N comme nature, nature!

La Retraite sentimentale - Colette - Folio

À travers les allées rompues sous la vigne vierge qui tend vers nous ses avides crochets, je l’emmène jusqu’au jardin d’en bas, terrasse chaude, étroit jardin de curé où je soigne mes fleurs communes, phlox que le soleil violace, aconits dont le bleu se délaie, soucis ronds et vermeils comme des mandarines, beaux œillets d’Inde en velours marron et jaune comme des frelons, nichés au petit fer, serrés dans leur calice qui éclate… Le long de l’espalier, un rideau de rosiers défend le pied des pêchers et des abricotiers et je caresse des yeux, en passant, les abricots déjà mûrs, chair lisse que le soleil rehausse de grains de beauté noirs.

Colette, La retraite sentimentale, titre qui clôt la série des Claudine, p.150 – d’autres larges extraits à lire ici. – source de l’illustration et info sur le site de l’éditeur ici.

Colette est toujours au mieux de sa forme quand elle parle de nature, de jardins, de fleurs, de fruits ou d’animaux 🙂

17 commentaires sur « N comme nature, nature! »

  1. Les œillets d’Inde… il en poussait entre les pierres des murs du jardin en terrasse de ma grand-mère où les couleuvres paressaient au soleil…
    Et quelle empoisonneuse cette Colette, cultiver de l’aconit dans son jardin de curé !

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      1. il semblerait que ce soit ‘rompu’ dans le sens ‘interrompu’, si je comprends bien ce que dit cette chercheuse:
        « A travers un parcours initiatique semé d’embûches (« allées rompues », vigne vierge qui tend « ses avides crochets » -ibid.), les deux doubles descendent vers le jardin caché : la prolifération végétale – sur ce territoire traditionnellement maternel dans l’autobiographie – nie soudain la destruction intérieure. Claudine néglige ses « fleurs communes » (phlox, aconits, soucis, œillets d’Inde) et sélectionne pour son double une cueillette plus précieuse (roses) mais plus périlleuse. Comme Annie lui a fait don de son patrimoine natal, Claudine lui lègue son secret natal et la cueillette s’effectue par double interposé : « Elle prend de mes mains les roses que je lui tends » (ibid.). »
        https://hal.univ-rennes2.fr/hal-02499549/document

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  2. Ça, on ne peut pas dire qu’elle n’a pas trouvé d’intérêt à l’état de nature…
    Et elle a eu raison.
    Chaque fois que je vois cette image d’une des idoles de ma moitié (la meilleure moitié de moi-même…) je me rappelle qu’une de mes tante avait l’accent de Colette et qu Heure-Bleue avait la même coiffure (en plus désordonné parce qu’en plus frisé).

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  3. Merci d’avoir cherché et trouvé ! Une thèse sur Colette, auteure que je n’ai jamais lue puisque mon géniteur, qui lisait un livre tous les dix ans, estimait que ce n’était pas une lecture convenable (comme Émile Zola, Marcel Aymé et tant d’autres).

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  4. Honte sur moi, je n’ai jamais rien lu de Colette. A son propos je me souviens d’avoir vu à la télévision sa biographie avec Nadine Trintignant. Déjà à l’époque, je m’étais dit que je devrais la découvrir dans ses oeuvres. Comme quoi je manque de persévérance dans mes bonnes résolutions 😦 !

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