L comme limbes

Réflexion faite, se dit l’Adrienne en relisant son billet d’hier, je souffrais déjà d’insomnies quand j’étais petite, envahie par une foule de peurs diverses.

Comme celle, très claustrophobe, de se retrouver coincée dans un étroit tunnel sous la terre.

D’être convaincue de la présence de Peitie Baboe dans la chambre, grâce à son don d’invisibilité.

D’être oubliée dans un endroit inconnu, quand emportée par sa curiosité insatiable – ou sa grande distraction – elle se serait trop éloignée de ses parents.

Puis somnoler et se réveiller brutalement, une boule dans la gorge, avec la sensation d’être devenue invalide, incapable de bouger les jambes, de faire un seul pas pour échapper à ses poursuivants.

Et pleurer doucement sous son drap, parce qu’un fois de plus elle a attendu en vain un baiser du soir.

***

texte écrit pour les Plumes d’Emilie – merci à elle! – avec les mots imposés suivants: INSOMNIE – INVISIBILITÉ – PEUR – INVALIDE – RÉFLEXION – FOULE – ÉQUATION – OUBLIER – CURIOSITÉ – BOULE – TRAIN – TUNNEL – ATTENDRE

Sur les photos, les deux Adrienne, la version mini et la vraie, ma grand-mère, dans son jardin plein de fleurs.

Merci Emilie et tous les autres gentils organisateurs de jeux verbaux sur nos blogs, au train où vont les choses ce sera bientôt le seul plaisir encore permis – et non, je n’utilise pas le mot équation 🙂

44 commentaires sur « L comme limbes »

    1. comme petit enfant on est à la fois fasciné et craintif pour tout ce qui appartient au domaine de l’irrationnel (moi en tout cas je voulais tout savoir et tout comprendre et en même temps imaginer toutes sortes de contes ;-))
      merci, bon week-end!

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  1. Et tu n’avais pas un loup qui vivait sous ton lit. Le mien m’obligeait à tout bien couvrir, les mains, les oreilles, c’est important de couvrir ses oreilles, les loups en sont friands.

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  2. Et ne laisser que les pieds de son frère sur la photo, ça veut dire quoi, hmm ?
    Tous les enfants ont ce genre de frayeurs, moi c’étaient les ombres mobiles projetées sur les murs (entre autres)

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    1. c’est rapport à la vie privée de personnes vivantes, à côté de moi il y a ma mère avec le petit frère sur les genoux 🙂
      (bien que je l’aie montré une seule fois, à la mer en cuistax avec le cousin :-))

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  3. Même en passant Google en mode néerlandais, je n’ai pas réussi à en apprendre plus sur peitie baboe (à peine que les nurses indonésiennes des enfants des colons néerlandais s’appelaient « baboe »).

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  4. Les blessures d’enfance sont indélébiles et conditionnent notre vie d’adulte, ça c’est certain.
    Mignonne Adrienne avait-elle donné un nom à sa poupée et lui confiait-elle ses secrets ???

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  5. Le loup noir avec des yeux verts dans la chambre : quand j’appelais au secours ma mère montait me voir mais cette sale bête de loup devenait invisible dès que maman allumait la lampe ! J’avais alors 3 ou 4 ans…

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  6. Avec toutes ces fermetures de lieux où les gens se rassemblent, je me demande si ce ne sont pas les adultes qui ont encore plus peur que les mômes de vivre dans ce monde de fous où l’ on ne comprend pas toujours tout !

    « Résiste, prouve que tu existes ! »

    Allez, je vais renourrir mon blog dès demain !

    Bon week-end à toutes et à tous !

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    1. oui, la première fois que j’ai entendu parler de ça j’ai été très sceptique (je suis une sceptique avec majuscule ;-)) mais plus j’apprends de choses sur le cerveau – y compris celui du nouveau-né ou du bébé dans le ventre maternel – etc etc…

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  7. Moi, j’ai développé une peur irrationnelle des oiseaux, après que l’un d’eux soit venu voleter sur mon lit d’enfant. Je traversais la rue pour ne pas croiser un pigeon sur le trottoir 🙂
    Mes premières années d’enseignant ont été, de ce point de vue, assez pénibles: l’école était pleine de pigeons, et quand j’en croisais un dans un couloir, … je faisais demi-tour, impossible de l’affronter.
    Aujourd’hui, ça va mieux, je ne traverse plus, mais je me tiens toujours à distance …

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  8. oh pauvre pitchounette qui n’a pas eu le bisou avant de s’endormir. Je me souviens…comme il y a longtemps, d’un soir où j’avais mené la fronde en disant à mes 4 petits frères et soeurs : « ce soir, on ne fait pas la bise à papa et maman et aux autres ». Issue de famille nombreuse, 4 au-dessus de moi et 4 en dessous, nous faisions le tour de la table, nous les petits, pour faire la bise à la famille au complet, grands frères et soeurs et parents. 😀 Inutile de te dire, que le lendemain, nous avions changé notre fusil d’épaules ! Je ne me souviens pas si j’ai été grondée ! 😀 Bravo pour ton texte.

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  9. Les terreurs enfantines font remonter des souvenirs chez nous tous!
    Ton billet m’en a rappelé plusieurs et comme toi j’ai été une enfant insomniaque qui guettait en silence les monstres de la nuit.
    Merci pour les photos, j’ai été heureuse de revoir l’adorable petite Adrienne ♥ !

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