

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