I comme intimité

Degas_toilette_Met.jpg

« Avec la sédentarisation accrue de la classe ouvrière et l’aggravation des conditions d’habitat, doléances et désirs se précisent. Lors de l’enquête parlementaire de 1884, les ouvriers interrogés – c’est une première – se répandent en récriminations contre la malpropreté des garnis, « chambres à punaises », et des immeubles de rapport: murs crasseux, latrines toujours engorgées, odeurs nauséabondes… Plus positivement, ils expriment des vœux: un peu plus d’espace, au moins deux pièces […] Dès qu’ils le peuvent, les ouvriers séparent désormais le coucher des parents de celui des enfants. Avoir un bois de lit au lieu d’une paillasse est synonyme d’installation […] Par contre, lorsque le compagnon Maréchal ébauche un projet de constructions ouvrières, il ne prévoit pas des w.c. particuliers: « Le peuple ne demande pas à avoir des cabinets chez lui. »

Michelle Perrot, La vie de famille au XIXe siècle, éd. Points, Le Seuil, 2015, pages 169-170

***

Changeons de sujet… dit le Goût, qui avait d’abord proposé une autre sorte de viande, plus animale et plus morte.

« Dites-moi ce que vous inspire cette « Femme essuyant son pied », un des nombreux nus de « femme à sa toilette » de Degas, à croire qu’il passait sa vie dans une salle de bains qui n’était pas la sienne. »

47 commentaires sur « I comme intimité »

      1. Belle expression ! On le faisait chez nous quand on faisait des rencontres de famille à l’époque où personne n’avait de voiture et où il était trop tard pour rentrer en train. Je ne sais pas qui était le plus à plaindre : ceux qui étaient sur le matelas au sol ou ceux qui n’avaient que le sommier du lit 🙂

        J'aime

      2. Que veux-tu, ils n’avaient pas comme nous facilement accès à l’étymologie et pensaient que sommier était lié au sommeil alors qu’il vient du bas latin sagmarius « bête de somme » donc qui supporte, comme en architecture ou dans un orgue.
        Bon, je vais soigner mon mal de dos…

        J'aime

    1. sa pose sur le tableau est tout à fait incongrue, essayez donc de prendre appui derrière vous si vous voulez vous pencher en avant!
      mais bon, il ne fallait pas cacher ce sein, je suppose 😉
      merci à vous, Bonheur-du-Jour et bonne lecture!

      J'aime

  1. La posture n’est pas aisée, en effet!!!
    Mais l’interrogation sur la présence de tant de peintres lors de la toilette féminine (les hommes ne se lavaient pas peut-être?¿?¿) est des plus significative:-))

    J'aime

  2. Chez mes grands parents maternels, il y avait une cuisine, et une chambre, je me souviens de mon grand père se déshabillant, alors que nous étions couchées, ma sœur et moi, j’étais choquée !
    WC dehors (une planche trouée) et l’évier pour se laver.

    J'aime

    1. c’était comme ça, autrefois, dans les maisons ouvrières, dans « la cour » il y avait le wc avec la planche à bois et une fosse septique, c’est ce qui faisait dire à mon grand-père, par rigolade, « je vais à la cour »
      je l’ai connu chez la sœur de mon arrière-grand-père, j’avais peur de tomber dedans 😉
      (mes pieds ne touchaient pas le sol, c’était relativement haut)

      J'aime

  3. Je n’ai jamais dormi par terre. Etant fille unique, j’ai dormi seule dans ma chambre. Je vivais donc vautrée dans la luxe ! En revanche, la famille ariègeoise du côté de ma mère à vécu bien pire….

    J'aime

    1. oui, je me suis souvent demandé, à propos de la maison où j’habitais avant, celle dans la petite réserve naturelle, comment les premiers propriétaires s’étaient débrouillés pour loger, faire dormir, leurs cinq enfants… il n’y avait à l’époque que deux pièces à vivre (le séjour et la cuisine) et un grenier, le reste était des dépendances

      J'aime

  4. S’il y avait eu des « gilets jaunes » à l’époque, les ouvriers auraient-ils obtenu davantage? Cette question est probablement sotte, on tirait à balles réelles sur les mécontents, parfois… grévistes par exemple.
    Quant à ta peinture, je remarque que les femmes avaient droit aux bourrelets à l’époque… 😉

    J'aime

  5. Je suis toujours en émerveillement devant les pastels de Degas, quel talent !
    Le confort est important s’il allège les taches ménagères et s’il contribue à plus de propreté, les temps ont changé pour la majorité d’entre nous, heureusement . Bel après midi dame Adrienne, à bientôt. brigitte

    J'aime

    1. Un de mes patrons de passage de ma vie universitaire m’avait dit un jour qu’il était en veine de discussion « Je ne comprends pas comment on peut être communiste ! »
      Ce à quoi j’avais répondu « on n’a qu’à échanger nos places, vous allez comprendre rapidement… »
      C’est l’avantage de ne travailler que pendant les vacances scolaires, le travail prenant fin à la fin des vacances, on risque peu…

      J'aime

      1. un jour, à une amie qui se plaignait amèrement et continuellement de son mari, ma mère avait fini par dire « mais c’est tout de même un brave homme, ton Denis », à quoi l’amie avait rétorqué du tac au tac: « ce n’est pas toi qui dois vivre avec lui! »

        J'aime

      2. Ceci me rappelle que ma mère racontait que quand elle était en service chez un médecin de La Louvière, sa patronne lui avait dit « Ah, Adrienne, que j’aimerais avoir votre âge ! », à quoi elle avait rétorqué « Mon âge et votre argent, je suppose ». 😉

        Aimé par 1 personne

      3. c’est à peu près ce que je réponds aux nombreux collègues qui me disent qu’ils sont « jaloux » que je puisse prendre ma retraite et eux pas… je leur demande s’ils veulent aussi avoir mon âge 😉

        J'aime

  6. Dans mon enfance, pas de confort. WC : la cabane au fond du jardin. Toilette à fond le jeudi soir et le dimanche soir pour nous les enfants dans une grande bassine qui servait aussi pour la lessive. Pas de confort mais pas de bestioles dans la maison et sur nous..Je connais aujourd’hui des enfants qui devraient être propres parce qu’ils ont tout le confort nécessaire et pourtant c’est loin d’être le cas. Pas de leur faute.

    J'aime

    1. ah oui, c’est comme on disait avec Berthoise (ici ou sur son blog) on peut parfaitement bien se laver au lavabo (et même à l’eau froide ;-))
      et comme vous le dites, l’éducation joue un rôle important dans ce domaine-là aussi!

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s