Question existentielle

La citation se trouvait sur un calendrier et voilà des semaines, des mois qu’elle turlupine l’Adrienne.

Elle est prononcée par Orson Welles dans The third man (voir la vidéo ci-dessus) et serait de lui. Graham Greene, auteur du livre, et Carol Reed, réalisateur du film, confirment que Welles pouvait ‘meubler’ ici et là un vide dans le scénario par des phrases de son propre cru.

Soit.

« In Italy, for 30 years under the Borgias, they had warfare, terror, murder and bloodshed, but they produced Michelangelo, Leonardo da Vinci and the Renaissance. In Switzerland they had brotherly love, they had 500 years of democracy and peace – and what did that produce? The cuckoo clock. »

« En Italie, pendant trente ans sous les Borgia, il y a eu la guerre, la terreur, le meurtre et le sang versé, mais le pays a donné Michel-Ange, Léonard de Vinci et la Renaissance. En Suisse, il y a eu cinq cents ans d’amour fraternel, de démocratie et de paix – et qu’est-ce que ça a donné? La pendule à coucou. » (traduction de l’Adrienne)

Ne trouvez-vous pas, vous aussi, qu’il y aurait beaucoup à dire là-dessus?

A commencer par la paternité des pendules à coucou, qui seraient originaires de la Forêt Noire.

Ou jetez un œil à l’histoire de la Suisse, qui est bien loin d’avoir été un long fleuve tranquille…

Et pour terminer, examinez la question existentielle que pose Harry Lime en disant cela: est-ce que vraiment l’art et la culture fleurissent mieux sous le despotisme, la guerre et la violence?

34 commentaires sur « Question existentielle »

  1. C’est une bonne question. Vivre par temps de pandémie, c’est difficile aussi. L’avenir nous dira si l’art et la culture auront mieux fleuri grâce à elle.

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  2. Je dirais bien qu’il ne faut pas écouter les Américains, mais peut-être que ces familles de tyrans amassant des fortunes veulent s’entourer de faste et favorisent le travail des artistes… 😉

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  3. L’art a différentes sources, il me semble, il y a des artistes qui ont besoin de souffrir pour créer et au contraire, d’autres, qui ont besoin de confiance et de quiétude… Ce matin je serai riche d’un oiseau chanteur et de délicieux petits suisses, des éléments qui favoriseront ma créativité du jour, merci dame Adrienne, que ta journée soit douce. brigitte

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      1. Chère Adrienne, je cherche, je cherche, mais je ne vois pas de rival à Michel-Ange ces dernières années. A moins, peut-être, du côté des cinéastes comme Visconti ou Werner Herzog… qui appartiennent malheureusement déjà au passé.

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  4. Ce n’est pas sympathique pour les artistes suisses, je pense tout de suite à Giacometti en lisant cela.
    J’ai souvent lu que les situations de crise seraient plus fécondes, je peux imaginer que plus on interdit l’expression, plus la créativité est stimulée. En tout cas, « Le docteur Jivago » est indissociable de la révolution russe. Pasternak est resté en Russie, mais que de créateurs russes aussi en exil !

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    1. c’est une idée qui n’est apparue qu’avec le romantisme, donc j’ai un gros doute là-dessus 😉
      et oui, c’est tout à fait choquant pour la Suisse
      Et c’est une blague récurrente, je l’ai entendue aussi chez un comique français – je ne sais plus lequel – que la seule chose que les Suisses avaient inventée, c’était le couteau…
      mais bon, on sait d’où ça vient, n’est-ce pas, ce genre d’humour, on a l’habitude, même si moi je ne m’y habituerai jamais, je le crains 😉

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  5. Le sommet a été atteint, à mon avis, quand je suis allé manger, à deux reprises, dans une pizzeria près de la gare du « Quartier Léopold ». Cette pizzeria (très bonne, d’ailleurs, mais disparue depuis) s’appelait : « Le rompit ».

    Lors de ma deuxième visite, j’ai demandé au patron d’où venait ce nom, disons, étrange.
    Ça a donné ce dialogue :

    – Pourquoi votre restaurant s’appelle-t-il « Le Rompit » ?
    – Ah ça ! C’est un très ancien fromage.
    – Ah bon ?
    – Oui, on en parle d’ailleurs dans la Bible.
    – Dans la Bible ?
    – Ben oui : « Il prit le pain et le rompit ».
    – …. (les bras m’en sont tombés)

    Il a poursuivi :
    – J’avais choisi le nom et un copain m’a dit : « tu n’oseras jamais ». Le lendemain, la pancarte était en place…

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  6. Oui, c’est authentique ! Mais je suis allé voir sur le net : ce jeu de mot existait déjà. Peut-être que le patron de la pizzeria l’a pêchée quelque part ; encore que c’est possible que ce soit une invention personnelle de sa part.

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