Adrienne aime Albert

Extraits:

« […] une scène de théâtre est un des lieux du monde où je suis heureux. […] Le bonheur […] est une activité originale aujourd’hui. La preuve est qu’on a tendance à se cacher pour l’exercer […].
Je lis souvent sous des plumes austères que des hommes d’action, ayant quitté la vie publique, se sont réfugiés ou se sont abrités dans leur vie privée.
Il y a un peu de mépris, vous ne trouvez pas, dans ces termes de refuge ou d’abri? Et, l’un ne va pas sans l’autre, de sottise.
Pour ma part, je connais au contraire beaucoup plus d’hommes qui se sont réfugiés dans la vie publique pour échapper à leur vie privée. Les puissants, par exemple, sont souvent des ratés du bonheur. De là vient qu’ils ne soient pas tendres.

[…] pour le bonheur, aujourd’hui, c’est comme pour le crime de droit commun: n’avouez jamais! Ne dites pas comme ça, sans penser à mal, ingénument, « Je suis heureux », car aussitôt, vous verriez autour de vous, sur des lèvres retroussées, votre condamnation. « Ah, vous êtes heureux, mon garçon? Et que faites-vous des orphelins du Cachemire? Ou des lépreux de la Nouvelle-Zélande qui ne sont pas heureux, eux, comme vous dites? » […] Et aussitôt, nous voilà triste comme des cure-dents.
Pourtant, moi, j’ai plutôt l’impression qu’il faut être fort et heureux pour bien aider les gens dans le malheur. Celui qui traîne sa vie et succombe sous son propre poids, ne peut aider personne. Celui au contraire qui se domine et qui domine sa vie, celui-là peut être vraiment généreux et donner efficacement. […] »

et pour ceux qui ont une heure à consacrer à un reportage qui fait du bien:

L’Adrienne aime Camus qui aime la chaleur du soleil, ce qui fait tout de même une différence fondamentale entre eux 🙂

L’image contient peut-être : nourriture, texte qui dit ’Il fait chaud dehors? www.alles-ausm-kopf.de Ta gueule. तते’

26 commentaires sur « Adrienne aime Albert »

  1. Le premier bouquin que j’ai lu de lui était posthume : « Le Premier Homme ».
    Depuis que j’ai une liseuse, je me suis mis à lire quelques uns de ces auteurs que nous recommandaient chaudement nos profs, mais à l’époque je n’écumais les bibliothèques qu’à la recherche de récits de la deuxième guerre mondiale, si bien que j’avais lu Rommel mais pas Camus 🙂

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  2. « Pour ma part, je connais au contraire beaucoup plus d’hommes qui se sont réfugiés dans la vie publique pour échapper à leur vie privée »… La liste est longue, rien que chez nos « hommes » dits politiques, en France….

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  3. Une occasion de rire : hier j’ai réservé des places pour la prochaine pièce des Chiens de Navarre, une compagnie de théâtre complètement déjantée. Son titre : « La peste, c’est Camus mais la grippe, est-ce Pagnol ? »

    Aimé par 2 personnes

  4. Un vrai régal de l’écouter, merci!
    Comment ne pas être d’accord avec lui, et rechercher le meilleur au lieu du pire, pas seulement dans le couple, mais toujours et partout.
    Tout cela m’a « donné la pêche » ce matin, hop, la journée est bien partie.
    Besos

    Aimé par 1 personne

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