Question existentielle

Mardi soir, l’Adrienne était en train de baguenauder sur fb quand tout à coup – floushhh! – une amie remplace sa photo de profil par une tache noire.

L’Adrienne pense évidemment tout de suite à un grand malheur, un deuil, un proche est victime du coronamachin… Mais non.

Il s’agissait d’une de ces actions qui fleurissent constamment sous diverses formes et pour des sujets diversement importants. Cette fois c’était pour lancer une alerte contre les violences faites aux femmes.

Justement ce jour-là au téléphone, l’Adrienne et une ancienne collègue devisaient à propos de la réouverture – ou non – des écoles.

Et l’argument numéro 1, pour les rouvrir, elles étaient bien d’accord là-dessus, ce ne sont pas les cours manqués, les savoirs qui ne seront pas acquis, le retard pris sur le programme… Rien de tout cela.

Mais c’est de donner un havre de paix aux enfants qui ont un parent violent à la maison.

Ce serait bien si on pouvait parler net et voir cette réalité en face.

***

Un excellent article sur le sujet ici (il parle pour la Belgique et date de novembre dernier) – c’est aussi de cet article que provient la photo d’illustration, 21 victimes entre janvier et novembre 2019. Un article parmi d’autres pour la France ici et TV5Monde ici.

15 commentaires sur « Question existentielle »

  1. Et pendant ce temps là, cent vingt-trois chercheurs universitaires belges plaident pour qu’il n’y ait pas de réouverture des écoles avant le 30 juin.

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  2. Il est intéressant de lire, ici, qu’au début du confinement le fameux papier wc, les lentilles et pois chiches étaient les produits phare de de la consommation.
    Après 40 jours c’est l’alcool et le chocolat. Significatif de l’état psychologique de la population, les violences sur femmes et enfants ont monté en flèche (les cas connus, et tant d’inconnus). La réouverture des écoles est urgemment souhaitée en effet pour diminuer les tensions!!!!

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  3. C’est un constat douloureux, mais on voit mal ce que la mise au noir de son avatar va changer à la situation. Dès le début du confinement le problème a été soulevé mais peu d’actions entreprises sauf la multiplication des spots télé donnant les numéros des sites d’écoute spécialisés.

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  4. Un tout petit virus qui fragilise tous les équilibres précaires… La violence aux femmes et enfants explose. Les malades psychiatriques décompensent. A la maison de santé où je travaille nous faisons plus de consultations pour des patients souffrant d’anxiété que pour des infections au COVID. Les alcooliques sevrés replongent. Les fumeurs augmentent leur consommation de tabac.
    Nous avons réussi à limiter la propagation du coronavirus, mais les dommages collatéraux vont être immenses, certes au niveau économique, mais aussi sur le plan sanitaire.

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  5. Un carré noir sur notre profil ne change rien à la violence.
    L’école est peut être un lieu pour que les enfants battus soient un moment à l’abri, mais la violence recommence ensuite.
    Ce qu’il faudrait c’est « combattre » efficacement la violence, prendre en compte les plaintes lorsqu’il y en a, et concernant la violence faite aux femmes, on sait qu’on en est loin.
    Concernant les enfants, c’est plus compliqué, car ils se taisent, et n’ont pas d’autres références que leur contexte familial.
    Désolée de faire aussi long, c’est vrai que cela m’a touchée de près.
    Bon dimanche Adrienne

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    1. Bonjour Fabie, bonjour à tous
      j’ai grandi dans la violence et crois moi, « combattre efficacement » la violence, c’est d’une complexité que tu n’imagines même pas
      en espérant que tu n’as pas été touchée de près par ce sujet

      Mon père était violent et c’est l’homme que j’ai le plus aimé au monde

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      1. Ce que j’ai connu de plus violent, c’est la pension chez les Frères.
        Aimez vous les uns les autres qu’y disaient…
        Heureusement ma famille était pacifique et plutôt câline.
        Seuls l’environnement du quartier et le mauvais chemin que j’y aurais pris ont poussé mes parents à me caser chez les fondus du bon dieu.

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  6. comment faire le tri hélas entre les enfants tabassés, ceux qui sont largués et ceux pour qui tout baigne ou à peu près. Je n’ai pas de réponse à cette question, juste : a t-on mesuré le risque réel ?
    Bizzz et bonne fin de dimanche

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  7. Cette épidémie a beaucoup de conséquences. Combien de personnes vont perdre leur boulot, tomber en faillite et dans la pauvreté, voir leur couple éclater, etc. Pour certains, c’est le début d’un cercle vicieux. Il y aura aussi des couples qui ne vont pas survivre au confinement ensemble, et peut-être que pour d’autres, cela les rapprochera? Concernant les enfants, je pense aussi que dans certaines familles, ils ont passé bien plus de temps de qualité ensemble. Ce débat est très complexe et aura des conséquences pendant plusieurs années….

    Faut-il rouvrir les écoles? J’avoue que je n’ai pas encore d’opinion toute faite, cela dépend des conditions. Si, une chose : non pour les enfants de l’école maternelle (3 à 6 ans), c’est impossible d’appliquer là toutes les recommandations. Peut-être pour les 6èmes primaires afin de voir les dernières matières et terminer leur cycle primaire sur une bonne note (et non sans savoir se revoir avant le secondaire) ?

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  8. L’école ne devrait pas tenir ce rôle, elle n’est pas là pour ça. Si le constat est fait que pendant 6 heures par jour ces enfants vivent en paix et j’ai un doute sur ce fait*, et bien il serait vraiment temps de s’attaquer à ce problème de la violence dans les familles, non ? Qu’est-ce qu’on attend ? Les 6 heures d’école par jour ne sont en aucun cas une solution, juste un pansement pour cacher le mal malheureusement…

    * les enfants subissant des violences à la maison sont souvent mal à l’école, ils sont parfois eux aussi violents avec leurs camarades et parfois aussi en échec scolaire , ou alors ils subissent les choses…

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  9. merci à tous ceux qui ont commenté…
    juste une précision: non, l’école n’est pas le remède à la violence, oui, la violence existait et inquiétait déjà avant le corona, c’est juste que c’est bien pire maintenant et qu’on est impuissants.
    Oui l’école peut elle aussi être un lieu de violence, malgré tous les efforts pour qu’elle ne le soit pas.
    MAIS si je parle de « havre de paix », c’est parce qu’une petite fille de douze ans, un jour, me l’a dit en pleurant, « ce n’est qu’à l’école que je me sens bien »
    et ça, JAMAIS je ne l’oublierai

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