D comme dix?

La règle de l'accord du participe a volontairement été créée pour être incompréhensible.
source ici

De temps en temps, elle sonne à la porte de Madame pour parler du petit Léon.

– Dans son école de l’an prochain, dit-elle, il y aura une classe spéciale pour les dix.
– Ah! pour les dix… fait Madame, en espérant que le contexte va éclairer sa lanterne.

Ce n’est qu’après leur conversation qu’elle comprend qu’il fallait décrypter « dys- » au lieu de « dix ».

Qui a osé dire que l’orthographe, c’est juste un moyen pour l’élite de se lover dans son élitisme?

34 commentaires sur « D comme dix? »

  1. Ce n’est pas tant un problème d’orthographe que de généralisation de cette manie de l’apocope (qui ne date pas d’hier, j’en conviens : je disais déjà « prof » 🙂 )

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  2. Moi aussi, j’y vois plutôt à une forme de paresse langagière. Quand elle tourne à la caricature, ça devient très désagréable. Je n’ai toujours pas pu m’accoutumer à la formule des « cassos » tant prisée par une « élite » française.

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  3. A ce propos, je me demande de temps à autre si les modifications permanentes des méthodes d’enseignement en maternelle et en primaire ne favorise pas l’éclosion de « dys ».
    Mais bon, je fais preuve de mauvais esprit… 😉

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      1. Les inégalités sociales se transmettent plus facilement par héritage que la fortune…
        De temps en temps une pépite est repérée et est ouvragée comme un joyau mais combien échappent à la sagacité des institutions ?
        Que de gaspillage lié souvent à la paresse et au conservatisme.

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  4. Je me souviens d’une prof en 1972 qui ne supportait pas qu’on dise « ciné » 😉
    Et que dire de ceux qui ne parlent qu’avec des sigles…
    Dans les hôpitaux il y en a pléthore pour nommer les différentes instances: CTE, CME, CSIRMT, CVS, CODIR, etc…
    Et j’imagine qu’il en est de même dans d’autres structures professionnelles.

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    1. les sigles, c’est pire, en effet, bien plus hermétique quand on n’est pas du même bord ou du même pays!
      (j’en ai parlé un jour dans un billet, d’une maman française fière de son fils qui, à un âge X, était déjà en CM1… alors que chez nous c’est simplement 1e, 2e, 3e … 6e primaire)

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    1. Pour ce que j’ai constaté et constate encore, les réformes de l’orthographe ont surtout développé la créativité en matière de fautes.
      Ceux qui n’en faisaient pas en font car ils utilisent celle qu’ils ont apprise.
      Ceux qui en faisaient en font d’autres, nouvelles… 😉

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    1. exactement, elle ne fait sens que visuellement, comme pour ce billet, si j’avais écrit « dys » dès la première fois… 😉
      c’est comme dans l’histoire du petit frère qui à huit ans avait demandé « des pattes de quoi? » quand la petite Parisienne Anne-Véronique l’avait invité à venir manger des pâtes 😉
      chez nous on dit pâtes pour pâtes et pattes pour pattes 😉

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    1. j’ai comme un doute, mais bon, si c’est plus efficace qu’un placébo, ça fera vite un tabac 😉
      tous les dyslexiques que j’ai eus en classe lisaient plus lentement que la moyenne mais leurs plus gros problèmes étaient à l’écrit et là, les lunettes n’aident pas, un ordi avec correcteur oui.
      (ça me rappelle une de mes anciennes élèves dyslexiques qui voulait devenir institutrice…)

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  5. Parmi les apocopes les plus consternantes, il y a notamment (mais surtout en France) :
    « déso », pour « désolé »
    « dispo » pour « disponible »
    « Chuis déso, chuis pas dispo », magnifique exemple…

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  6. J’ai une enfant dyslexique de 9 ans dans ma classe, suivie une fois par semaine par une logopède. En accord avec ses parents, elle est depuis le 1er septembre juste à côté de mon bureau et, contrairement aux autres élèves, ne changera pas de place jusqu’au 30 juin. Tout simplement pour la surveiller plus attentivement, pour l’aider à ranger ses feuilles ou ses affaires (car cela lui pose problème dès que je rends 3 feuilles à ranger dans des fardes ou intercalaires différents), pour vérifier qu’elle lit bien son texte avec une latte pour ne pas se tromper de ligne, etc. Excepté cette « surveillance » permanente, cette élève dyslexique suit normalement tous mes cours et évolue bien après le confinement de 2020 qui fut plus catastrophique pour elle que pour les autres.

    Est-ce qu’elle évolue mieux dans ces conditions ou dans une classe spéciale avec d’autres dys ? C’est une vaste question, et tout dépend aussi de la façon dont l’enseignant va gérer les choses. Personnellement, je n’ai qu’une élève sur 22 à m’occuper beaucoup plus attentivement que les autres. Aurai-je la patience avec 10 élèves en difficulté ? Ton billet suscite réflexion et j’avoue que je n’ai pas de réponse toute faite.

    Nous avons aussi dans notre école une enfant malvoyante dont les parents ne veulent absolument pas entendre parler de l’enseignement spécialisé afin de ne pas la séparer de son frère. Elle travaille avec une tablette, a une TV-loupe, ses feuilles sont agrandies. Là aussi, faut-il mieux la mettre dans l’enseignement spécialisé avec d’autres enfants malvoyants ou aveugles, ou la laisser chez nous seule malvoyante parmi 400 enfants ? Ses parents ont choisi, on a décidé de les aider, mais seul l’avenir nous dira si c’était la bonne solution.

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    1. oui en effet, beaucoup beaucoup de questions!
      j’ai eu aussi des « dys » dans de très diverses mesures en classe, de celui à qui je donnais déjà ses points s’il me disait correctement la forme sans l’écrire, jusqu’à l’autre extrême, celui qui ne voulait absolument aucun « régime de faveur », même si je lui expliquais que ça revenait à m’enlever mes lunettes de myope 😉
      et aussi une élève presque aveugle (elle avait un oeil qui lui permettrait de voir grâce à une sorte de mini-longue vue mais en effet pour elle aussi je devais faire des agrandissements de toutes les copies) et un élève sourd, tout ça dans des classes d’au moins 25 élèves et pour enseigner une langue étrangère qui pose déjà beaucoup de difficultés à ceux qui sont « normalement doués »…
      mais il faut dire aussi que le dyslexique qui se retrouve dans le 3e degré en maths-sciences, a déjà prouvé quelque chose… et qu’il ne se dirigera pas vers des études littéraires 😉
      (l’élève sourd est devenu entrepreneur de jardins, avec comme spécialité l’entretien des grands arbres et l’élève aveugle est devenue infirmière, métier qu’elle ne peut plus exercer parce qu’aujourd’hui elle ne voit quasiment plus, ce qui me ramène à mes préoccupations d’aujourd’hui, mais ça c’est une autre histoire ;-))

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  7. Dans une classe, y’a les dys-lexiques, les dys-calculiques, les dys-praxiques, les dys-orthographiques…
    et puis les les dys-traits, les dys-tancés et même parfois les dys-parus…;-)

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