D comme dédale

Vous connaissez Jean-Pierre Duprey?

Ce nom ne disait rien à l’Adrienne quand elle a été happée par une citation d’un de ses poèmes, trouvée dans un livre de Hubert Haddad:

« Moi, je me mystère, je me mystère…
M’expliquant à la forêt, aux arbres en creux, aux oiseaux vides, hurlant avec la peau du loup dont je rêve les dents…
 »

C’est le genre de petites phrases qui donne très envie à l’Adrienne de se mettre à les traduire.

Hélas, comment traduit-on le surréalisme?

« Ik, ik mysterie mezelf, mysterie mezelf…
Leg me uit aan het woud, aan de holle bomen, aan de lege vogels, huilend met de wolvenhuid wiens tanden ik droom…« 

Quelqu’un s’y est essayé en anglais, et on peut se demander pourquoi – délibérément – le traducteur a enlevé tous les doubles fonds, les jeux de mots et autres connotations:

« I mystify, I mystify myself…
Explaining the situation to the forest, to the dugout trees, to the stuffed birds, howling, wearing wolf skin, that skin whose teeth have come to me in a dream…
 » (source ici)

***

Dans la vidéo ci-dessus, l’intéressant témoignage du frère de l’auteur. Et beaucoup d’autres.
Quelques poèmes à lire ici.

20 commentaires sur « D comme dédale »

  1. Le traducteur anglais illustre la célèbre phrase « traduttore, traditore ». Vous, en respectant le texte, vous respectez le poète, c’est beaucoup mieux.

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  2. Tout à fait d’accord avec Mme Chapeau et avec ta traduction fidèle au mots de ce monsieur dont je n’avais jamais entendu le nom moi non plus.
    Le traducteur anglais en s’est sans doute pas senti à l’aise avec ces images surréalistes….qui sait ?

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  3. Jamais entendu parler de ce Duprey (et je dois bien avouer que les zélateurs de Breton ne m’ont jamais beaucoup passionné). Quant à traduire le surréalisme… je ne connais que la langue de la raison, alors !

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  4. En ouzbek, toujours grâce à Google Traduction, c’est très beau (et surréaliste) aussi :

    « Men, o’zim sirman, o’zim ham sir …
    O’zimni o’rmonga, ichi bo’sh daraxtlarga, bo’sh qushlarga tushuntiraman, tishlari orzu qilgan bo’ri terisidan uvillash »

    Evidemment, ce sont les tournures de phrases de Tachkent ; à Samarkand c’est un peu différent…

    Aimé par 1 personne

    1. c’est vrai que ce ne sont pas ces trois malheureuses petites lignes qui lui font le plus honneur, mais c’est par elles que je l’ai « découvert » 😉
      (et d’ailleurs je ne classerais pas sa poésie sous le titre surréaliste, mais bon bref, d’autres le font, des gens qui aiment tout classer et étiqueter, probablement ;-))

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  5. Dans l’autre sens, traduire les chansons anglaises ou américaines qui vous ont accompagné·e et se rendre compte de leur ineptie, de leur narcissisme ou de leur n’importe quoi, ça laisse bien du champ libre à la déconnade. Donc oui, vive la trahison !

    P.S. Déjà traduire « Sisters of mercy » par « les soeurs de la miséricorde » n’est-il pas fautif . Et il savait compter ses pieds, Graeme Allwright, en fonction du nombre de notes ?

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      1. oui débilissime, c’est ce qui m’a déçue avec des chansons des Beatles, même
        on vit dans un sous-marin jaune 😉
        (les soeurs de la miséricorde, mince! trop rigolo 🙂 c’est le nom de l’ordre qui vit dans ma ville :-)))))))

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