N comme nom de nom!

– Vertuchou! quelle ligne! s’exclamait un jeune moustachu à la télé et Muanza ne comprenait pas pourquoi ça faisait tellement rire Pierre.

D’ailleurs, il ne comprenait rien à ce film, où un petit type nerveux piétinait des plantes vertes et fracassait des chaises. Où d’une scène à l’autre on passait d’un décor moderne à de faramineux intérieurs fin-de-siècle. Où tout à coup les actrices se promenaient en merveilleuses robes longues, décolletées à vous donner le frisson et avec des plumes d’oiseaux dans les cheveux.

– J’ai encore beaucoup à apprendre, dit-il à Marie, en train de mixer des fraises.

Elle suspend son geste, arrête l’engin, récupère avec parcimonie le précieux coulis rose bonbon qui s’en égoutte lentement:

– Qu’est-ce qui te fait dire ça? demande-t-elle.

Mais déjà Pierre les a rejoints à la cuisine et déclare:

– Je vais remettre tous ces vieux jurons à la mode, qu’est-ce que tu en penses: mazette! tudieu! morbleu! tu ne trouves pas que ça a plus de gueule qu’un godverdomme?

C’est ainsi qu’on se persuade d’avoir été tout de même productif, un samedi de pluie, et pas seulement pour avoir fait les achats hebdomadaires 🙂

***

écrit pour 13 à la douzaine avec les mots imposés suivants: 1 faramineux 2 coulis 3 parcimonie 4 pluie 5 chaise 6 suspendre 7 piétiner 8 achat 9 merveilleux 10 plante 11 mazette 12 vertuchou et le 13e pour le thème : frisson

22 commentaires sur « N comme nom de nom! »

  1. Un vertuchou vaut bien un lemniscate. Même si on y ajoutait un kilt et un ubac tu t’en sortirais toujours de ces logorallyes du genre « Cinq filles dans la course » ! 😉

    Bon dimanche, Adrienne !

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      1. Lemniscate est effectivement féminin, mais je crois que mon neveu Joe faisait référence au genre de « mot », comme on dirait : Il lui répondit un « merde ! » bien senti.

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  2. J’aime beaucoup la kyrielle de jurons égrenée par Georges !
    A la maison, nous n’avions droit qu’à zut (suprême) , le « merde » entendu ailleurs étant proscrit sous peine de représailles.
    Je me rattrape depuis l’assortissant d’un « ouille » qui est sensé l’accoler à toute chose déplaisante.

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