22 rencontres (21 bis)

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Madame l’a reconnu de loin, alors qu’il est absorbé par l’écran de l’ordi tout en répondant à des questions au téléphone.

Depuis qu’elle l’a eu en classe, il s’est passé tellement d’années qu’il a eu le temps de terminer sa formation de musicien, de se perfectionner à l’étranger, de fonder une famille et de perdre ses cheveux.

D’être reconnu dans son métier: il est organiste et carillonneur.

En ce moment, il donne un coup de main au secrétariat de l’académie de musique et ça tombe bien, justement Madame a besoin de quelques renseignements.

– Vous! dit-il en levant le nez de son ordi, après avoir déposé le combiné du téléphone, vous avez été mon prof!

– Ben oui, je me souviens de toi, dit Madame en riant, toute fière de pouvoir l’appeler par son prénom et son nom, la totale!

Parfois – on ne sait pas pourquoi – nom et prénom viennent sans qu’on ait à chercher.

Alors, comme il arrive souvent, l’ancien élève s’excuse d’avoir été « si mauvais » en français et une fois de plus, c’est tout à fait à tort. Pourquoi donc, se demande Madame, sont-ils si souvent à s’autoflageller dès qu’il s’agit de leur connaissance du français!

Au moment où Madame le lui dit, elle se rend compte qu’elle vient de faire la même chose en affirmant bien fort sa nullité en musique 🙂

24 commentaires sur « 22 rencontres (21 bis) »

      1. Ma mère avait un cousin qui se prénommait Gentil.
        Quand on le rencontrait, on l’imaginait enfant et on rigolait en pensant à sa mère obligée de lui crier « arrête d’être méchant, Gentil « .

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    1. mon échantillon de Français est trop réduit pour en tirer des conclusions
      (Monsieur Neveu, c’est vrai, n’est pas modeste du tout, mais on lui pardonne, la juste mesure est si difficile à trouver ;-))

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  1. Je dois dire que je me méfie des gens modestes ! ce sont souvent des pièges à compliments : « mais non, mais non…. » . Ok, je ne suis pas très positive ce matin !

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  2. Nous sommes tous mauvais en français : hier encore j’écrivais « troène » avec un e tréma à cause de la marque aux chevrons !

    Par contre je suis nul en danse bretonne mais je n’irai pas me flageller pour ça !

    Bon week-end, Adrienne !

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    1. ni l’un ni l’autre, je pense, c’est une attitude qu’ils ont souvent vis-à-vis du français, jugé « difficile » d’une part et d’autre part ils sont très critiques envers leur niveau dans cette langue, ils estiment – à tort – qu’avoir un bon niveau c’est parler comme un locuteur natif…
      l’inatteignable, quoi!

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