C comme Comment résister?

Comment résister à l’attrait d’un livre signé Mwanza, le nom qu’on avait choisi pour parler du réfugié qu’on avait hébergé?

Impossible. Vous le comprenez sûrement 🙂

La Danse du Vilain, donc.

Il faut un peu s’accrocher au début, mais le tout est prenant, et pas seulement parce que l’action se situe principalement dans ce grand pays d’Afrique auquel tous les Belges sont plus ou moins liés, qu’ils le veuillent ou non.

Oui, les choix narratifs de l’auteur rendent la lecture un peu compliquée: on passe d’un lieu à un autre, souvent sans crier gare – Lubumbashi, au sud du Congo et Lunda Norte, au nord de l’Angola, deux importantes régions minières et entre les deux une frontière poreuse, a fortiori en temps de guerre – on fait un saut dans le temps, entre les années 80 et la fin du règne de Mobutu (1997), ce qu’on ne peut comprendre que si on connaît un peu l’histoire du pays.

Mais surtout, on passe d’un narrateur à un autre, ce qu’on ne saisit pas du premier coup: le « je » peut être Sanza, un gamin des rues, ou Franz, l’écrivain autrichien; le « nous » représente les Zaïrois, comme une sorte de chœur antique qui donne son opinion sur les événements… D’autres chapitres sont à la 3e personne, avec un narrateur omniscient.

Le tout baigne dans une orgie lexicale et stylistique, prenez par exemple l’incipit:

La Madone n’était pas une chipie sous l’emprise de l’alcool et autres breuvages sans posologie. Elle n’était pas une prophétesse de malheur et de scenarii sortis d’on ne sait quel caniveau. Même pas une vendeuse de rêves, d’espérances boiteuses, de chimères, et vous savez bien où mènent ces breloques quand elles n’en finissent pas de pleuvoir dans vos oreilles.

Fiston Mwanza Mujilla, La Danse du Vilain, éd. Métailié, 2020, p.11 (incipit)

Et qu’est-ce que ça raconte, vous demandez-vous.

Impossible à résumer, mais ça parle d’enfants des rues, de chercheurs de diamants, d’agents du service de sécurité, de gens qui survivent le jour et font la fête la nuit en dansant la rumba congolaise et qu’au Congo ta vie peut basculer d’un seul coup, dans un sens comme dans l’autre, selon les pouvoirs en place.

Plus d’info sur le site de Métailié et les dernières nouvelles de Lubumbashi ici.

25 commentaires sur « C comme Comment résister? »

      1. Strip-tease, le magazine qui vous déshabille, je connais, je l’ai vu quelques fois 🙂
        (et j’en connais encore la musique, je veux dire celle du générique ;-))

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  1. C’est surprenant, dès que j’ai lu « Lubumbashi » dans ton billet, un nom m’est immédiatement venu à l’esprit : Patrice Lumumba.
    Non parce que c’est aussi mon prénom mais parce que mon père a beaucoup parlé de cet homme.
    Merci de m’avoir rappelé si vivement mon père.

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  2. Je regarderai ça plus tard, pour l’instant je suis assez énervée :
    Wordpress m’a imposé un nouvel éditeur auquel je ne comprends rien.
    Pour revenir à l’ancien éditeur il faut passer à la version « business ». Et puis quoi encore ?
    Il me faudra du temps pour m’habituer ou alors je changerai de plateforme.
    Je renonce à publier pour le moment.

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    1. ah oui, j’ai bien été obligée de l’accepter, moi aussi…
      le seul truc que je n’ai pas retrouvé, c’est le lien vers les symboles, permettant de mettre un c majuscule avec cédille et autres choses du même genre

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      1. Ç suffit de maintenir en foncée la touche alt et de taper 0199 avant de la relâcher
        À c’est 0192
        É 0201
        œ 0156
        L’indispensable · (pour l’écriture bisexuée) 0183
        Sinon dans les programmes disponibles dans Windows (cliquer sur l’icone à l’extrême gauche en bas comme quand tu veux éteindre l’ordi), dans « Accessoires Windows », il y a un petit programme intitulé « Table de caractères » où tu peux soit sélectionner le caractère souhaité et le copier ou lire son alt code.
        Si tu veux plus de détails e-maile moi !

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      2. oui je connais ces techniques-là pour le ç majuscule, il m’est arrivé d’utiliser un de ces détours mais c’est plus contraignant que de l’avoir directement sous la main, en un clic (enfin, en deux clics ;-))

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