22 rencontres (7 ter)

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– Madame! je suis en psychiatrie! écrit-il comme s’il s’agissait d’une vraie bonne nouvelle.

Alors, comme Madame suppose qu’il s’y ennuie ferme, elle lui demande s’il a le droit d’avoir des visites et rendez-vous est pris pour le lendemain.

Bien sûr, le renseignement qu’il lui a donné est tout faux, les visites ne sont admises qu’à partir de 17.00 h. et pas 16.00 h. Mais on laisse tout de même entrer Madame:

– Allez-y, dit l’infirmière bien à l’abri dans son cagibi, allez-y, puisqu’il est là.

Evidemment qu’il est là, se dit Madame, où serait-il d’autre?

Ce sont de joyeuses retrouvailles et de longues confidences jusqu’à ce qu’on apporte le repas du soir. Alors on se quitte avec la promesse de se tenir au courant des évolutions.

Mais quand Madame veut quitter l’aile psychiatrique, la personne de garde à l’entrée lui demande:

– Comment l’avez-vous trouvé?

Et ça, ça embête beaucoup Madame, qui ne veut pas avoir l’air de trahir la confiance qu’on a mise en elle.

– Rassurez-vous, dit le psychiatre, vous ne pouvez rien faire de mal, en donnant votre réponse, que ce soit un oui ou un non, c’est juste pour savoir s’il est toujours comme ça ou si vous l’avez trouvé changé, différent de ce qu’il est d’habitude…

Quinze jours exactement ont passé depuis et elle est encore « puzzled » par cette question.

25 commentaires sur « 22 rencontres (7 ter) »

  1. Diantre, pas simple d’aller dans l’aile psychiatrique. Ici, le plus important, n’est-ce pas de savoir si ce jeune homme a passé un bon moment avec toi qui lui rendait visite ? Le psychiatre avait peut-être envie de parler à quelqu’un, lui aussi 😉

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    1. oui oui, je suis contente d’y être allée mais j’ai trouvé bizarre d’avoir à donner mon opinion sur l’état du patient…
      (c’est une aile fermée, on ne peut ni y entrer ni en sortir facilement, faut qu’on vous ouvre la porte depuis le cagibi)

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  2. Je tiens d’une infirmière en psychiatrie devenue libérale, qu’elle a quitté son poste parce qu’elle ne pouvait exercer son métier correctement : elle n’avait pas le temps de s’attacher à écouter les patients, seulement celui de les médicamenter. C’était peut-être le cas de ce psychiatre qui recherchait plus une aide …

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    1. peut-être, mais pour moi c’est un problème de déontologie, j’avais l’impression de devoir trahir ce qui s’était dit entre nous…
      normalement, dans le cadre de l’école, je me mets d’accord avec l’élève sur ce que j’ai le droit de communiquer (à mes collègues, à ses parents etc) et ici je n’avais pas du tout cru utile de prendre cette précaution!

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  3. Et t’as pas eu peur ? Peur qu’il t’agresses ? Car, diantre, un endroit entièrement fermé, surveillé ? Chapeau ! Ca me fait penser au psychiatre que nous avions comme client, un des rares psychiatres du département habilité à faire enfermer les gens séance tenante, vu leur dangerosité pour les autres ou pour eux-mêmes. Il me faisait tordre de rire, vu la façon dont il racontait son boulot, obligé de s’y coller, personne ne voulant le remplacer… aussi disjoncté que ses patients…mais très sympath…

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  4. Je comprends ta réaction. Tu es d’une certaine manière liée à une sorte de secret professionnel (ou presque) compte tenu de tes relations avec le patient. Le psychiatre aurait pu le comprendre aussi…
    A part ça, c’est vrai que cet endroit met mal à l’aise. On ne compte plus les livres ou films dans lesquels une personne est internée à tort ou abusivement. Le dernier que j’ai vu est « Paranoïa » de Soderbergh.

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  5. C’est quand même étrange qu’en milieu fermé, il ait pu te téléphoner et t’annoncer son internement. Il l’a sans doute fait avec l’accord du médecin, explications à l’appui. Car après tout, tu n’étais pas son parent référent. Peut-être avez-vous pu échanger ts les deux parce que le psy pensait qu’il pourrait, grâce à toi, démêler l’écheveau ???
    C’est tracassant cette histoire.

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  6. Ce milieu est toujours déstabilisant, quels que soient les mots prononcés, il me semble qu’ils ne sont jamais à leur bonne place… C’est bien d’être allée vers ce jeune homme et puis c’est courageux. Doux week end dame Adrienne, à bientôt. brigitte

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