C comme cabinet

Quelle bonne surprise! s’écria Mme de B*** en entendant la voix de l’aîné de ses petits-fils à l’interphone.

Le temps qu’il arrive au troisième étage, mille pensées avaient assailli son cerveau. Aussi, dès qu’elle lui ouvrit la porte, elle l’accueillit d’un:

– Que me vaut l’honneur de ta visite?

Ce qui sembla un peu le désarçonner. Jamais Guillaume n’avait été très bon comédien.

– Et bien, je viens te faire un petit coucou…, essaya-t-il.
– Oui, oui, comme tu le fais régulièrement, n’est-ce pas? Tous les trente-deux du mois? Et justement on est le 32 aujourd’hui!

Guillaume essaya de sourire.

– Je sais, tu as raison, je viens trop peu. Le travail…
– Allons, je te taquine, mais je suis tout de même contente de te voir. Raconte-moi ce qui t’amène! Je nous fais un café.

Guillaume se laissa tomber dans un fauteuil en soupirant. Il ne savait pas trop par quel bout commencer. Avec sa grand-mère, la manière directe serait sans doute la meilleure.

Quand elle revint avec deux tasses, il se lança:

– Et bien voilà, je viens de visiter un local qui conviendrait très bien pour y installer mon cabinet dentaire…

Madame de B***, qui avait déjà deviné quelle serait la suite, ne fit rien pour l’aider. Elle regardait sa tasse et prenait une petite gorgée de café. Avec précaution. Il était encore un peu trop chaud.

– Tu comprends, j’ai 27 ans et j’aimerais m’installer à mon compte au lieu de continuer à travailler chez les autres. Et là, vraiment, j’ai trouvé l’endroit parfait!

Elle ne disait toujours rien. Ne posait pas de questions.

– C’est bien situé, près du marché, au rez-de-chaussée des nouveaux appartements qu’on finit de construire. Tu vois ce que je veux dire?

Oui, elle voyait très bien et fit signe de la tête.

– Ce sera terminé cet été. 155 m². Ils en demandent 300 000 €.

Alors il se tut, la regarda, son café refroidi entre les mains. Madame de B*** eut un petit sourire et lui tendit la perche:

– Vous comptez le payer comment, ce beau projet?

Il serait bien temps, cette question-là réglée, de parler de Jeanne

***

écrit en réponse à la question 14 du jeu d’Annick SB, Vous comptez payer comment?

Photo prise dans la salle d’attente de mon dentiste 🙂

32 commentaires sur « C comme cabinet »

    1. Bonjour , Je me permets une petite précision : Dans « l’Atelier en questionS », la question n’est pas « imposée » ; elle est juste là comme point de départ d’un récit à écrire. C’est vrai que nous l’incluons souvent dans nos épisodes mais le but de l’atelier est le récit de la réponse et non pas le placement de la question !
      Bonne journée à vous !

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    1. oui j’avais compris (j’ai failli employer le mot dentier dans ma réponse mais je me suis retenue et j’ai préféré répondre au sens littéral, ça s’appelle de l’autocensure, ça se pratique de plus en plus et ça aussi c’est triste ;-))

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  1. Mme de B. habite au 3ème étage !
    J’espère qu’il y a un ascenseur parce qu’avec des cannes, hein…
    J’attends la suite avec impatience.
    Guillaume va-t-il annoncer qu’il a rendez-vous avec Jeanne ou qu’il a décliné courtoisement car il a rendez-vous avec Clotilde ?
    A moins que ce ne soit avec Arthur…

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    1. tu y tiens, à ta version homo 😉
      (ma mère a vécu plus de dix ans dans un appart des années 1960 (je pense) avec un ascenseur d’époque et il n’a jamais failli à la tâche (même s’il avait parfois des hoquets)

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      1. Pas particulièrement mais Guillaume peut être intéressé par quelqu’un d’autre que Jeanne.
        Voire par personne parce qu’il a autre chose en tête ou à mener à bien plutôt qu’une idylle.

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  2. les petits enfants sont tous sur ce même modèle : désintéressés qd ils sont petits et qd ils sont adultes ils ont moins de temps à nous consacrer ou alors il y a une arrière pensée « intéressée »
    parfois les liens tissés au départ permettent de garder plus de visites désintéressées

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  3. Bonsoir chère Adrienne,
    De ce que je comprends, le Guillaume est celui qui avait laissé Jeanne en plan, quand elle avait besoin de son co-voiturage, hein ? Et il déboule chez mémé pour une question de blé ? Bien fait pour lui, alors !
    De toutes les façons, le 32 n’est PAS un jour de paie !!

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