C comme caravane

source ici

« Les chiens aboient, la caravane passe », dit le proverbe, sauf que celle de monsieur Ferla ne passe ni ne repasse: il l’installe pour deux semaines à une époque où camper est encore réservé aux nomades et aux forains.

C’est en tout cas ce que semble croire la dame de la maison d’à côté, qui le traite de romanichel et l’invective chaque fois qu’elle le voit, c’est-à-dire plusieurs fois par jour.

On est peu après la guerre, et les seuls à dormir en pleine nature, ce sont les scouts.
Monsieur Ferla cependant ne fait pas de musique autour d’un feu de camp: assis sur un petit pliant, il peint.

L’autoroute du soleil n’existe pas encore, les Hollandais n’ont pas encore quitté en masse les « froides brumes du Nord », seuls quelques autochtones et monsieur Ferla profitent en toute liberté de la découverte des paysages ardéchois.

Où les chiens aboient et la dame d’à côté menace d’appeler les gendarmes.

– Vous n’avez rien à craindre de moi, Madame, lui dit-il.

Mais bizarrement, cette petite phrase semble la mettre encore plus hors d’elle 🙂

***

écrit en souvenir de monsieur Ferla avec les mots imposés par les Plumes d’Émilie – merci Émilie! : CHIEN – MUSIQUE – PLIANT – DéCOUVERTE – CAMPER – REPASSER – DORMIR – NATURE – SOLEIL – ROUTE – NOMADE – LIBERTé – FEU – FORAIN – FROID

35 commentaires sur « C comme caravane »

    1. l’été où je l’ai rencontré, j’étais jeune ado et lui avait l’âge d’être mon grand-père, je passais mes demi-journées avec lui 🙂 et il m’a appris à faire de la pyrogravure 🙂
      reconnaissance éternelle!

      Aimé par 1 personne

  1. Le chemin vers l’accueil, l’entente, le plaisir de connaître ne semble pas se mettre en place.
    Division, suspicion entre les gens je me demande si l’être humain va un jour vivre son humanité…
    Juste accepter, apprécier et aimer vivre ensemble.

    J'aime

  2. C’est plutôt hors sujet, mais je suis allé à Ostende, après presque deux ans, vendredi : soleil et ombre, bon grand vent, croquettes de crevettes avec persil frit et pichet de blanc frais à l’Hôtel du Parc, marche le long de la plage et des vagues, et sur l’estacade, et aussi repérage du Jardin Japonais, malheureusement fermé en semaine hors vacances scolaires. Des plaisirs simples et bienvenus.

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s