O comme ook al…

De bloemenMême si le monde était en flammes, le trafic postal fonctionnait parfaitement. Des lettres voyageaient entre Gierle et Hoogstraten. Hortence y mentionnait tous les petits faits du village. Elle parlait de la plaie purulente d’une tante, de la jambe enflée d’un oncle buveur de lait. Louis la voyait debout au comptoir de son magasin, écrivant avec son petit bout de crayon à la pointe émoussée, pendant qu’il s’occupait du beurre dans le séjour. Maintenant, il achetait le beurre tout prêt à la laiterie pour le revendre au magasin. 

Ook al stond de wereld in brand, het postverkeer werkte vlekkeloos. Brieven gingen over en weer tussen Gierle en Hoogstraten. In haar brieven meldde Hortence alle kleine gebeurtenissen van het dorp. Ze had het over een stinkende etterwonde van een tante, het dikke been van een botermelk drinkende oom. Louis zag Hortence staan aan de winkeltoog, schrijvend met haar stompe potloodje, terwijl hij met zijn boter bezig was in de woonkamer. Hij kocht de boter nu kant-en-klaar in de melkerij om ze verder te verhandelen in de winkel.

Koen Peeters, De Bloemen, Meulenhoff/Manteau, 2009, début du chapitre 11 (p.61) traduction de l’Adrienne.

Le narrateur-auteur retrace une partie de la chronique familiale, en remontant jusqu’à ses grands-parents paternels, Louis Peeters et Hortence Proost. Comme point de départ, il utilise les lettres que sa grand-mère Hortence envoyait chaque semaine à ses deux fils aînés, qui étaient à l’école secondaire dans un pensionnat d’où ils ne revenaient que toutes les six semaines. C’est la guerre de 40 et leur région – en Campine – toute proche du port d’Anvers et des bassins miniers, voit de nombreux bombardements, jusqu’aux V1 et V2 en 1945.

Voici l’incipit:

Louis Peeters avait dix ans quand il a décidé de quitter la ferme familiale. C’est arrivé la première année du siècle passé, le jour où le cochon a été tué. Le gros, le gras, le patapouf qui faisait chanter la petite sœur: ‘Mas, le bon Mas,…’

Louis Peeters was tien jaar toen hij besliste om de ouderlijke boerderij te verlaten. Het gebeurde in het eerste jaar van de vorige eeuw, op de dag dat het varken werd geslacht. De dikzak, de vetzak, de papzak, over wie Louis’zusje zong: ‘Mas, lekkere Mas …’

Koen Peeters, De Bloemen, Meulenhoff/Manteau, 2009, début du chapitre 1 (p.11, incipit) traduction de l’Adrienne.

Tu vois, dit l’Adrienne à l’ami chez qui elle est en visite vendredi après-midi, tu vois pourquoi tu devrais mettre tes souvenirs sur papier?

L’ami a des tas d’histoires familiales à raconter, toutes aussi belles que celles du livre de Koen Peeters, et sept petits-enfants qui, l’Adrienne en est sûre, seraient tellement heureux de les avoir, un jour…

source de la photo ici

17 commentaires sur « O comme ook al… »

  1. Merci pour votre traduction. Chez mes grands-parents, on élevait des lapins. Je me souviens très bien du jour où l’on a tué Jeannot, mon beau lapin albinos …

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  2. Je ris du commentaire du Goût qui n’a pas tout à fait tort !!!! mais j’ai les jambes qui enflent et je ne bois que tu lait, alors je ne saurais dire….

    Bon, ceci dit, pour qui a vécu à la campagne, il y a une myriade d’anecdotes à raconter, et j’ai commencé à le faire ! les lapins, les foins, les confitures, le lavoir, la cuisinière qui ronflait… etc….. J’ai 40 pages et je n’en suis qu’à mes six ans !!!

    J’aime beaucoup tout cela …. il faut dire que le texte est parlant.

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    1. oui j’aime aussi!
      « il ne se passe donc rien, dans ce livre? » a demandé l’ami à qui je le conseillais.
      Non, il ne s’y passe que la vie, et ça n’empêche que j’avais hâte de poursuivre ma lecture!

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      1. Il y a un film anglais que j’ai adoré : « Another year » , dans lequel il ne se passait quasiment rien non plus mais très attachant. c’est du quotidien familial avec une petite pointe d’humour.

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    1. je me suis mal exprimée, ce n’est pas un roman épistolaire mais une sorte de réflexions sur une chronique familiale, plus ou moins réinventée mais basée sur les archives conservées par un oncle, un père, un autre oncle et parmi ces papiers d’autrefois, il y a toutes les lettres envoyées par leur mère aux deux fils pendant leurs études secondaires

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  3. J’apprécie aussi les livres qui parlent de la vraie vie des vrais gens.
    On a suggéré à la maman du Nini de mettre par écrit ses souvenirs et on lui a mis à disposition un ordinateur. Mais finalement, la bécane lui faisait trop peur et elle a ressorti sa vieille machine à écrire mécanique. Elle a pondu quelques dizaines de pages fort instructives et joliment dactylographiées. Du coup même le support d’écriture a une dimension touchante et intéressante.

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