Question existentielle

Le samedi 7 décembre, l’Adrienne se dépêche d’être à dix heures devant la porte du musée royal des Beaux-Arts pour y admirer l’expo Magritte & Dali.

Seul un mendiant est assis en bas des marches. Il lui fait signe en tapotant du doigt sur son poignet sans montre:

– Je sais, rit l’Adrienne, je suis trop tôt mais ça ouvre dans une minute.

Las! Le samedi ça n’ouvre qu’à onze heures. Que va-t-elle faire? Poireauter une heure dans le froid? Aller boire un café? Rien n’est encore ouvert dans le coin et elle a sa valise, son sac, trop de choses qui pèsent et l’encombrent.

Le mendiant tend son gobelet de carton.

– Désolée, dit l’Adrienne, je n’ai pas du tout de monnaie. Vous voulez une mandarine?

Elle lui tend le fruit qu’elle comptait manger dans le train. Le type n’a pas l’air content…

En s’éloignant, elle se demande ce que feront les mendiants, quand les piécettes, puis tout le cash, auront disparu des porte-monnaie.

35 commentaires sur « Question existentielle »

  1. Mais enfin, bientôt il n’y aura plus de mendiants. N’as tu pas remarqué que leur nombre diminuait ?
    À Paris, ils sont une espèce en voie de disparition, toujours.
    On devrait peut-être les protéger ?

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  2. C’est pour ça qu’ils brandissent un carton « J’ai faim », mais si on leur donne à bouffer, ils font la gueule.Je devrais peut-être fabriquer un carton-réponse en copiant Marie-Antoinette : « Mange ! » 😉

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  3. C’est la raison pour laquelle je ne cède jamais à la pression des ONG qui veulent me faire signer un prélèvement automatique de 5 ou 10 € par mois pour les SDF et mendiants divers.
    Au moins quand je lui donne une pièce, je ne lui explique pas qu’il ne doit pas boire ni fumer…

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  4. Je suis assez réticente à donner de l’argent surtout quand ce sont des très jeunes qui quémandent.
    Quand j’allais chercher mon pain,il y avait chaque jour une personne qui demandait. Je lui ai proposé d’ entrer avec moi et de choisir ce dont elle avait envie et de la boisson. Elle a refusé. j’ai arrêté de donner.

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    1. ma réticence personnelle concerne les Roms qui sont là avec de petits enfants, dont certains sont en âge d’école…
      chaque fois je ressens à la fois une peine et une révolte qu’une telle chose soit possible (le droit des enfants bla bla bla…)

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  5. Je me posais la question dernièrement, qu’arrivera-t-il à ces gens quand la monnaie disparaitra? À d’autres aussi, je pense à certains pourboires, aux petits achats improvisés!

    Par contre, je ne m’imagine pas ne train d’exiger quoi que ce soit aux mendiants. On donne ou on ne done pas. On ne commencera pas à exiger d’eux qu’ils mangent bio ou qu’ils refusent une cigarette! On peut leur dire bonjour, ne pas les ignorer, leur sourire. Ça on peut le faire.

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  6. Dans tous ces grands changements à venir, je dirais plus grand chambardement au nom d’une technologie de mieux-être les plus démunis ne sont pas pris en compte en fait la seule chose prise en compte est d’en arriver à un contrôle dans tous les domaines… une autre forme d’esclavage.

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    1. merci pour cet excellent reportage!
      et si reconnaissable…
      mon amie roumaine a été institutrice dans un village de Roms, à Stulpicani
      j’ai vu le village, j’ai vu l’école, j’ai vu les enfants…
      mais pour les Roumains, en grande majorité, le Rom est cause de tous les problèmes, le titre ‘pauvreté et exclusion’ colle hélas parfaitement à la réalité

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  7. Le fait que des personnes se retrouvent à mendier, à dormir dehors, à simplement être « pauvres » est une honte pour toute la société. La question n’est pas de savoir s’il faut donner ou ne pas donner, mais de savoir si l’on tolère une société qui fabrique de la misère. On peut se donner bonne conscience en versant une larme lors des grandes opérations de solidarité-spectacle ruisselantes d’émotion médiatique. Ça ne rend pas notre si belle civilisation moins choquante.
    Une réflexion parue dans Le Soir:
    https://plus.lesoir.be/267951/article/2019-12-19/carte-blanche-de-la-lutte-contre-la-pauvrete-infantile-ou-lart-dinstrumentaliser

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    1. si on parle de pauvreté, et plus de mendicité, il y a aussi de quoi se révolter, et plus qu’un peu!
      j’ai connu des jeunes, à l’école, qui n’avaient pas les deux euros nécessaires pour payer le bus d’une sortie scolaire (mais pour combien ne l’ai-je peut-être pas su? et à quels drames quotidiens sont-ils confrontés?)

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      1. La mendicité n’est qu’un aspect visible de la misère. Et l’école nous met souvent les yeux en face des trous, des enfants qui n’ont pas de quoi se vêtir chaudement en hiver, qui n’ont pas de quoi se payer la cantine à midi, ni les lunettes qui leur permettraient de suivre les cours un peu moins mal … Puis celui qui va travailler chez un boulanger avant de venir en classe, et tous les autres …
        Les seuls voyages scolaires que j’ai accepté d’organiser, c’est avec des fonds européens, dans le cadre de projets Comenius. Là, pas de discrimination, il y avait de quoi emmener tout le monde dans de bonnes conditions.

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