Stupeur et tremblements

Panhard,_Lavassor_et_Mayade_en_1892

La plus grande cause de stupeur et tremblements n’est pas qu’on s’inquiète que la recherche scientifique – principalement dans le domaine médical – soit de moins en moins indépendante. Et que poussée par ses sources de financement, elle arrive à des conclusions contraires au bien-être, à l’éthique ou à la vérité.

La plus grande cause de stupeur et tremblements n’est pas qu’on apprenne le même jour que la ministre de la santé publique envisage de fermer 17 maternités belges, sous prétexte qu’en dessous de 557 accouchements par an, ce n’est pas rentable. 

Non.

Le pire, c’est qu’on ne s’en étonne même plus.

***

photo d’illustration en référence à un des arguments pour garder ou fermer une maternité: la femme enceinte doit pouvoir accéder à une maternité en une demi-heure de voiture. On n’envisage pas que certaines ne disposent pas de ce moyen de transport. On ne parle pas des embouteillages, des heures de pointe, des travaux et des déviations. On préfère prétendre qu’il s’agit de la sécurité et du bien-être des bébés.

33 commentaires sur « Stupeur et tremblements »

  1. Mais si, on s’en étonne.
    Vous pensez aux oubliés. On peut aussi pense au mot ‘winkelhieren‘. Aux zones de basses émissions qu’on met en place pour nous inciter à moins nous déplacer et à l’incohérence des mesures prises par nos dirigeants.

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  2. « Le pire, c’est qu’on ne s’en étonne même plus. »
    Que tu crois !
    Ce qui me surprend le plus c’est qu’on puisse penser que la vie doive être rentable.
    C’est peut-être ce qui expl-ue le mieux que les pifs, les insectes et les fleurs disparaissent.

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  3. Le peuple espère toujours que les gouvernants gèrent en bon père de famille. Les gouvernements en sont incapables car noyés dans un système de règles où la finance est roi souverain.

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  4. Mon clavier à déjanté, je voulais écrire :
    C’est peut-être ce qui explique le mieux que les piafs, les insectes et les fleurs disparaissent.
    Ne doit pousser et grandir que ce qu’on mange et qu’on vend.
    Le reste gêne.
    Même nous quand on est malade ou qu’on a besoin de soins ou d’assistance.
    Pour paraphraser Brel « Chez ces gens là, monsieur, on n’vit pas, on compte… »

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    1. l’homme fait d’une certaine sorte croit qu’il pourra tout résoudre et par exemple polliniser les fleurs sans l’aide des insectes 😉
      (j’ai lu un article sur une méthode chinoise pour le faire, en ce moment elle demande encore beaucoup de main-d’oeuvre mais ce n’est pas ce qui leur manque, n’est-ce pas)

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  5. Ce n’est pas tant qu’on ne s’étonne plus, c’est qu’on s’habitue, qu’on n’est pas loin de se résigner. On s’indigne bien encore, mais comme par réflexe; et puis ça passe.
    Comme le chantait Brel, « on n’oublie rien de rien, on s’habitue, c’est tout ».
    Tant d’humanité finit sacrifiée sur l’autel de cette toute-puissante rentabilité … qui, j’en suis convaincu, finira par s’écrouler, dévorée de l’intérieur par la cupidité et la corruption.
    Nous ne sommes pas – encore – les plus mal lotis, mais le mal est en marche.
    Et ce n’est pas la lecture du journal qui nous rendra l’espoir …
    Les maternités, les écoles qui ferment, les bus ruraux une ou deux fois par jour; et dans les villes, des hôpitaux-usines, des maisons de repos industrielles, des écoles inhumaines, et des prisons surpeuplées.
    E la nave va …

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  6. Il y a quelques années déjà que le marketing a pris le pas sur le médical dans le domaine de la santé, en France c’est la même chose. Des cliniques privés se montent, les médecins prennent des tarifs exorbitants, l’hôpital public se meure doucement et son personnel perd la foi… Bouh, c’est un peu triste tout cela. je préfère admirer madame Levassor et son joli petit chapeau… Bises d’espérance dame Adrienne, ils ne nous auront pas tous ces guignols. brigitte

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  7. Au vu de la vague de désaveu et d’abstentions – sinon pire – qui les menace, on s’étonne juste qu’ils n’aient pas encore pensé, en Fance, à rendre le vote obligatoire comme en Belgique !

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    1. le vote obligatoire, ça fait peur… ainsi, ceux-là mêmes qui sont arrivés au pouvoir grâce à ce système (ce qu’on appelle en Flandre de foertstemmen, la voix de ceux qui disent « m… » à la politique) envisagent maintenant de ne plus rendre le vote obligatoire (le propre des « foertstemmen » étant d’aller vers un parti qui n’a pas encore participé au pouvoir)

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  8. Ah, chez vous aussi, ça se passe comme chez nous en France ?
    Avant, je me demande si ce n’était pas mieux, et, je me dis qu’en disant ça, ce n’est pas radodage d’une sexa gaga…
    Avant, ma brave dame, en France, il y avait des maternités même dans les petites villes de 2000 habitants et des accouchements pas tous les jours..Ma fille a été un des derniers bébés d’une petite maternité qui a fermé juste après…Ca a été le commencement de la fin, il y a 40 ans…Je me rappelle comme si c’était hier de mon accouchement. La sage-femme fumait une clope en attendant calmement que bébé arrive…La porte de la salle d’acccouchement était ouverte sur le couloir qui menait aux chambres, tout le monde pouvait entrer et assister à la naissance d’un nouveau né, ça allait et venait dans la salle d’accouchement, le mari n’avait ni blouse bleue, ni pantoufles en plastique aux pieds…A l’époque, on ne parlait pas principe de précaution. La sécu était si riche qu’elle te gardait 9 jours au lieu de 3 ou 4 maintenant, même qu’on te faisait signer une décharge si tu voulais sortir au bout de 7 jours. Dame sécu ne fermait jamais de lit….Elle pensait à ton bien-être…
    Maintenant, ce n’est plus que rentabilité, économie. Etions-nous si riches avant ? Pourtant, je n’ai pas souvenance que nos salaires étaient mirobolants..Je hais cette rentabilité, ces fonds de pension à nourrir….L’être humain est devenu une monnaie sans valeur au profit de gens qui veulent devenir encore plus riches et gros…Mais, à la sortie, ces gens-là finiront comme nous dans un trou ou cramé….

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    1. on dirait bien que ça vient chez nous aussi, oui, comme on dit en Flandre, « als het regent in Parijs, druppelt het in Brussel », littéralement « quand il pleut à Paris, des gouttes tombent à Bruxelles »

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  9. Idem en France et dépense d’argent imbécile, fermer la maternité de Saint Antoine qui venait d’être refaite pour envoyer les femmes accoucher dans un autre hôpital parisien dont la maternité tombe en ruine.

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    1. il y a des ces aberrations…
      ma ville est sur la liste, or nous avons un hôpital très performant
      (et je ne vois pas où les femmes iront accoucher, il ne restera aucune autre maternité dans un rayon de 30 minutes en voiture)

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  10. Que puis-je ajouter aux commentaires précédents avec lesquels je suis entièrement d’accord? En France c’est la même chose et les grèves ne semblent pas toucher les gouvernements successifs que nous avons eus et encore moins l’actuel!

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  11. Oui, c’est choquant. On a l’impression que les décisions sont prises uniquement à partir de données chiffrées et qu’on oublie les gens. Idem pour les médicaments. Il y avait eu beaucoup de réactions, dont la mienne, il y a un an ou deux, pour des antihistaminiques qu’on ne rembourserait plus, un remboursement moindre avait été accordé… et puis on le diminue encore. Exaspérant. Et pendant ce temps-là, tout est plus important pour certains partis que de former un gouvernement fédéral…

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