Question existentielle

Startshow Poëzieweek 2020

Le poème de Francis Ponge et sa traduction publiés hier ici même, viennent d’une anthologie exposée à la bibliothèque communale à l’occasion de la journée de la poésie, le 30 janvier prochain.

De moderne Franse poëzie, une anthologie réalisée par Guus Luijters et publiée à Amsterdam (uitgeverij L.J.Veen) en 2001, avec le soutien du Ministère français des Affaires étrangères et de L’institut français des Pays-Bas.

Qu’une telle publication ait besoin de ces soutiens-là devrait déjà vous mettre la puce à l’oreille. Mais voyez ce que dit l’auteur dans sa préface:

Dat er altijd een bloemlezing uit de Franse poëzie in druk zou zijn, leek mij zo voor de hand liggend dat ik naar het boek zelf nooit op zoek ben gegaan. Op een dag kwam ik tot de ontdekking dat de door mij veronderstelde anthologie een gedroomde anthologie was. Alle poëzieën bleken in onze taal hun bloemlezing te hebben, de Russische en de Duitse, de Italiaanse en de Surinaamse, de Amerikaanse en de Spaanse, maar zo niet de Franse. 

Il me semblait tellement évident qu’il y ait toujours une anthologie de la poésie française à l’impression, que je ne suis jamais allé à sa recherche. Un jour j’ai constaté que ce que je supposais était en fait resté au stade du rêve. Toutes les poésies semblaient avoir leur anthologie dans notre langue, la russe et l’allemande, l’italienne et la surinamaise, l’américaine et l’espagnole, mais pas la française.

Bien sûr, le public qui lit et achète de la poésie est extrêmement réduit.
Bien sûr, on trouve déjà tellement sur internet.
Bien sûr, en Flandre en tout cas, le public lisant la poésie est assez cultivé pour la lire et la goûter dans sa langue d’origine en français.

Mais tout de même: que ce soit la littérature en néerlandais traduite en français ou le contraire, on arrive au même constat.

C’est marginal.

source de l’illustration ici.

19 commentaires sur « Question existentielle »

  1. Sans plonger dans le débat sur la sélection, la traduction m’interpelle toujours dans ce genre d’ouvrage (l’éternel combat entre les transcriptions littéraires des œuvres latines et leurs versions « juxtalinéaires » chères aux étudiants).
    Cela bien sûr n’explique pas l’inexistence d’anthologies « réciproques » de nos deux langues nationales (en dehors d’un marché très restreint, nous sommes à l’ère de la rentabilité quand même).

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      1. ce n’est pas neuf, j’ai fait une thèse là-dessus, comment on traduisait en français au 19e siècle… je peux vous garantir qu’on était souvent très loin de l’original! trèèèès loin!

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  2. Traduire de la poésie.
    Faut être bon. Très bon.
    Même le rebattu « Daffoldils » de Woodworth (celui des cours d’anglais de 6ème de ma génération) est à lire, relire et comparer en VO et en français.
    Alors, inutile de te dire que « comprendre » un poème (quoi que cela veuille dire) et le traduire est l’exemple de la gageure.

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  3. Il faut adorer la marginalité !
    Même ce qui relève de la culture populaire – le sous-marin jaune !- le devient très vite un jour, marginal.
    C’est qui, les Beatles ? Qu’est- devenu Tokio Hôtel ?
    Toute oeuvre contient ses marges : j’en suis encore à découvrir des chansons de Brassens !
    Il n’y a que dans la marge qu’on peut se poser des questions inutiles : pourquoi le sous-marin est-il devenu vert dans la traduction française ? Pourquoi c’est dangereux de prendre le pion en b7 ? Pourquoi écrire encore de la poésie ?
    Pourquoi j’ai écrit mon Défi du samedi à 5 heures du matin ce dimanche, je suis malade ou quoi ?

    Bon dimanche marginal, dame Adrienne ! 😉

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    1. je crois que marginalité est un mot clé dans la définition de la belgitude 😉
      (et oui, franchement, à cinq heures du matin… tu as sûrement mieux à faire ;-))
      merci et bonne fin de journée!

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    1. en effet, comme je le dis dans mon billet, on trouve déjà beaucoup sur internet !
      (mais je n’ai pas encore vraiment cherché quels poètes néerlandophones on peut y trouver en traduction française…)

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  4. J’aime les anthologies, elles m’ont souvent fait découvrir des poètes que je ne connaissais pas et parfois incitée à acheter un recueil. Pour les langues que nous connaissons un peu, les éditions bilingues sont précieuses et sinon, mieux vaut découvrir en traduction que pas du tout. J’avais aimé le choix de Francis Dannemark, « Ici on parle flamand & français », en 2005, je me demande du coup si son anthologie a été distribuée en Flandre.

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