U comme une trottinette

La photo doit dater du printemps de 1934: la petite sœur a presque trois ans, le grand frère, qui tient tout l’équipage en équilibre, en aura neuf en juillet et le blondinet du milieu, qui est le papa de l’Adrienne, a six ans.

Ils sont sur la trottinette du grand frère, rassemblés devant la porte de la chapellerie paternelle.

Sur le seuil, on voit encore un pied. Le reste de la personne a soigneusement été ‘gommé’ par le photographe: une femme enceinte ne se faisait pas photographier.

C’est bien dommage, parce que ce serait une des dernières photos de la maman du trio: elle mourra à la naissance de son quatrième enfant.

Tout comme la petite sœur, tombée malade l’hiver d’après.

***

Vous comprenez, maintenant, pourquoi je n’ai pas envoyé ma participation aux joyeux drilles du Défi du Samedi?

33 commentaires sur « U comme une trottinette »

  1. Et moi qui pensais que les triplettes en trottinette était une invention actuelle… 😉
    Étonnante aussi cette volonté de ne pas se faire photographier enceinte. Pour ne pas, comme je l’ai entendu dire ici, « brandir sa maternité comme une Italienne » ?

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    1. la triplette, c’était juste pour la photo, tu l’auras compris 🙂
      on « n’exhibait » pas son ventre de femme enceinte, on le cachait même, d’après ce que m’a raconté ma grand-mère (je me souviens d’une anecdote quand j’avais six ou sept ans et que ma tante attendait fièrement son premier bébé, que ma mère blâmait fort sa façon de se tenir « le ventre en avant » pour bien le montrer à tout le monde ;-))

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  2. Elle a une saveur particulière la nostalgie d’un temps que l’on n’a pas connu, quand ces vieilles photos de famille finissent par s’immiscer dans nos souvenirs…

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  3. L’air sérieux des enfants sur les photographies anciennes m’étonnera toujours.
    Et je me demande si les enfants ne sont pas très souvent très souvent trop sérieux.
    Même quand ils n’ont pas dix-sept ans… 😉

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  4. Ils sont doux ces souvenirs, même si on ne les a pas connus personnellement. Ils nous font appartenir à notre histoire et éclairent nos racines. Merci pour ce partage. Bises alpines.

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  5. C’est doux-amer, ce billet, mais j’aime énormément la pudeur avec laquelle tu as présenté le sujet.
    Et je crois que tu aurais pu envoyer ta participation, très émouvante.
    Les joyeux drilles n’en sont pas moins des êtres humains au coeur tendre…
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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  6. A quoi ça sert que le photographe stalinien se décarcasse si tu racontes tout en détails derrière ? 😉

    (Zut, j’ai encore fait un commentaire de joyeux drille !)

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  7. La photo est belle et émouvante. Bouleversante quand on lit l’histoire qui s’y rattache. Voilà sans doute pourquoi je n’ai pas ouvert les boîtes de vieilles photos que j’ai récupérées en vidant l’appartement de mes parents il y a vingt-cinq ans…

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    1. je les connais depuis l’enfance, toutes les photos chez mon grand-père paternel parlaient de mort, je m’en suis rendu compte avant mes cinq ans qu’une maman ou un tout petit enfant pouvaient mourir aussi.

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      1. Moi aussi, j’ai entendu parler de mort dès ma petite enfance, de mort, de souffrance, des cruautés de la vie. C’est sans doute pour cela que je me sens si étrangère des jeunes générations d’aujourd’hui qui ignorent et veulent ignorer le passé. Et qui inventent de nouvelles formes de cruauté… Mais comment font les profs pour y croire encore ?

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      2. il y a aussi parmi les jeunes d’aujourd’hui, dans toutes les classes, des élèves qui ont un vécu plus ou moins lourd…
        (quand tu es prof, c’est très simple, tes élèves tu les aimes 🙂 tu les aimes vraiment!)

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