L comme lichette

Le père, on l’a déjà dit ici, c’est celui qui est passionné de gastronomie et compulse ses bibles culinaires pour en extraire tous les repas de fêtes de la famille élargie: chacun.e compte sur son savoir-faire pour rendre gustativement inoubliables les réveillons, les communions, les anniversaires du filleul et autres réunions autour d’une table.

Dans la cuisine, l’Adrienne a toujours été son son petit second et le voyait peser, mesurer, compter, vérifier.
« La gastronomie est une science exacte », disait-il.

Puis il y a eu belle-maman, qui avait aussi sa réputation de fine cuisinière à tenir.
Qui pesait à peu près.
Oubliait de regarder l’heure.
Prétendait voir quand un mets était prêt.

L’Adrienne souriait et se disait qu’elle avait trouvé là l’exact opposé de son père.

Mais elle se trompait.

Elle s’en est rendu compte le jour où elle a assisté à la confection du cozonac de Nouvel An chez l’amie Violeta, et ça s’est confirmé avec la baklawa.

Oui, il y a une recette, des ingrédients à peser et à mesurer.
Mais on ajoute un peu plus de ceci.
Puis de cela.
Pour compenser.
Parce que c’est devenu trop sec.
Ou trop liquide.
On goûte.
Y a-t-il assez de sucre?
Non, il n’y en a jamais assez 🙂
On en rajoute.
On regoûte.
On fait goûter.
On rajoute.

Et c’est ainsi, que de lichette en tantinet, de soupçon en larme ou en nuage, on devient la reine du pifomètre.

***

écrit pour le Défi du samedi: Lichette, ribambelle et fifrelin.
Merci Maître Walrus!

22 commentaires sur « L comme lichette »

  1. Chez moi, c’était mon père qui cuisinait au pifomètre 🙂 Autant ça pouvait marcher pour les plats salés, autant c’était un vrai fiasco en pâtisserie.
    Bon dimanche Adrienne 🙂

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    1. je pense aussi qu’en pâtisserie l’à-peu-près fonctionne moins bien 😉
      mais (je ne sais pas pourquoi) mon père ne faisait pas de desserts, qu’il aimait pourtant bien manger!
      merci, bon dimanche!

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  2. Ah oui, le pifomètre vient après des années d’expérience, de pratique. Bravo pour lichette, pas facile à caser.
    je ne connaissais pas le (ou la) Baklawa: amandes, pistaches, mile et une lichette d’eau de rose…miam.

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    1. en Roumanie c’était uniquement miel et noix (peut-être parce qu’à l’époque il y avait encore une vraie disette, un vrai manque de tout! et la ménagère comme Violeta devait se procurer les ingrédients par le troc: un ami a un noyer, un cousin a du miel…)

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  3. « Y a-t-il assez de sucre?
    Non, il n’y en a jamais assez 🙂
    On en rajoute.
    On regoûte.
    On fait goûter.
    On rajoute.

    Et c’est ainsi, que de lichette en tantinet, de soupçon en larme ou en nuage, on devient  »
    Diabétique ? 😉
    Cela dit, les baklavas, c’est mortel !
    Je n’en ai jamais connu de meilleurs que ceux achetés sur un marché « yougo » à Château d’Eau.
    Non de dieu ce délice !

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    1. « il fut un temps » où on croyait que le sucre était non seulement bon, mais indispensable…
      j’ai mangé des baklawa à tomber raide morte de jouissance sur le trottoir d’Istanbul 😉

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      1. Bon, en réalité je voulais dire « Nom de dieu ! »
        Mais je comprends tout à fait ce que tu veux dire.
        J’ai encore une déception en Bosnie Herzégovine où on est allé et où j’attendais ces baklavas avec impatience.
        Las, le type qui les faisait dans ce restaurant de Tuzla est tombé malade quand on y est arrivé…

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