L comme libre

devoir de Lakevio du Goût_470.jpg

Quand le train arriva en gare, elle baignait dans une splendide couleur rouge de fin du monde.

Paul vérifia s’il n’avait pas un reste de sandwich mayonnaise au coin des lèvres, éteignit son téléphone et le glissa dans la poche de son imperméable.

Plus le temps de faire un tour aux toilettes pour un petit besoin ou un coup de peigne dans les cheveux. Il espérait que sa raie était restée impeccable.

Il prit le bouquet de petits œillets rouges, dont la fleuriste lui avait assuré qu’ils symbolisaient l’amour passionné et empoigna ses deux valises. Il n’avait jamais réussi à voyager léger, deux caleçons et une brosse à dents, ce n’était pas son truc.

Quand Véra lui sauta au cou, il put constater une nouvelle fois à quel point leurs creux et leurs courbes s’épousaient parfaitement.

– Libre! Enfin libre! riait-elle entre deux baisers, le sein palpitant, la gorge offerte.

Ah! si elle avait su que la chose était aussi simple, elle aurait pris plus tôt ces quelques cours de mécanique auto!

Dire qu’il avait suffi d’un tournevis!

***

Merci à Monsieur Le Goût pour son 48e devoir de Lakevio du Goût.

Mais que diable vient-elle d’apprendre ? Cette toile qu’on pourrait croire de Hopper si cette impression de joie ne venait assurer qu’il ne pouvait avoir peinte vous inspire-t-elle ? Si oui, il faudrait que vous y glissiez les mots :
Amour – Sandwich – Lèvres – Téléphone – Besoin – Tournevis – Caleçon – Seins – Gare – Cheveux – Toilettes.

42 commentaires sur « L comme libre »

  1. C’est un peu hors sujet mais, jeune, j’ai souvent rêvé qu’un homme puisse me soulever (ou moi me pendre à son cou) …ma trop grande taille, un obstacle.
    Merci, un texte qui m’a fait sourire ce matin.

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  2. Bravo, une fois encore dame Adrienne!
    J’ai vu le PV sur la valise, il m’a sauté aux yeux, il prenait la forme de Procès Verbal dans ce monde ultra sécuritaire que certains sont en train de construire, monde dans lequel on ne peut – ou pourra selon les lieux – se retrouver, se toucher, s’embrasser… à réfléchir tout de même. Bises du lundi, jour de la lune ou je pars me réfugier pour rejoindre « les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics… »… brigitte

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      1. c’est dur de ne plus toucher les gens. je n’aimais pas la bises sytématique mais là …c’est dur.
        Chouette devoir, comme d’ab !

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