E comme Empire du Milieu

Hotel Quarantaine in Shanghai: 'Binnen zit de angst voor besmetting er goed in, buiten zie ik een wereld waar covid-19 niet bestaat'

Le Boeing 747-8 de Francfort atterrit à Shanghai avant l’aube. Je me sens vaseux, fatigué, comme d’autres passagers après un vol d’environ onze heures au cours duquel les lumières se sont rallumées toutes les quatre heures pour que le personnel de bord puisse prendre notre température, qu’il faut noter au dos de notre carte d’embarquement.

Voor dag en dauw landt de Boeing 747-8 uit Frankfurt in Shanghai. Ik ben suf en moe, net als andere passagiers, na een vlucht van een kleine elf uur, waarbij dan nog eens om de vier uur de lichten van de cabine aangaan en het boordpersoneel rondgaat om je temperatuur op te meten. « In order to comply with the rules of the People’s Republic of China », meldt de captain. Op de achterkant van je boarding pass moet je je temperatuur noteren. Ik weet ongeveer wat er me te wachten staat als ik als één van de eersten uitstap in Shanghai.

article complet ici

Celui qui parle est un sinologue Belge, il vit en Chine depuis 12 ans et tenait à y retourner, même s’il savait combien les formalités allaient être lourdes, compliquées, contraignantes. Tests en Belgique avant le départ, tests à bord, tests à l’arrivée et deux semaines de quarantaine dans un hôtel spécialement prévu pour cela, comme il le relate dans un second article. Car pour la Chine, explique-t-il, il n’est pas question d’immunité de groupe ni de limiter les cas, on veut carrément atteindre le zéro. Zéro cas de covid-19.

« Il parcourt le formulaire que j’ai dû compléter en ligne avant le départ. Où j’habite, si j’ai fréquenté des bars ou suis allé à des événements publics sans être masqué, etc. et en bas de page une note me prévient de poursuites judiciaires si je fournis des données incorrectes.
En Chine, ça ne rigole pas. »

Hij overloopt mijn gezondheidsverklaring die ik vooraf online had doorgegeven. Waar ik woon, of ik bars heb bezocht de laatste weken of naar openbare evenementen was gegaan zonder mondmasker, en zo verder, met de noot onderaan op het formulier dat foutieve info verstrekken strafrechtelijk vervolgd kan worden. China lacht er niet mee.

Zhengchang, tout est normal. Ce sont les seules paroles que j’entends sur une journée et mes seuls contacts humains […] à neuf heures et à quatorze heures, après un grand coup frappé à la porte.

Zhengchang ah, alles normaal.’ Het zijn de enige twee woorden die elke dag tegen me worden gesproken en dus ook meteen het enige menselijke contact. Dat op zich valt al bezwaarlijk normaal te noemen, maar alles went. Deze minidialoog speelt zich elke dag klokvast om 9 uur en om 14 uur af. De aankondiging van dit dagelijks ritueel is een hard gebonk op de deur.

Jusqu’à présent la Chine ne rapporte que 85 372 cas de Covid-19 dont presque 80% se situent dans la province de Hubei avec Wuhan comme épicentre. Shanghai compte 997 cas dont 90 sont des gens arrivés de l’étranger. Alors que c’est une métropole de 34 millions d’habitants. Même si ces chiffres étaient incomplets on peut tout de même affirmer qu’il n’y a pas de véritable irruption de la maladie.

China rapporteerde tot nu toe 85.372 gevallen van Covid-19, maar net geen 80% van die gevallen waren in de provincie Hubei, met de provinciehoofdstad Wuhan als epicentrum. Shanghai telt in totaal 997 gevallen waarvan ongeveer 90 mensen die positief testten bij aankomst uit het buitenland. En dat voor een metropool van 34 miljoen mensen. Zelfs al zouden die cijfers onvolledig zijn, dan is het nog steeds veilig om te stellen dat Shanghai nooit een serieuze uitbraak heeft gekend.

Il m’arrive de regarder par la fenêtre pour voir un peu de ‘vie normale’. Dans le bloc commercial d’en face, des étudiants viennent prendre leurs repas et sans doute aussi des bières, vu le bruit jusqu’à deux heures du matin. Je compte les masques: jamais je ne suis arrivé à plus de deux pour cinquante personnes, y compris les serveuses. Je vois peu de signes d’une ‘nouvelle norme’ ou d’une vie avec le Covid-19, comme en Occident, mais un monde où ce covid n’existe pas.

Op dode momenten staar ik uit het raam om een blik op te vangen van het normale, dagelijkse leven. In het commerciële blok tegenover me komen de studenten van de campus hun maaltijden nuttigen en, gezien het lawaai en gebral tot 2 uur ‘s nachts, vermoedelijk ook hun pintjes drinken. Ik tel het aantal gedragen mondkapjes: nooit meer dan twee op vijftig mensen geteld, inclusief de diensters van het restaurant. Ik zie weinig sporen van een « nieuw normaal » of « leven met Covid19 » zoals in het Westen, enkel een wereld waar covid-19 niet bestaat.

Un test négatif est la seule chose qui me sépare encore d’un retour au monde extérieur. Le 12e jour la brigade de testeurs frappe à ma porte sans s’être annoncée. On me dit d’arrêter la clim, d’ouvrir les fenêtres et de m’asseoir avec le dossier de la chaise tourné vers le couloir. J’étais en pleine ‘conference call’ avec une entreprise de Singapour et j’ai pu la poursuivre après avoir reçu deux bâtonnets dans le nez et un dans la gorge. Le verdict et mon éventuelle attestation de sortie suivront après-demain.

Een negatieve coronatest afleggen is alles wat me nog scheidt van een terugkeer naar de buitenwereld. Op dag 12 wordt op mijn deur geklopt door de Covid testbrigade die onaangekondigd kamer per kamer afgaat om stalen af te nemen. Ik krijg de instructies om de airco uit te zetten, het raam te openen en mijn stoel met de rugleuning naar buiten gericht in het deurportaal te plaatsen. Ik had mijn conference call met een Singaporees bedrijf onderbroken, met de melding dat ik even een Covid test moest gaan afleggen. Twee staafjes in de neus en één in de keel later vervoeg ik de vergadering, tot complete verbazing van mijn gesprekspartners. Het verdict en mijn eventueel vrijlatingsattest volgen overmorgen.

Poursuivre le voyage jusqu’à ma destination finale à Chengdu n’est pas une option parce que cette ville exige une quarantaine de sept jours chez soi – avec l’appartement sous scellés – en plus des quatorze qu’on a déjà passés et je n’ai pas envie d’avoir un affichage à ma porte « ici vit une personne présentant un risque de contagion ». Je préfère une autre façon de faire connaissance avec mes nouveaux voisins et resterai donc encore un peu à Shanghai.

Doorreizen naar mijn eigenlijke eindbestemming – mijn nieuwe stek in de stad Chengdu – hou ik nog even af. Het stadsbestuur eist er immers na 14 dagen hotelquarantaine nog 7 dagen thuisquarantaine, waarbij je appartement wordt verzegeld. Ik stel me de waarschuwingsborden al voor: « Hier woont een mogelijk besmettingsgevaar! » Ik kan me toch een betere kennismaking met mijn nieuwe buren voorstellen. Ik blijf dus best nog even in Shanghai.

Extraits du second article qu’on peut lire en entier ici

16 commentaires sur « E comme Empire du Milieu »

  1. Ben oui, ces braves Chinois ne veulent pas qu’on leur ramène ce qu’il nous ont envoyé, selon la formule commerciale bien connue : les marchandises ne seront pas reprises. 🙂

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  2. L’efficacité des régimes totalitaires ? Au début de la pandémie, au contraire, le régime chinois a verrouillé l’information, tardé à réagir, emprisonné des lanceurs d’alerte (médecins), et puis a réagi, enfin, mais trop tard. Le virus a pu s’échapper dans le vaste monde.

    A part ça, l’article est impressionnant et glaçant.
    Avant que ça n’arrive à Bruxelles, je chercherais une petite maison tranquille dans un village reculé, avec la nature autour, et je me ferais livrer mes provisions ;o)

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    1. il a pour ça de nombreuses raisons: il est sinologue, sa vie est là-bas depuis 12 ans, sa compagne aussi (elle est Chinoise), son travail consiste à mettre en rapport des industriels occidentaux et chinois…
      (oui j’ai vu, merci pour les explications!)

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  3. Tolérance zéro pour le coronavirus, une organisation et une discipline collective étonnantes en comparaison des manières de faire occidentales. A quel prix ? Quelle en est la face cachée (je pense à tous ces enfants cachés et sans droits nés pendant la politique de l’enfant unique) ?

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    1. au début de la pandémie j’avais lu d’autres témoignages de gens qui racontaient en quoi consistait le confinement en Chine, ça ne rigolait pas non plus (et ça donnait du travail à une foule de gens, rien qu’avec les ‘geôliers’ pour contrôler que personne ne sortait de son appartement ;-))

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  4. J’ose espérer que ceci n’est pas notre avenir… Je reste sidérée par ce que nous vivons tous de par le monde, là c’est le pompon !!! Allez dame Adrienne, courage, rions et dansons encore, on ne sait pas de quoi sera fait demain. brigitte

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    1. ce qui me sidère tout autant, c’est que nous sommes à l’autre extrémité… j’appréhende par exemple mon cours du soir (ce soir) où un laxisme s’installe alors que j’aimerais qu’on garde ses distances et le masque…

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  5. Enfin ! Un peu de temps pour une visite dans ton univers !
    « Quand la Chine s’éveillera… le monde tremblera » écrivait Alain Peyrefitte. Notre arrogance de puissance mondiale (à l’époque) nous a aveuglés
    Deux mondes, deux philosophies.
    Ce récit est glaçant pour nous occidentaux individualistes.
    Il y a encore dix ans j’aurais parié que ce type de société n’avait aucune chance chez nous, depuis septembre 2017 j’en suis moins sûre et ce n’est pas « l’avènement » de la 5G qui va me rassurer.
    Il n’en reste pas moins que masquer le virus ne résout pas le problème qu’ils ont généré.
    Passionnant et glaçant cet article !
    Bisous

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    1. il y a longtemps que je ne jure plus de rien 😉
      je nous crois tous capables du pire, d’est en ouest et du nord au sud, nul n’est meilleur qu’un autre…
      mais en effet, comment ce monde va évoluer, je me le demande, non sans appréhension, pour diverses raisons dont la principale, pour moi, est la montée des nationalismes
      d’est en ouest et du nord au sud, sans exception

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