X c’est l’inconnu

Deux jeunes collaboratrices de l’association qui s’occupe des quartiers défavorisés ont lancé un projet lors du confinement printanier.

Elles ont sélectionné dix-sept personnes qui acceptaient de tenir un journal pendant deux semaines et ont guidé leur écriture à l’aide de quelques questions.

Elles en font le bilan aujourd’hui pour envoyer leurs conclusions aux responsables politiques de la ville et de la région.

Ces gens-là ne savent-ils donc pas qu’il y a des habitants en situation précaire?
Si, bien sûr.

Ne savent-ils pas ce que c’est que de vivre au jour le jour avec de trop petits moyens financiers?
Si, ils le devraient, en tout cas.

Alors? direz-vous.

Alors, il est important de leur remettre le nez dans cette réalité trop souvent occultée ou rejetée.
Et de voir comment de petites choses simples peuvent améliorer la situation.

Important de leur donner des exemples concrets.
De vraies tranches de vie de gens qui se débattent pour survivre et qui ont dû, en plus de leur précarité ‘habituelle’, gérer les problèmes qui se sont ajoutés à cause du confinement: la perte du petit boulot, la garde des enfants, le suivi de leur travail scolaire…
Des mamans qui ne maîtrisent pas nécessairement l’outil numérique, qui sont le seul gagne-pain, qui vivent dans une petite maison insalubre, sans terrasse ni jardin.

Car comme l’écrit une des participantes: « Personne n’est au courant de ma situation. Il y a des années que je gère tout ça toute seule. »

26 commentaires sur « X c’est l’inconnu »

    1. Une des choses qu’il faut leur dire, c’est que leurs communications n’arrivent pas chez les plus démunis, depuis qu’elles ne se font plus sur papier…

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  1. Une excellente initiative, oui, on ne peut qu’espérer que les décideurs prennent le temps de lire.
    Un peu hors sujet mais pas vraiment, le livre de Paolo Rumiz, « On dirait que l’aube n’arrivera jamais », un journal du confinement vraiment recommandable.

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  2. Certes, l’initiative est plus que louable, et j’applaudis à deux mains, mais si nos responsables politiques ont à ce point besoin qu’on attire leur attention sur les problèmes rencontrés par leurs administrés (voire leurs électeurs), n’est-ce pas le signe qu’ils ne sont pas à leur place ?

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    1. honnêtement, qui de nous sait vraiment ce qu’est la précarité, ce que ça représente au quotidien?
      même moi, je restais encore toute saisie quand une élève me confiait qu’elle n’avait pas les deux euros nécessaires pour une sortie scolaire…

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  3. La lueur d’espoir, c’est que ces voix arrivent encore à parler, à dire leur détresse, à trouver quelques relais. Ma crainte, hélas fondée, est que peu à peu elles se taisent, étouffées sous une chape d’indifférence.

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    1. dans ma ville on est vraiment très organisé pour ce genre de problème (aider avec la paperasse, aider à trouver son chemin dans les aides existantes, organiser des activités pour les enfants, pour les adultes, faire du soutien scolaire et j’en oublie)
      et on implique nos responsables communaux, on le leur met constamment sous le nez

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  4. Heureusement que les plus pauvres ont la fbre, un abonnement Internet et un budget réservé aux télécommunications suffisant pour expliquer, grâce à un ordinateur assez puissant ou un smartphone à 1.300 € pour dire à ceux qui sont censés les écouter tous les problèmes qu’ils affrontent.
    Je me moque mais je me demande si les « gens d’en haut » n’en sont pas à ce point d’ignorance d’une grande partie de ceux qu’ils disent gouverner.
    Être le meilleur à l’école et se l’entendre dire toute son enfance et sa jeunesse conduit à des erreurs de jugement dramatiques.
    Tous ces gens finissent par être persuadés que quand ça ne se passe pas comme prévu, ce sont les évènements qui se sont trompés, que c’est la réalité qui a tort…

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    1. oui une maman raconte qu’elle a acheté un smartphone (à crédit) pendant le premier confinement, pour pouvoir recevoir les messages, tâches et petites vidéos qu’envoyaient les instits de ses enfants…

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  5. Le mouvement des gilets jaunes chez nous était le fait de gens qui avaient de vrais problèmes mais faut voir comment nos chers médias les présentaient.
    Il n’y a pas que les « élites » qui sont hors sol, nos médias, flagorneurs avec les puissants, méprisants avec les faibles, ne sont pas en reste!

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  6. Une belle initiative, les témoignages ont une force que les chiffres n’ont pas nécessairement et en plus, cela montre beaucoup d’empathie envers des personnes terriblement isolées dans leurs difficultés.

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    1. Oui, c’est ce que les participants disent, le journal et son suivi ont fait qu’ils ne se sont pas sentis oubliés, ça les a aidés psychologiquement

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