H comme histoire(s)

« Pourquoi l’art de raconter des histoires est en train de se perdre, je me l’étais souvent demandé lors de soirées passées à m’ennuyer à table en compagnie d’un groupe de convives. […] celui qui ne s’ennuie jamais ne saurait être conteur. Mais l’ennui n’a plus sa place dans notre monde. Les activités qui lui sont secrètement et intimement liées sont tombées en désuétude. C’est là l’unique raison de la disparition du don de conter des histoires, car tandis qu’on les écoute, plus personne ne tisse ni ne file, ne racle ni ne tresse. Conter n’est pas seulement un art, c’est aussi une dignité et même, en Orient, une fonction sociale. Cela va jusqu’à la sagesse; et de même la sagesse, en retour, nous revient sous la forme d’une histoire. »

Walter Benjamin, Récits d’Ibiza, Le mouchoir (incipit), éd. Rive Neuve, 2020, p.15.

Peut-être que l’art de raconter des histoires se perd, ou en tout cas que nous comptons sur d’autres, plus ou moins professionnels, pour nous y faire goûter.

Mais un art bien vivant, c’est celui de se réunir pour lire ensemble et échanger des impressions de lecture: lire ensemble une nouvelle, un récit (très) court, puis un poème.

C’est un art que nous pratiquons dans ma ville, dans le centre social, une fois par semaine. Samen lezen voor volwassenen.

Vous seriez étonnés de voir avec quel public (adulte) 🙂

Peut-être en sera-t-il question un autre jour. 

29 commentaires sur « H comme histoire(s) »

  1. Lire ensemble, des moments un peu hors du temps, d’écoute et de plaisir, c’est fantastique d’y participer.
    Ces récits d’Ibiza m’intriguent tu penses…un beso

    J'aime

  2. Oh, un titre à noter, bonne idée de le rééditer.
    Quant à ta participation aux échanges de lecture, oui, oui, raconte-nous votre « cercle littéraire de Guernesey » ;-).

    J'aime

    1. en fait, depuis cette année scolaire je participe à deux groupes/clubs de lecture dans ma ville, et ils sont complètement à l’opposé l’un de l’autre en ce qui concerne le public 😉
      mais alors totalement!

      J'aime

  3. J’ai jadis animé un tel « club de lecture » à la bibliothèque communale. Ce fut une expérience très intéressante.
    En hiver 2011, lors d’une rencontre dans le cadre d’un projet scolaire européen, j’ai organisé une « veillée » autour d’un feu dans un refuge. Le conteur, un des derniers de ma région, est un ami. Je crois que c’est la dernière fois qu’il s’est produit. Il raconte une vieille histoire verviétoise: celle du chat volant. Le public était formé d’élèves de la fin du secondaire, français, italiens et belges.
    Je ne résiste pas au plaisir de partager un peu de ce moment:
    https://filedn.com/l6R0HJrwJXFJFjiBBTvjs2H/Conte/chat_volant.MPG

    J'aime

      1. Ils connaissaient assez bien le français, étaient capables de tenir une conversation, mais l »accent verviétois ne leur était pas familier 😉

        J'aime

      2. ah oui, la question des accents 😉
        mais ça m’étonne quand même, mes élèves (les flamands flamands à 200%) par exemple ne distinguaient pas de différence d’accent quand je leur faisais écouter un Québécois, il faut déjà une bonne connaissance de la langue pour distinguer des différences d’accent

        J'aime

  4. « Mais l’ennui n’a plus sa place dans notre monde. Les activités qui lui sont secrètement et intimement liées sont tombées en désuétude. »

    Soyons désuets !

    De toute façon ce monde-ci sera déjà obsolète demain : pour cause de coronavirus ou de robotisation, déjà « plus personne ne tisse ni ne file, ne racle ni ne tresse » !

    J'aime

  5. A l’époque des romans picaresques, des voyageurs qui ne se connaissaient pas, réunis en calèche pour un voyage par exemple, se racontaient mutuellement les histoires extraordinaires qui leur étaient arrivées.
    Mais ils n’avaient pas la télé ni de smartphones. 😉

    J'aime

  6. Quel bonheur de se laisser emporter par un bon conteur!
    Je n’ai jamais participé à un club de lecture, je ne sais même pas s’il y en a par chez moi.
    Je veux bien que tu nous racontes. 😉

    J'aime

    1. j’ai peur d’avoir l’air de me moquer, quand j’en ferai la « typologie »… parce que ce sont des « types », dans les deux groupes d’ailleurs, chacun à sa façon 😉

      J'aime

  7. J’ai fait partie d’un club de lecture qui se réunissait régulièrement autour d’un titre commun à tous(tes) – plus de femmes que d’hommes –
    C’était passionnant : d’abord chacun proposait un livre et on le « disséquait » pendant la réunion suivante :
    le choix du livre et ce que chacun en retirait donnaient plus d’indications sur le lecteur que n’importe quelle conversation.
    J’adorais.

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s