R comme rêve de lectrice

Quand à l’âge de douze ans elle a enfin été autorisée à s’inscrire à la bibliothèque communale, elle a décidé d’en lire systématiquement tous les ouvrages: École des Loisirs, Collection Rouge et Or, Bibliothèque verte – et même la Rose, dont elle avait passé l’âge.

Des pages pleines d’évasion, de rêve, de contes, de rires et de larmes, qu’elle dévorait jusqu’à la dernière virgule.

Pages qui seraient la cause, selon sa mère, qu’elle aurait bientôt les yeux complètement usés.

Deux ans plus tard, elle pouvait passer du côté « adulte » et là elle a dû s’avouer vaincue: même en y occupant toutes ses soirées, jamais elle ne pourrait en arriver au bout.

Ce qui ne l’empêche pas d’essayer, bien sûr 🙂

***

texte écrit pour Les Plumes d’Émilie – merci Émilie! – avec les mots imposés suivants: BIBLIOTHÈQUE – PAGE – VIRGULE – ROSE – CONTE – AUTODAFÉ – ÉVASION – USÉ – LIRE – LIVRER – LOISIR et pour ceux qui le souhaitent, 3 mots supplémentaires : OCCASION – OCCUPER – OCCULTE

***

je n’ai pas utilisé autodafé parce que je n’ai pris connaissance de ce mot qu’à 18 ans, chez Ghelderode – merci professeur Beyen – et que cette anecdote aurait trop rallongé le texte 🙂

48 commentaires sur « R comme rêve de lectrice »

      1. Quand j’étais bien jeune, j’ai aussi entendu cette mise ne garde : « il fait sombre ici et tu lis, tu vas t’abîmer les yeux »…. C’est peut-être parce que les gens d’un « certain âge » (au moins 40 ou 50 ans) sont souvent presbytes, ce qui ne leur permet pas de lire de près, et encore moins dans une faible lumière ?

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      2. ah oui! c’est amusant ta remarque, ça me rappelle une petite phrase de ma grand-mère Adrienne quand je continuais à lire malgré la pénombre « ge kijkt met uw putten » 🙂
        je crois qu’on pensait que tout ce qui s’utilise, s’use, et on le pensait en particulier pour les yeux, sans doute comme tu le suggères parce qu’on s’en rendait compte en prenant de l’âge 🙂

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  1. Tiens ! Moi aussi j’ai été un rat de bibliothèque et tu me fais souvenir de mes vacances à La Panne où durant mon séjour, j’achetais des livres d’occasion chez le « bouquiniste » de la digue, livres que je lui revendais (à perte évidemment) dès que je les avais lus. 😉
    Tu as bien fait de ne pas écouter la Folle et son « Les Combustibles » et de laisser tomber l’autodafé !

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      1. J’ai mis longtemps avant d’apprendre quelle était l’étymologie du mot « autodafé » : « acte de foi », via le latin et le portugais (« auto da fé »).

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  2. Ha, les livres! Etant une fille (pas très utile dans une ferme, et puis c’était dans les années 60…) avec deux frères aînés, je ne pouvais pas me rendre à la bibliothèque du village, c’étaient mes frères qui étaient censés en ramener pour moi. Hélàs, la moitié du temps ils m’oubliaient, le quart du temps ils me ramenaient des livres qui ne m’intéressaient pas du tout (style « Quo Vadis », où je ne suis pas arrivée plus loin qu’une dizaine de pages) et l’autre quart, ils me ramenaient des livres que j’avais déjà lus (j’ai l’impression que Quo Vadis a traîné des années chez nous). Résultat des courses, j’étais très frustrée et jalouse des autres élèves qui lisaient « Le Club des Cinq » ou autres livres sélectionnés pour eux. En humanités, il y avait une bibliothèque, j’ai lu beaucoup de livres de cette bib, mais j’ai toujours eu une faim de lecture et une frustration de ne pas pouvoir lire TOUS les livres (je t’entends dire « bienvenue au club » 🙂 ).

    Les « tu vas user tes yeux », je l’ai entendu des milliers de fois, je crois… Ou « ge gaat u zot lezen »… quoique, là,… 🙂 )

    Bonne journée, Adrienne!

    lulu

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    1. ohlala quelle frustration, en effet! et quel mauvais système (j’imagine… si j’avais dû compter sur mon frère pour mes lectures… lui qui ne lisait rien! qu’est-ce qu’il m’aurait rapporté?)
      et oui, bienvenue au club!
      et contente d’avoir de tes nouvelles!
      bises, bon week-end

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  3. Comme toi j’ai dévoré toutes les bibliothèques roses, vertes et autres…et, à la suite de je ne sais plus du tout quels livres-série, j’avais décidé, comme l’héroïne, de devenir infirmière-parachutiste…ce qui faisait beaucoup rire ma famille.
    Les écrans usent bien plus les yeux que les livres….bon samedi dame Adrienne.

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  4. Le monde merveilleux de la bibliothèque, j’ai connu ça aussi!
    En étant moins méthodique que toi quand même dans mes choix de lecture…
    Au début, celles des adultes et des jeunes n’étaient pas séparées. Le vieux bibliothécaire à barbe hirsute ne s’occupait pas vraiment des enfants qui avaient juste quelques caisses et rayonnages pour eux.
    Quand celle pour les enfants a ouvert, il y a eu beaucoup plus de choix, mais les ‘dames de la bibliothèque’ s’entêtaient à vouloir me parler, me poser des questions, me conseiller… Mon extrême timidité et moi, on n’aimait pas du tout ça!!

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  5. Vers 12 ans j’ai été inscrite à la bibliothèque municipale mais on n’avait droit qu’à deux livres tous les 15 jours. Alors j’ai inscrit mon père et ma mère pour en avoir 6 mais ce n’était guère suffisant… La bibliothécaire m’a prise en pitié et changé mes livres toutes les semaines en fermant les yeux sur le règlement.
    J’avais laissé tomber la bibliothèque rouge et or et la verte et je m’étais prise de passion un moment pour la SF… avant de revenir à la littérature « générale ».

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  6. Sans les livres et les bibliothèques, las ! « Que fussé-je devenu » ?
    Et je suis loin d’en être sorti ! Mais qui le demanderait ? Un qui rêve d’autodafé ?

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  7. Cela laisse rêveur. Ou rêveuse.
    J’avais de la chance, puisque nous avons eu la bouquinerie des Petits riens… (mais on aurait pu mieux en profiter), la bibliothèque de la Trinité d’abord (mais il fallait choisir dans le catalogue… et réserver… et c’était au sous sol, pas terrible), puis la bibliothèque d’Ixelles, qui était très chouette.
    Mais loin. Au terme d’une montée assez costaude. Je pouvais prendre 4 livres…

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  8. Quel plaisir de rencontrer des gens épris de lecture. Aussi loin que je me souvienne, dès que j’ai su lire, je crois, et probablement même avant, j’ai adoré les livres. Mais il n’y avait chez moi rien de systématique dans les choix, plutôt une boulimie incontrôlable, j’écumais les bibliothèques de tous ceux chez qui mes parents m’emmenaient, je chipais des livres à mon père, que je lisais en cachette toute la nuit, sous ma couverture. Sans le moindre égard pour l’âge auquel les livres étaient censés être lus ni pour leur qualité supposée, je dévorais tout. Sans tv ni internet, je suivais les adaptations radiophoniques; j’entends encore l’écho du Mystère de la chambre jaune, que j’ai ensuite lu et relu. Adulte, ma maison a toujours été pleine de livres, dans le moindre recoin, jusque dans un vieux frigo désaffecté.
    Comment peut-on vivre sans livres, se priver d’une telle richesse ?

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    1. je pensais que sur ce blog c’était clair depuis longtemps que la tenancière et plusieurs de ses commentateurs sont des amoureux des livres 😉
      nous n’avions pas non plus la télé, mon père refusait d’en acheter une aussi longtemps que mon frère et moi étions à la maison, donc le soir nous écoutions la radio et là je pouvais enfin lire (le reste du temps devait être consacré à de l' »utile », ma mère considérait la lecture comme le summum de l’oisiveté-mère-de-tous-les-vices…)
      le temps de lecture était toujours du temps volé
      (et le comble c’est qu’avec mon frère, c’était le contraire, elle aurait fait n’importe quoi pour qu’il lise un livre ;-))

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      1. En même temps, tout ça fait que j’ai trop de livres, et que j’essaie de m’en débarrasser, souvent, par exemple en les portant à la librairie de seconde main, excellente, Nijinski, à Ixelles, j’en obtiens des bons d’achat, et donc de temps en temps, je ramène d’autres livres ;o)

        Je relis rarement mes livres (alors que je revois fréquemment un DVD, mais ça ne prend que deux heures, au maximum), et pourtant je les garde, surtout ceux que j’ai le plus aimé, évidemment.

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      2. oui beaucoup de livres, et c’est vrai ceux que j’ai aimés, soit je les garde, soit je les prête (ce qui est une façon de les perdre ;-)) et seuls les rares que j’ai moins aimés, je les mets dans les boites à livres ou je les donne au ‘kringloopwinkel’ mais le jour où je redéménage, un « mur à livres » sera une des priorités 😉

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  9. J’ai eu accès aux bibliothèques dès six ans !
    Celle de l’école, puis celle du lycée, puis celle de la fac et celle des centres où j’ai travaillé.
    Puis, je me suis marié avec une libraire… 😉
    Plus exactement, je suis tombé dans les rets d’une femme qui devint libraire.

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    1. j’avais douze ans parce qu’il m’a fallu des années avant que ma mère accepte que je m’y inscrive (ce qui explique que je me suis attaquée à la section enfantine avec ce sentiment d’un gros retard à rattraper au plus vite ;-))
      très bonne idée, d’épouser un(e) libraire! je regrette de ne pas l’avoir eue 😉

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