W comme wagon de train

Lidewij met 2 treinbegeleiders

Des entretiens à cœur ouvert avec des gens passionnés par leur métier, voilà ce qu’on voit et entend dans ce reportage réalisé sur le trajet qui va d’Ostende à Eupen, une ligne qui traverse donc tout le pays et est une de celles à plus forte affluence… neuf cents passagers en temps normal, à peine trente la première semaine de la phase 1 du déconfinement.

Pendant tout un mois, entre le moment où les entreprises ont pu reprendre le travail in situ et celui où les cafés et restaurants ont rouvert, la journaliste a pris ce même train dans les deux sens, avec chaque fois la même jeune conductrice, les mêmes contrôleurs, le même agent de la sécurité…

Trains quasiment vides au début, donc – avec juste quelques personnes des rares secteurs fonctionnant encore, in casu des infirmières – et qui se remplissent un peu au fil des semaines.

Chaque rencontre est un petit document humain, car comme le disent les contrôleurs dans ce reportage, le masque et les autres mesures mettent de la distance entre les gens et eux – sans compter une certaine peur, en plus, parfois – mais en même temps on ressent qu’il y a un réel besoin de communiquer, de se raconter, de s’épancher même.

Le vieux monsieur qui a mis son masque à l’envers (« ah! c’est pour ça qu’il me glisse tout le temps du nez! »), la dame à déambulateur (qu’elle appelle avec humour sa mercedes décapotable – elle y a d’ailleurs accroché le fameux emblème) qui peut enfin retourner à son appartement à la mer, les amoureux qui ont été séparés deux mois à cause du confinement (« ça fait sept mois qu’on est ensemble, moins deux, donc en fait ça ne fait que cinq »), la jeune étudiante qui va à son examen (mais qui n’a « pas eu le temps d’étudier »), le réfugié guinéen qui rêve de l’Angleterre (où personne, croit-il, ne vit dans la rue comme lui)…

Het leven zoals het is, dit-on chez nous, la vie comme elle est.

***

source de la photo et article ici.

 

17 commentaires sur « W comme wagon de train »

      1. C’était à un âge où je ne connaissais pas les films.
        Ma grand-mère disait que c’était pour les gens qui venaient de Liège. Nous, on venait de Charleroi. On était montées dans le train à Bruxelles-Midi.

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      2. C’est l’inverse pour moi : je ne me rappelle pas la première fois où j’ai pris le train : nous habitions Charleroi et mes grands-parents maternels Seilles, donc on me trimballait en train déjà tout bébé. Par contre, je me rappelle la dernière fois où je l’ai pris c’était pour emmener Louise au zoo d’Anvers, ça date ! J’avais quand même été surpris par la douceur de la suspension et les voitures à deux étages…

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  1. Enfant, j’ai pris le train sur cette ligne … il était encore à vapeur !
    Etudiant, je l’ai pris tous les jours entre Liège et Verviers; il y avait des compartiments à 6 places, le train était international, il allait en Allemagne et plus loin vers l’Est, et dans l’autre sens à Paris. À Liège, il était annoncé en français (évidemment), en néerlandais, en allemand, en anglais et en italien. À partir de Liège, des douaniers allemands contrôlaient les identités. Dans l’autre sens, le matin, les compartiments avaient gardé les odeurs de la nuit.
    Puis il y a eu les grandes voitures actuelles, où un charriot de boissons et snacks proposait des en-cas aux passagers.
    Puis on a supprimé ce service, et le Thalys a signé l’arrêt de mort de la ligne Cologne – Paris.
    Puis on a transformé la gare pour permettre le passage des trains à étage.
    Et depuis plus de 3 mois, je n’ai plus pris le train.
    Reste le rêve …. https://asimon.eu/blog/poesie/voyage/

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    1. ça alors, que de souvenirs! c’est historique 🙂
      c’est la ligne que prenait mon mari (d’Ostende à Louvain) pendant ses années à l’université, moi je n’en prenais que le dernier petit bout, et souvent je ratais ma correspondance à Bruxelles parce que mon train de Courtrai n’était apparemment pas prioritaire et devait souvent attendre juste avant d’arriver en gare…
      à l’époque il allait jusqu’à Aix-la-Chapelle ou Cologne, je ne sais plus…

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  2. Je n’ai jamais pris de train en Belgique. J’y allais en voiture sur les plages belges proches de Tourcoing quand j’étais maitresse d’internat à Tourcoing… Pratique… 😉
    Ce n’était pas encore l’UE d’aujourd’hui mais on passait facilement la douane. On allait même faire nos courses à un supermarché belge de l’autre côté de la frontière parce que c’était moins cher qu’en France (surtout l’essence et les cigarettes).

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