7 petites croix dans un carnet

John Everett Millais Ophelia.jpg

« Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles, la blanche Ophélia flotte comme un grand lys. »

Vas-y, ziva! Neuf strophes de quatre vers, ça en fait trente-six à apprendre par cœur! Depuis que le prof a lu cette fameuse lettre d’Umberto Eco à son petit-fils, sous prétexte d’activer et d’entraîner notre mémoire, c’est récitation chaque semaine.

Y en a marre. Surtout quand tu vois ce que c’est comme texte! Du grand n’importe quoi!

Encore, quand c’est de la poésie avec des rimes, ça t’aide. Mais quand c’est un extrait de roman? Il est fou, ce mec!

Sur son carnet, il met des petites croix à côté de notre nom pour chaque récitation réussie. Mais attention! il faut la perfection! Pas une hésitation en cours de route! Et quand tu as sept croix, tu reçois des points. Des « points bonus », qu’il appelle ça…

Si au moins on pouvait choisir ce qu’on veut apprendre par cœur! Je pourrais lui réciter toute la composition des équipes de foot, avec l’âge, la taille et le poids des joueurs! Mais non! Au lieu de ça, il nous donne du Modiano:

« Encore aujourd’hui, il m’arrive d’entendre, le soir, une voix qui m’appelle par mon prénom, dans la rue. »

Du grand n’importe quoi, je te dis!

***

Devoir de Lakevio du Goût N° 11 – merci à lui pour le tableau et les consignes!

Ce serait bien que ces mots, par lesquels vous commencerez votre devoir, vous inspirent :

« Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles… »

Et vous le terminerez par cette phrase de Patrick, non, pas « Patriiiick ! », l’autre, Modiano :
« Encore aujourd’hui, il m’arrive d’entendre, le soir, une voix qui m’appelle par mon prénom, dans la rue. »
Entre les deux, vous contez sans compter… À lundi.
Et n’oubliez pas, quand vous passerez lundi pour lire mon devoir, d’annoncer aux foules avides de vous lire, que vous avez-vous aussi, raconté une chouette histoire.

J’ai déjà parlé ici de cette lettre d’Umberto Eco à son petit-fils 🙂

47 commentaires sur « 7 petites croix dans un carnet »

  1. Mauvais souvenir de mon enfance, il fallait tout apprendre par coeur, même les textes d’histoire, les sciences, ne pas comprendre le comment et le pourquoi, mais par coeur chaque mot.
    Heureusement les temps changent, et on cherche plutôt à comprendre ce qui s’est passé ou savoir comment ça fonctionne pour pouvoir être plus indépendant.

    J'aime

    1. à l’école primaire, j’ai uniquement dû apprendre par cœur quelques ‘récitations’ (et les tables de multiplication, bien sûr ;-))
      je n’ai jamais imposé l’exercice à mes propres élèves, j’aurais peut-être dû 😉

      J'aime

  2. Ah oui, quels souvenirs! À l’école nous avions « Mémoire et diction ». Il s’agissait non seulement d’apprendre un poème par cœur mais aussi de savoir l’écrire sans qu’il y manque une virgule, un à la ligne!!! Comme tu dis, du n’importe quoi….On les maudissait les poètes, pourtant…:-))

    J'aime

  3. « Si au moins on pouvait choisir ce qu’on veut apprendre par cœur! ».
    Par exemple, apprendre quelque chose de joli qu’on pourra se réciter plus tard.

    J'aime

    1. c’est comme ça que j’ai décidé d’apprendre par cœur la tirade « Friends, Romans, countrymen, lend me your ears;
      I come to bury Caesar, not to praise him. » etc etc 😉
      (on n’est pas sérieux quand on a 17 ans ;-))

      J'aime

  4. Ça me rappelle qu’une fois on nous avait donné à apprendre « par cœur » un long paragraphe des Mémoires d’outre tombe.
    J’ai haï Chateaubriand ce jour là.
    Puis j’ai lu intégralement l’oeuvre.
    Bizarrement ça m’a plu.
    On aime de ces choses quand on est jeune… 😉

    J'aime

    1. à 16 ans j’étais fan absolue de Clément Marot, je me suis amusée à apprendre par cœur sa petite épître au roi pour avoir été dérobé 🙂 avé l’asseng 16e siècle: Rouai des Françouais
      (et je ne l’ai jamais dit à personne ;-))

      J'aime

  5. Et avec les points bonus, on gagne un poster ? (les images c’est déppassé 😉 )
    Ah le par cœur, que de souvenirs, en primaire il fallait tout apprendre par cœur, et réciter à mon père …

    J'aime

    1. en effet, je me demande si les enfants d’aujourd’hui se contentent encore d’une étoile collée à côté de leur nom, au mur de la classe 🙂
      les ‘points bonus’, c’est une invention d’un collègue d’anglais, il ‘remontait’ les points à l’aide de ‘points bonus’ glanés ici et là par l’élève pour sa bonne participation en classe 😉

      J'aime

  6. C’est sur que les gradins du stade de foot ont plus de succés que les bancs de l’ école ! Et pourtant c’est pas avec les premiers qu’on s’enrichit contrairement à certains joueurs dont les qualités intellectuelles ne sont pas toujours proportionnelles à la valeur marchande de leur égo.

    J'aime

  7. Ne pas avoir attaché assez d’importance à l’utilité d’apprendre des textes par cœur, voilà quelque chose que je regrette.
    Il est trop tard hélas, à mon âge avancé, pour faire marche arrière…

    J'aime

  8. Il m’était si facile ce par coeur… c’était comme si chaque mot était à sa place et que je ne pouvais rien y enlever. Je les voyaient, ils s’inscrivaient dans mon cerveau. C’est tellement autre chose aujourd’hui. Au lieu de s’inscrire ils s’envolent.

    J'aime

  9. J’ai connu ça, les récitations de poésie en classe. Je n’ai pas été dégoûtée de la poésie mais je serais incapable de me souvenir maintenant de ce que je récitais.
    Mais bizarrement, des extraits de poèmes lus en dehors de l’école me restent encore, comme :
    ….
    Mon beau navire ô ma mémoire
    Avons-nous assez navigué
    Dans une onde mauvaise à boire
    Avons-nous assez divagué
    De la belle aube au triste soir
    ….
    Non; je ne t’en infligerai pas davantage… 😉

    Aimé par 1 personne

  10. Ah le par coeur ! J’ai surtout souffert des dates d’histoire que j’avais fini par détester avant qu’à l’âge adulte, j’en devienne une passionnée !
    Les poésies et récitations ne posaient aucun souci de mémoire… J’aimais le balancement des vers. Tu as dû beaucoup souffrir !

    J'aime

  11. C’est d’autant plus rageant que Rimbaud avait ordonné qu’on brûlât ses manuscrits !
    Et que le narrateur des romans de Modiano est toujours à moitié chtarbé !

    Mais bel exercice quand même, Madame !

    J'aime

  12. Connaître un texte de mémoire ou par coeur, c’est merveilleux. Jorge Semprun ou Primo Levi en ont témoigné dans leurs souvenirs des camps. Excellent exercice de musculation cérébrale, comme l’écrit Eco.

    J'aime

  13. J’ai reçu une excellente mémoire sans l’avoir méritée. Après les cours « j’entendais » le prof et il n’y manquait pas un mot. Adulte, je « savais par cœur » une trentaine de numéros de téléphone de clients de la fonderie et tous ceux de la famille et des amis. C’est dingue…

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s