F comme fallait pas

devoir de Lakvio du Goût_42.jpg

Alice est dans la serre pour tuteurer ses tomates. Pulvériser une décoction d’ail sur ses poivrons. Pas de mildiou, cette année, ni sur les tomates, ni sur les aubergines… c’est peut-être grâce à ces deux ou trois vitres brisées. L’air circule bien et la température reste bonne.

Alice passe beaucoup de temps dans sa serre. Les voisins ne s’en étonnent pas. C’est du travail, tous ces légumes. Parfois Alice en partage quelques-uns autour d’elle. Ça fait toujours plaisir, même si on se récrie « ô! fallait pas! ».

Et ça permet de faire une causette.

Ne croyez pas qu’il ne se passe rien dans ces belles rues aux grandes maisons et aux beaux jardins.

Ainsi par exemple, ce dont tout le monde parle en ce moment, ce sont ces lettres anonymes qui sont arrivées chez quelques personnes. Alice n’en a pas reçu, mais – dit-elle – ça ne saurait tarder, il n’y a pas de raison qu’elle y échappe, n’est-ce pas!

Alice se sent bien dans sa serre. Elle voit et entend beaucoup de choses. A ça aussi ils sont utiles, les deux ou trois trous à cause des vitres brisées.

Les gens parlent, vont, viennent.
Alice a tout vu, tout entendu.
Celui qui va au bout de son jardin pour téléphoner. Celle qui… Ceux qui…
Elle a tout retenu, tout recoupé, c’est comme un puzzle.
Mais en plus excitant.

Alors le soir, pour jouer au corbeau, ce n’est pas la matière qui lui manque…

***

Merci à Monsieur le Goût pour ce 42e devoir de Lakevio du Goût: Qui est-elle ?
Existe-t-elle ? Que fait elle là ? À vous de le dire lundi…

63 commentaires sur « F comme fallait pas »

  1. Ah ! je ne m’attendais pas à une telle chute ! Bravo ! voilà un devoir qui ne manque pas d’originalité et je suis entrée dedans sans méfiance…

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  2. Si un seul regard t’inspire tant, te rencontrer fait frémir…que pourrais-tu imaginer dans les nôtres?
    Je rigole, ton histoire est magnifiquement ficelée, imaginée!
    Bonne journée, un beso.

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  3. En voilà une qui a trouvé une saine occupation pour s’occuper pendant le confinement. Si elle portait un masque, ses yeux parleraient et pas sûr qu’on l’apprécierait.

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  4. Comment ? Il faudrait se méfier des jardinières efficaces ?
    C’est que… j’en ai justement une à la maison !
    J’appelle de suite un vitrier !
    😉

    Bravo pour cette chronique de la vie ordinaire !

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  5. C’est une excellente histoire courte, Adrienne… Et bien que courte, une histoire à chute bien amenée!
    J’imagine qu’Alice ne saurait tarder à s’envoyer un lettre anonyme à elle-même pour pouvoir exhiber l’enveloppe à ses voisins?

    Aimé par 1 personne

  6. elle aurait pas une langue de petas ton Alice ? Tout régenter tout savoir tout entendre et en jouer pour alimenter querelles et chroniques villageoises, tout de même, voilà comment le monde se comporte! Mais qu’arrivera-t-il le jour où les masques tomberont ?

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  7. Belle imagination ! Après une première lecture, je me suis posé la question de la motivation : il n’y a apparamment ni chantage, ni vengeance. Alors, j’ai relu ton histoire (avec autant de plaisir que la première fois) et j’ai trouvé, clairement écrit à la fin du texte : l’excitation. Cela fait froid dans le dos de se dire que de telles personnes existent, qui trouvent une excitation à faire le mal pour le mal.

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  8. Francette Vigneron, une auteure corrézienne a écrit « L’œil du Tigre » pour raconter l’histoire du corbeau de la préfecture de Tulle, Angèle Laval, L’affaire qui a fait grand bruit se déroulait juste à la fin de la première guerre mondiale. Angèle agissait par jalousie; Alice trouve là matière à faire du mal gratuitement. Quelle est la plus ignoble ?

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    1. oui j’ai vu cette histoire sur wikipedia, parce que je me demandais pourquoi en français on appelait « corbeau » l’auteur de lettres anonymes de ce type… alors que d’autres langues n’ont pas ce genre de mot…

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    1. comme je ne suis pas Française, je ne suis pas au courant de tous vos « faits divers » mais celui-là a été assez sordide et assez médiatisé pour qu’il en parvienne des échos jusqu’en Flandre 😉

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      1. pauvre Gallimard, bombardé de longues lettres comminatoires, suspicieuses et remplies d’exigences toujours nouvelles, toujours dispendieuses… ce n’était pas le mec coulant, ton Marcel 😉

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