Question existentielle

Peut-on avoir deux langues maternelles? demandait le titre de l’article.

Ben, évidemment! s’exclame l’Adrienne.

Mais rares sont ceux qui sont d’accord avec elle sur ce point, alors elle a lu et écouté… et s’est trouvée fort satisfaite des réponses données par la chercheuse universitaire 🙂

Le bilinguisme, explique-t-elle, peut être le résultat d’une éducation dès le berceau par deux parents parlant une langue différente. Il peut aussi survenir plus tard, si la langue de l’école n’est pas celle de la maison, par exemple.

Parfois les deux langues seront à égalité parfaite – on maîtrisera aussi bien l’une que l’autre – parfois l’une des deux sera plus dominante: tout dépendra de nombreuses circonstances. Selon toute logique, la langue dominante sera celle à laquelle on a été le plus confronté. 

Est-ce positif ou négatif?
Absolument positif, puisque tous les tests ont démontré qu’une éducation bilingue est un excellent entraînement pour le cerveau, qu’elle rend meilleur en raisonnement abstrait (et qu’elle permet de repousser l’oncle Alzheimer ;-))

Madame s’est donc empressée d’envoyer la vidéo à des anciens élèves élevant leurs enfants dans le bilinguisme et qui sont souvent pleins de doutes sur le sujet 🙂

***

pour ceux qui maîtrisent le néerlandais, encore un bon article ici de nos voisins du dessus 😉

Il n’est jamais trop tard pour apprendre une langue, même après 75 ans, concluent-ils 🙂

40 commentaires sur « Question existentielle »

      1. Ma fille a appris l’arabe (basique). J’avais aussi un collègue, un brin extrême droite, qui l’avait appris avec l’argument : il faut bien connaître ses ennemis ! 🙂

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    1. Il y a longtemps, j’avais écouté Christian de Duve, un de nos prix Nobel expliquer combien le fait de connaitre plusieurs langues avait été important pour ses recherches (il était parfaitement quadrilingue; flamand et français appris dans un collège jésuite à Anvers; anglais et allemand appris grâce à son milieu familial).

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  1. Tout dépend en effet….Comme je ne parle presque plus jamais ma langue maternelle, le français, ici, je me rends compte que si je ne lis pas dans cette langue, mon vocabulaire s’en ressent, et beaucoup:-)
    L’arabe online, excellente idée, j’ai une amie qui apprend comme ça l’hébreu.

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    1. oui on ‘perd’ un peu le vocabulaire, mais il revient vite si on s’y remet 🙂
      on ne perd jamais les bases, les structures mêmes de la langue (sauf à être arraché trop tôt à son milieu d’origine, comme certains enfants adoptés)

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  2. Ce fut finalement un avantage d’avoir eu droit à un « enseignement géhenne » des années 50 et 60.
    La langue maternelle, deux langues vivantes et deux langues mortes.
    J’ai ainsi pu vérifier qu’à partir de quatre langues à peu près maîtrisées, les autres s’apprennent plutôt aisément.
    Même l’hébreu et le russe…

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      1. c’est normal d’avoir le même genre de réaction au même genre de billet 🙂
        ce n’est pas non plus la première fois que je parle de bilinguisme ou de l’apprentissage des langues!

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  3. Mon mari ayant quitté son pays jeune, il n’a donc plus pratiqué sa langue maternelle. Il lui reste quelques mots mais il lui est difficile d’établir une conversation avec ses compatriotes.

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  4. Je vais me remettre à l’hébreu, langue que je trouve extrêmement difficile, j’ai même redoublé la première d’année d’Oulpam, il faut quand même savoir que je n’avais aucun notion lorsque je suis arrivée en Israël.
    En réfléchissant, je me dis que l’anglais serait plus utile, j’ai pratiquement tout oublié à force de ne pas m’en servir.

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    1. ‘égalité parfaite’ entre les deux langues ne veut pas dire ‘maîtrise parfaite’
      quand maîtrise-ton ‘parfaitement’ une langue, même sa langue maternelle?
      ici comme en toute chose, la perfection n’existe pas
      (et pourquoi t’auto-flageller, puisque tu maîtrises au moins une autre langue, tu es prof de portugais, il me semble?)

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  5. J’ai une nièce de 8 ans, son père (mon frère) est français, sa mère colombienne, et cette joyeuse famille vit en Roumanie. Manuela parle couramment ces trois langues, elle passe de l’une à l’autre sans difficulté, elle écrit parfaitement l’espagnol et le roumain et cette année prend des cours pour mieux écrire le français… À mon grand age, je suis ébahie et n’ai plus trop espoir d’apprendre une quelconque langue étrangère, dans une vie prochaine peut-être ? Douce journée dame Adrienne, je décroche quelques rayons de soleil du sud de la France vers la Belqique, eux ne sont pas confinés. brigitte

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    1. magnifique! le cas de ta nièce est une belle preuve de ce dont je suis convaincue depuis longtemps: apprendre très tôt deux langues ne nuit pas à la connaissance soi-disant ‘parfaite’ de l’unilingue!
      une de mes anciennes élèves ayant épousé un homme du Bangladesh élève ses deux petites filles dans trois langues aussi, celle de la mère (néerlandophone), celle du père et… celle de l’école, puisqu’elle les a inscrites au lycée français de Dhaka

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  6. Plongée en apnée dans un monde qui me fascine !
    L’apprentissage et l’utilisation des langues, c’est aussi (surtout même, je crois) une question d’adhésion affective. Je me souviens de mes premières leçons de néerlandais, à l’école primaire, du plaisir et de l’enthousiasme à entrouvrir les portes d’un monde nouveau, celui de « Jan en Anneke Smets ». Puis, hélas, l’école a réussi très vite à éteindre la flamme, en nous coupant sous prétexte d’élitisme de la pratique quotidienne de la langue. Puis est venu l’anglais, avec le même résultat. Le grec, et dans une moindre mesure, le latin, suivirent le même chemin, celui d’apprentissages rigides dont tout plaisir était exclu. Sauf la version latine, je suis allé jusqu’à lire quelques auteurs latins dans le texte.
    La révélation, elle est venue au début de la cinquantaine, quand j’ai appris l’italien, que je parle aujourd’hui couramment; puis à la soixantaine, avec l’espagnol. Le plaisir de la lecture, des rencontres sans filtre linguistique …
    Et je confirme: le temps ne fait rien à l’affaire, on apprend à tout âge.
    Je me suis même, à force de lire les billets d’une certaine Adrienne, remis au néerlandais; j’ai été jusqu’à acheter un roman 🙂
    Il n’est jamais ni trop tôt ni trop tard, le plaisir est au rendez-vous à tous les coups.

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    1. ton témoignage me rend très heureuse, André 🙂
      moi c’est en apprenant l’italien que j’ai ‘perdu’ la faculté de parler l’espagnol: au début, au cours d’italien, je disais parfois le mot espagnol au lieu de l’italien (pregunta/domanda – letto/cama etc etc) et plus j’avançais en italien, plus c’était le contraire qui se passait, quand j’étais à Malaga je commençais ma phrase en espagnol et je la terminais en italien 😉

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      1. Ça m’arrive aussi fréquemment, de glisser un mot d’une langue dans l’autre, surtout au téléphone. Mais ça n’enlève rien au plaisir. Avec une amie/collègue italienne qui enseigne le français, nous passons souvent d’une langue à l’autre, quand nous avons besoin d’une expression un peu spécifique. Et mes amis latinos ne me reprennent jamais, c’est moi qui me rends compte de mes erreurs.
        En néerlandais, c’est plus difficile. Devant mes balbutiements, la plupart des interlocuteurs avec qui je fais l’effort d’essayer me répondent en français. Sauf aux Pays-Bas, et encore. À Maastricht, par exemple, on me répond presque toujours en français.

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      2. je ne sais pas ce qu’ils ont, les Hollandais, mais plusieurs fois, à Amsterdam, ils me répondaient en anglais alors que je leur parlais néerlandais, ça doit être leur koinè touristica 😉

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  7. Faudra que j’explique ça à ma belle-sœur française qui vit au US. Elle pense que apprendre plus d’une langue à sa fille (née aux US et anglophone, donc) risquerait de lui embrouiller le cerveau…

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    1. oui c’est exactement ce qui me réjouit dans cette vidéo, c’est qu’on y donne une bonne réponse à tous ces gens – nombreux en Flandre aussi – qui croient qu’une langue s’apprend au détriment d’une autre…
      je m’énerve chaque fois que je vois dans nos journaux flamands que  » X pour cent des enfants de maternelle ne parlent pas le néerlandais à la maison »…
      j’ai chaque fois envie de leur crier: ET ALORS?

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  8. Je lis Julien Green, qui en parle justement. Cet américain élevé en France, bilingue, a fait quand même un choix. Il semblerait qu’un langue prédomine toujours, celle dans laquelle on pense.

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    1. il n’y a pas toujours une langue dominante!
      dans le cas de Julien Green, c’est évident, vu qu’il est né en France, y a été scolarisé, y a vécu, il est évident que le français prédomine, ce n’est même pas une question de choix..

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  9. J’admire les polyglottes, tout en restant assez paresseuse dans l’apprentissage d’autres langues, vu la nécessité de les pratiquer régulièrement pour en conserver quelque chose. Vivre à l’étranger ou dans un milieu où on pratique plusieurs langues est très motivant. Il me semble aussi que certains ont plus d’oreille que d’autres, même dans une fratrie. Ne serait-ce pas plus facile pour celles et ceux qui sont plus « auditifs » que « visuels » ou bien radoté-je ?

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    1. selon les spécialistes du cerveau, chaque être humain a la même capacité d’apprendre une ou plusieurs langues, la « bosse des langues » n’existe pas
      par contre, comme le souligne André, la motivation est un facteur clé (raison pour laquelle mon allemand est mauvais)
      pour ce qui est de l’accent, l’âge fait une différence, plus on est jeune (de plus en plus les spécialistes pensent avant ou jusqu’à l’âge de quatre ans) plus on « imite » facilement les sons et les accents
      après, une sorte de surdité sélective intervient, on a du mal à distinguer – et donc à imiter – des sons qu’on n’a pas dans sa propre langue (c’est mon problème avec le î roumain 😉 je n’ai aucune idée où dans la bouche et la gorge je dois former ce son ;-))
      bref, c’est un sujet qui me passionne 🙂

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  10. C’est un sujet tout à fait passionnant!
    Actuellement j’observe ça avec mon petit-fils de 3 ans et demi. Il a commencé à parler en français, puis en espagnol. Il est maintenant très à l’aise dans les deux langues. Parfois il francise certains mots espagnols : « J’aimerais un ultime bonbon s’il te plaît ». « On poudrait aller jouer dehors ». Il le fait aussi dans l’autre sens.
    Et comme ce petit n’a peur de rien, il a décidé de m’apprendre l’espagnol. Mais il m’a prévenu au départ que c’était « trèèèès difficile » !
    😀

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  11. J’ai milité toute ma vie pour que l’on mette des assistantes maternelles étrangères dans les écoles maternelles, parce que c’est à cet âge-là que les enfants assimilent le mieux.
    Je me suis toujours heurtée à un non. Un jour on m’a même dit que ça risquait de traumatiser ces pauvres petits…J’ai vécu des choses pas faciles, hein…
    J’aurais tant aimé pratiquer plusieurs langues parfaitement. Mais à part l’anglais…et encore…
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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    1. Oui, exactement ! Ça fait peur à beaucoup de gens, aujourd’hui encore… C’est pour ça que cet article me fait tant plaisir, il réaffirme combien l’éducation bilingue n’a que des effets positifs !

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  12. Bonjour, je reviens après avoir lu tous ces commentaires fort intéressants. J’ai toujours parlé français à mes enfants, mon mari espagnol leur parlait dans sa langue, que nous parlions en famille aussi.
    Jusqu’à 3 ans ils répondaient dans une langue ou l’autre, indifféremment et sans avoir conscience de parler français ou espagnol. (quand un espagnol leur demandait comment on dit ça en français ils ouvraient des yeux tout ronds!!).
    La chose a changé quand ils sont allés à l’école après 3 ans. Tout est en majorquin ici, une variante du catalan, et notre fille n’a eu aucun mal à naviguer en trois langues, en mélangeant un peu parfois comme nous tous;-). Par contre, vers ses 4 ans, mon fils a prétendu ne plus me comprendre quand je lui parlais français prétendant (c’était très rigolo) qu’il était « muy mallorquin ». Pendant plusieurs années il n’a plus voulu parler français, me comprenait bien sûr. Je n’ai pas insisté, et maintenant il le parle parfaitement.
    Était-ce trop pour lui? De la paresse? Un rejet de quelque chose?
    Tous les enfants ne réagissent pas de la même façon à ce cumul de langues….
    Bonne journée Adrienne

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