U comme une vie

C’est toute une vie qui a quitté l’appartement maternel samedi aux alentours de midi.

Dans de grands sacs poubelle de plastique noir, le brocanteur avait entassé pêle-mêle ce qui ne l’intéressait pas: petits pots avec couvercle, verre gradué, le pot dans lequel l’Adrienne adolescente préparait le milk-shake à la banane pour son goûter et celui du petit frère…

Un moment elle a hésité, allait-elle fouiller dans ces sacs pour en extraire encore une tranche de vie passée ou tout laisser partir?

Sur le dessus, il y avait la thermos rouge et blanc qui ne servait qu’en vacances. Celle dans laquelle le café avait un goût si infect.

Heureusement, le bouchon était introuvable 😉 Sinon, qui sait? l’Adrienne l’aurait « sauvée »…

***

placardée à la porte du living, une affichette prévient l’Adrienne qu’elle n’a le droit de ne rien emporter: « alles is verkocht« , tout est vendu…

20 commentaires sur « U comme une vie »

  1. Oh la la, le difficile moment, tout est dit, tout est accompli, certes, mais ce moment précis est terrible ;
    après nous prenons conscience que nous sommes bien peu de choses, et comme l’on se sent léger tout de même après le désencombrement !!! Bises ensoleillées dame Adrienne, paix à l’âme du bouchon de thermos. brigitte

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  2. Ah les objets souvenirs… Je n’en ai guère gardé de mes parents mais Marc a tenu à récupérer pas mal de choses après le décès des siens, des objets absolument dépourvus de valeur marchande mais chargés de souvenirs.
    Ceci dit son cas est différent, ta mère a seulement déménagé. 😉

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  3. Voilà, tu peux tourner la page. Je me rappelle très bien ces émotions-là, des dernières fois. La disparition de ces choses de notre passé nous rappelle notre condition d’êtres éphémères. Il y a pire que les sacs en plastique – voir Beckett, « Fin de partie ».
    J’ai gardé des objets du passé familial qui continuent leur chanson d’objets chez moi, ils me sont chers. Il y en a plein d’autres dans mes souvenirs, dans les albums de photos. La vie est un éternel mouvement. Et comme l’écrit Brigitte, se désencombrer fait aussi du bien. Un baiser amical.

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  4. Je garde un souvenir très pénible de la période où nous avons dû vider l’appartement de ma mère quand elle est entrée en maison de retraite.
    Tous ces objets dont personne ne voulait (par non envie ou par manque de place) et qui ont fini dans une benne devant la maison. Une bonne partie de sa vie, de son quotidien.
    Ta situation est différente mais je compatis.
    Bises

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  5. Parfois ça ne tient pas à grand chose
    Je ne suis pas très matérialiste mais sentimentale donc difficile de me séparer de ce qui touche au sentiment
    Bonne journée à toi Adrienne
    Ton texte est touchant

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