E comme être élève en 2020

DSCI8324

Vous le savez, pendant près de trois mois les élèves ont été interdits d’école. Chacun d’entre eux a vécu cela différemment: entre ceux qui ont été heureux de pouvoir faire leur travail scolaire chez eux, à leur rythme, et ceux qui ont galéré pour diverses raisons, il y a toute la gamme.

Vous le savez, dans nos villes d’Europe nous avons des tas d’enfants dont les parents n’ont pas la fibre pédagogique. Ou ne parlent pas la langue de l’école. Ou n’ont pas les moyens d’offrir l’espace ou les outils requis pour réaliser du bon travail-à-la-maison.

– A la maison, dit Imane, c’est impossible de me concentrer.

C’est ainsi que Madame apprend comment ils sont logés. A combien ils vivent. Et qu’Imane est l’aînée.

Elles ont donc rendez-vous dans un local de l’école. Qui, comme vous le voyez sur la photo, a été aménagé selon les règles strictes imposées par le Ministère. La porte du local doit impérativement rester ouverte.

Un peu plus tard, la directrice passe dans le couloir:

– Ah! mais non! ce n’est pas comme ça que vous devez vous mettre!

Madame le sait bien, qu’elle ne pourrait pas s’asseoir à côté d’Imane, même si toutes deux sont masquées.

Mais comment voulez-vous regarder à deux le manuel et les exercices, si vous êtes en vis-à-vis et séparées par le plexiglas?

***

photo prise le 29 mai avant l’arrivée d’Imane, on ne voit que les affaires de Madame et tous les produits désinfectants 😉

30 commentaires sur « E comme être élève en 2020 »

  1. Dans le maternel et le primaire, les règles ont été assouplies. Et à partir de lundi, chacun pourra jouir d’une « bulle personnelle élargie » comprenant 10 personnes, ces personnes pouvant être différentes chaque semaine.
    J’imagine combien Madame la directrice doit être bouleversée de ce changement d’approche.

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      1. absolument!
        j’ai des tas de collègues qui se sont décarcassés pendant des semaines pour garder un maximum d’élèves à bord, de préférence tout le monde!
        mais il y a des élèves pour qui c’est mission impossible, l’enseignement à distance

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  2. Se tenir à distance, la meilleure chose pour ne pas attraper le virus scolaire 😉
    En France les syndicats sont arrivés à la chose suivante. Si vous êtes loin des élèves, pas de masque, si vous vous approchez à moins d’un mètre, un masque.

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  3. Mon neveu (13 ans) boucle sa journée de travail en 1/2 heure voire 1/4 d’heure. Je dis boucle pas bâcle. Il n’ a pas hâte de retourner au collège. Ma nièce (17 ans), elle, travaille plus.
    Ils apprécient cette période qui leur laisse beaucoup de temps libre, même si leurs amis leur manquent. Ils ont la chance d’être dans une maison où ils peuvent s’isoler s’ils le souhaitent et avoir de l’aide s’ils en ont besoin.
    À 5 ou plus dans 30m2, ce n’est pas la même chanson.
    J’ai croisé des amis, ne pas pouvoir leur sauter au cou a été frustrant.

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    1. oui, c’est ce que j’ai mis en début de texte, il y a toute la palette, j’en connais aussi qui trouvent ça super de pouvoir travailler chez eux et pour qui ça fonctionne très bien
      (frustrant, oui, de ne pas pouvoir faire le gros câlin qu’on fait d’habitude à une amie très chère)

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  4. Et les vacances de ceux qui vont partir « en colo » ne vont pas être très drôles : Enfants et moniteurs masqués.
    Chacun éloigné de chaque autre.
    Je pense à ceux des appartements exigus, déjà trop serrés chez eux pour y travailler correctement.

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      1. oui mais que faire si le groupe compte 52 ou 55 membres… si le terrain et l’accommodation ne sont pas conformes aux nouveaux critères et qu’il faut in extremis en trouver un autre… beaucoup de mouvements de jeunesse galèrent dur avec tout ça!

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      2. Heureusement, chez nous (je suis secrétaire d’une unité scoute) pas de problème insoluble, mais c’est vrai qu’il a fallu s’adapter. Au départ, nous avions envisagé de fonctionner avec trois bulles (deux pour les animés et une pour les cuistots), mais finalement, on a opté pour deux demi-camps successifs. C’est pas l’idéal, mais c’est mieux que rien.

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  5. Ma fille a fini par attraper la psychose du corona. On ne peut plus l’approcher de plus de 2m…même qu’elle nous « engueule » si on ne respecte pas les règles. A l’école, elle a masque et visière, se lave les mains des centaines de fois/jour..Elle va finir par craquer, elle, dont on ne sait toujours pas si le corona l’a eu ou pas….Demain, nous devions manger ensemble le dessert de la fête des mères, mais s’il pleut, vu qu’elle ne veut pas entrer dans nos maisons, ni qu’on entre dans la sienne..
    Sinon, ses 3 enfants se sont très bien fait au confinement. Celui qui a le plus apprécié, c’est l’ainé, rentré de la Fac depuis mars et qui a fait ses partiels à distance. Lui mange à longueur de journée les gâteaux de sa petite sœur. Là, il fait son stage obligatoire avec son père, chacun dans une pièce (leur maison est grande, ça aide). Les 2 filles sont chacune dans leur chambre pendant ce temps-là…toutes les deux très douées, donc, no difficulté.. L’ainée, très bosseuse, n’est pas contente de ne pas passer son bac de français, vu qu’elle l’avait bien préparé..
    Tiens, à propos du bienfait de rester à la maison, (par peur du virus, hum, hum, jamais vu autant de familles en balade la semaine), c’est que, le vendredi venu, tu peux partir en week-end, sans état d’âme, sans avoir de papier à fournir à la maitresse. Notre voisine a ses enfants et petits enfants, venus de loin, depuis hier matin. Tiens, comme les profs en France, 40 % n’auraient pas repris le chemin de l’école et resteraient chez eux. Quand t’es fonctionnaire, payé 100 %, pourquoi s’enquiquiner, comme dans le privé, à vouloir retourner au boulot. Dans le privé, t’as pas le choix. Et, pourtant, dieu sait que je défends les fonctionnaires, mais, là, je crois que certains abusent. Même ma fille le dit qui doit prendre en charge les élèves des collègues restées à la maison par peur du virus et pour garder leurs petits enfants (re-hum).

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    1. merci pour ce témoignage!
      – oui, de nombreuses personnes ont si peur du virus qu’elles refusent tout contact, j’en connais aussi
      – heureux les enfants qui ont tout ça, l’intelligence, l’autonomie, l’espace, les moyens techniques 😉
      – pour ce qui est des profs s’enfoutistes, ce n’est pas du tout mon expérience, mes collègues galèrent dur depuis trois mois (un travail malheureusement plutôt invisible pour la société, comme d’hab ;-)) et les médecins complaisants qui te donnent des congés de maladie pour des semaines, c’est impossible chez nous vu qu’il y a des contrôles – même une collègue en congé de maladie pour son traitement du cancer a été contrôlée…
      – j’ai une amie dont la sœur travaille en maison de repos et là effectivement quelques collègues se sont fait « porter pâle » de peur d’attraper le virus… mais je ne sais pas combien de temps ils ont pu se le permettre
      encore merci et bon week-end!

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  6. Ce qui me dérange le plus depuis ces trois derniers mois c’est la peur qu’on a installée dans la vie des gens. Il me semble qu’il serait si simple de juste informer intelligemment. Je me pose la question : quels sont les véritables enjeux cachés derrière tout ce grand étalage de contradictions…

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    1. une chose qui est déjà sûre c’est que nos smartphones sont équipés depuis peu d’un système de traçage qu’on ne peut plus désinstaller (mais qui est encore inactif en ce moment, selon l’expert qui en parlait hier dans une émission consacrée à la chose)

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  7. Oui, toute la gamme, et elle est large …
    Pour ma part, j’ai repris un peu de soutien scolaire avec une ado du centre d’accueil pour demandeurs d’asile de la Croix-Rouge où je suis volontaire depuis plusieurs années. Elle est hispanophone, n’a plus école, et veut continuer à apprendre le français. Ses conditions de vie et de travail sont loin d’être idéales, une chambre pour la famille et des espaces communs. De mon côté, la Croix-Rouge n’autorise pas le retour des volontaires de plus de 65 ans. C’est donc par internet. Pour l’écrit, on se débrouille par email, mais un téléphone, ce n’est pas le meilleur support. Pour l’oral, elle voudrait de l’aide pour la prononciation, que nous avions commencé à travailler avant le confinement. Mais sa connexion internet est trop mauvaise pour la visioconférence.
    Ainsi va la vie, en ces temps incertains …

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    1. oui les jeunes et les enfants dans ces situations-là (pas la langue de l’école à la maison, pas la place, pas les moyens techniques…) ont besoin d’un soutien scolaire personnalisé, en face à face
      (et ils sont nombreux! et ils ont pris beaucoup de retard, comme ces enfants de première primaire dont j’ai déjà parlé)
      ça m’inquiète et me révolte et ce que je fais n’est qu’une goutte d’eau dans la mer

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