Question existentielle

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vivre ensemble

Il y a sûrement un monde des objets perdus
où un gant, oublié dans la précipitation,
s’acoquine avec un vieux journal,
une écharpe, un mouchoir ou un peigne.

La main ne manque plus au gant,
le mouchoir n’a pas besoin de tristesse,
et même l’écharpe ne désire pas la chaleur
de nounous ou de mamans.

Tout ce qui est perdu est relié.
Mais que faire de la tendresse devenue superflue,
de la chair de poule qui voulait rester,
du premier rêve érotique, de l’amoureuse nunuche,

du jouet d’un enfant mort?
Et faire comme si on pouvait tout oublier,
alors que, complètement perdu comme être humain,
on se retrouve seul dans l’univers.

(traduction de l’Adrienne)

***

saamhorig

Er moet een wereld van verloren dingen zijn
waarin een handschoen, inderhaast vergeten,
het aanlegt met een oude krant,
een sjaal, een zakdoek of een kam.

De handschoen mist de hand niet meer,
de zakdoek hoeft geen jammernis,
en zelfs de sjaal taalt niet naar warmte
van kindermeiden en van moeders.

Al het verlorene is saamhorig.
Maar wat met tederheid die overbodig werd,
met kippenvel dat blijven wou,
de eerste natte droom, het domste lief,

het speelgoed van een kind dat stierf?
En doen alsof men alles kan vergeten,
hoewel men, plompverloren als een mens,
alleen in het heelal moet zijn.

Luuk Gruwez

48 commentaires sur « Question existentielle »

    1. « La tendresse devenue superflue » qui s’ajoute au « jouet d’un enfant mort »… nous conduit loin de la
      « huidhonger » …

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      1. Vous avez raison. Merci pour votre patience.
        C’est peut-être parce que je n’ai pas reçu assez de câlins enfant que je ne savais pas que je souffrais de « huidhonger ».

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  1. On connait l’importance des doudous, lorsqu’on en ramasse un dans la rue, on n’oublie pas de le mettre bien en vue pour que l’enfant puisse le retrouver, on a plus de mal à montrer sa tendresse.

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  2. Effectivement on peut se retrouver perdu comme un enfant mais on n’est jamais seul dans l’univers : ce sont d’ailleurs bien souvent des voisinages exécrables qui vous pourrissent la vie ! 😉

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      1. figure-toi que quand j’y vais, je ne peux m’empêcher de me demander si un de ces messieurs serait Nuages 😉
        mais si tu t’installes en terrasse, je ne te verrai pas, je choisis toujours l’intérieur

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    1. j’ai toujours adoré mon métier d’enseignante, aujourd’hui encore c’est une occupation qui me rend plus heureuse que la traduction 🙂
      (même si la traduction, c’est aussi une pulsion, et pas un travail ;-))

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  3. Tu traduis bien… !

    Merci pour ce texte, qui, au travers de la description des objets quotidiens, réussit à nous faire toucher du doigt des émotions profondes…

    Aujourd’hui, j’ai jeté un tas de chaussettes « orphelines » (c’est vrai, je te jure),
    et j’ai décidé de ne pas pleurer…:-)

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      1. On perd sûrement aussi pas mal de mouchoirs (en tissu), voire de slips, de chemises (qui sait), mais comme ça ne va pas par deux, on ne s’en aperçoit pas… Et pour les chaussettes, que serait-ce si nous étions quadrupèdes ?

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      2. oui peut-être qu’un mouchoir peut tomber d’une poche, mais où est mon autre chaussette violette à petits cœurs noirs, hein? quels chemins a-t-elle choisi? et s’en est-elle mordu les doigts (de pied)?

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  4. Pour le Mokafé, je vais aussi, en général, à l’intérieur, mais jusqu’au 9 juin, si on veut y aller, la terrasse est la seule solution ;o)

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  5. Même le train aux heures creuses, avec le masque ?
    Je me réjouis en tout cas d’avoir eu ma deuxième dose, en espérant que les variants ne nous joueront pas de vilain tour. Mais il semble, jusqu’à présent, que les vaccins resteront efficaces contre ceux-ci.

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    1. oui je sais mais il n’y a pas que le train: que ferai-je à Bruxelles, pour le reste? quelle expo réserver, et à quelle heure, où et comment manger, aller aux toilettes… ça me semble très compliqué et stressant, à vivre montre en main, moi qui vis sans montre 😉

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  6. Quand tristesse rime avec tendresse… Merci de nous avoir traduit ce beau poème, Adrienne.
    (Je n’ai pas encore repris les transports en commun non plus, je te comprends, je me déplace en voiture. Etre vaccinée et pouvoir entrer dans un resto, voilà qui va aider à refaire le pas cet été.)

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    1. oui, on a du mal à vivre le « carpe diem », à force de sans cesse se projeter dans un futur où tout ira mieux 😉
      (je dis ‘on’, je parle pour moi, bien sûr)

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