M comme monde

Dans ce monde qui bascule tranquillement vers une nouvelle « fin », où nos dirigeants nous font croire que le gros problème, c’est l’autre, l’étranger, le migrant, et qu’il faut renforcer le sentiment d’identité nationale – la recette a fait ses preuves, pourquoi en changer – d’ailleurs ces dirigeants, n’est-ce pas nous-mêmes qui les avons élus, que ce soit au nord, au sud, à l’est ou à l’ouest…

Dans ce monde-là, donc, il y a un endroit où dans une bibliothèque située à cheval sur une frontière, pendant quelques heures, un père, une mère peuvent serrer dans leurs bras un fils, une fille, qu’ils n’ont plus vu.e depuis des années.

C’est au Canada, à la Haskell Library. L’article (en néerlandais) et les illustrations ici.

De jeunes Iraniens, dont la situation aux Etats-Unis est parfaitement en règle, ils y ont fait leurs études, y travaillent, mais dont le visa ne permet pas de revenir si jamais ils quittent le territoire, ont trouvé cette solution pour revoir leur famille iranienne, qui de son côté n’a plus le droit d’accès aux Etats-Unis.

Alors la famille prend l’avion jusqu’au Canada et se rend à cette petite ville frontière, où la bibliothèque leur offre pendant quelques heures la possibilité de se revoir.

Même si une affichette l’interdit, si on demande de le faire en toute discrétion et si on espère que la police des frontières le tolèrera.

20 commentaires sur « M comme monde »

  1. Je suis toujours époustouflé d’entendre un Algérien trouver qu’il y a trop de Portugais qui eux-mêmes trouvent qu’il y a trop d’Italiens, lesquels sont dérangés par tous ces Chinois qui ont du mal à supporter tous ces Espagnols.
    Et je ne parle pas de tous ces Arabes qui trouvent qu’il y a trop de Français à Paris.
    Heureusement que nous, les Français d’on ne sait où, ne supportons personne.

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  2. Vivent les bibliothèques !

    Le paradoxe de cette situation, aux Etats-Unis, est que ces frontières sont bâties par d’anciens migrants étrangers qui ont exterminé les autochtones pour prendre leur territoire.

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  3. C’est inattendu et émouvant, ce lieu de retrouvailles ! Une nouvelle facette du pouvoir des livres, je n’en avais pas entendu parler. On a envie de féliciter cette équipe de bibliothécaires. Qu’on en parle dans les médias est à double tranchant, cela peut irriter mais cela rend aussi plus problématique toute décision qui empêcherait ce « mode de fonctionnement » (selon la stratégie d’Amnesty).

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  4. C’est à la fois beau et sinistre, comme tous ces lieux où l’humain tente vaille que vaille de résister.
    Me revient en mémoire le slogan que nous scandions en battant le pavé liégeois il y a presque 50 ans … « Nous sommes tous des étrangers « . Ou le titre de cette exposition vue au Musée de l’Homme à Paris … « Tous parents, tous différents ».

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    1. ah oui j’avais fait une bannière dans ma classe, quelque chose comme « tous uniques, tous égaux »
      aussi parce que ça me semble fondamental dans l’enseignement de veiller à la fois aux différences (de rythme, de talents etc) et à l’égalité (des chances aussi bien que du traitement)

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