7 sur 10

Le néerlandais va-t-il disparaître ? - VousNousIls

C’est depuis les années soixante qu’avec un zèle féroce on expurge du néerlandais tout ce qui « ne se dit pas ainsi aux Pays-Bas », alors que la langue se standardise depuis le 14e siècle principalement sur la base des parlers flamands et brabançons.

Un tas de mots parfaitement corrects et attestés depuis longtemps – on ne parle pas ici de « belgicismes » – ont été estampillés « Zuidnederlands« , ce qui se traduit par « néerlandais du sud ».

Hé oui, on est le sud des voisins du nord 😉

Recevoir l’étiquette « Zuidnederlands » équivaut à dire « folklorique ».
A éviter, donc, si on est traducteur ou écrivain.
Présentateur radio ou télé.
Journaliste.

Des chartes du bon langage sont éditées – la télé flamande a la sienne – et des comités de contrôle mis en place.

En parallèle, les dialectes disparaissent à la vitesse grand V et dans nos universités, les linguistes spécialisés en dialectologie ne peuvent que le constater depuis plus de vingt ans.

Les derniers « locuteurs natifs » à les avoir utilisés quotidiennement dans toutes les circonstances de la vie appartiennent à la génération des grands-parents de l’Adrienne, c’est-à-dire des gens nés dans le premier quart du 20e siècle.

Aujourd’hui on est donc arrivé au point où des comités, ici et là, essaient de faire revivre le parler local avec son vocabulaire particulier et ses expressions uniques.

L’Adrienne, élevée en patois par sa grand-mère jusqu’à l’âge de cinq ans, a fait dimanche dernier le test de ses connaissances patoisantes et a obtenu un 7/10.

Et bien vous savez quoi?

Elle est déçue 😉

***

pour ceux que ça intéresse et qui connaissent le néerlandais: dialectloket (université de Gand)

33 commentaires sur « 7 sur 10 »

  1. Pareil chez les Wallons où le patois était réprimé dans l’enseignement alors qu’aujourd’hui on essaye d’en récupérer des bribes par-ci par-là. Mais une émission comme « stoemp pékèt et des rawètes » montre en y confrontant des enfants combien le patois leur est devenu incompréhensible.

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  2. Puristes de tous genres, partout, ici aussi, les patois, si expressifs, imagés, considérés comme vulgaires plutôt que comme une richesse….à pleurer.(ou prendre les arme;-))

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  3. Les patois étaient des langues locales. Les points perdus au test de dimanche dernier concernaient peut-être des mots qu’on n’utilisaient pas dans votre coin.

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    1. Là où j’ai perdu des points, c’était la question des noms de rue ou de places (leur nom d’autrefois, 6/10) et des expressions ou proverbes (3/5) 🙂

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      1. Dans deux nouveaux quartiers de ma ville, les rues portent des noms wallons comme rue du Maurlage, chemin de la Givronde , rue des Cheùves. rue du Rapuroir…
        Personnellement, je trouve ces noms difficiles à mémoriser.

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      2. les noms d’autrefois sont en rapport avec le lieu, comme « steenbrugge » là où il y avait un pont de pierre ou « den plaas » là où il y avait la fontaine 😉

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      3. Un des quartiers s’appelle à tous vents, les noms choisis ont un rapport avec la météo; l’autre se situe sur le site d’une ancienne sucrerie, les noms ont un rapport avec cette activité.

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      4. ce que j’ai compris à vos commentaires, c’est que ces noms wallons sont « neufs », sans rapport avec des noms existant autrefois, historiquement?
        dans ma ville il s’agit des noms « historiques » qui disparaissent (le seul qu’on ait sauvegardé, c’est un nom en -gem qui existe depuis les invasions germaniques, tiens donc comme c’et étrange ;-))

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  4. « Recevoir l’étiquette « Zuidnederlands » équivaut à dire « folklorique ».
    A éviter, donc, si on est traducteur ou écrivain.
    Présentateur radio ou télé.
    Journaliste. »
    Cette phrase m’a fait rire car c’est exactement la même chose en France.
    Elle m’a fait d’autant plus rire que j’entends ces mêmes journalistes donner de vigoureux coups de pieds dans la grammaire.
    Et ça ne s’améliore pas quand ils écrivent.
    Tous ces braves gens semblent oublier que depuis toujours, ce qui fait la langue, c’est l’usage.
    Ils oubliçent aussi qu’une langue évolue perpétuellement mais ne doit sûrement pas le faire au rythme des néologismes créés constamment par des media au manque de vocabulaire criant… 😉

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    1. merci d’avoir ri, c’est dans ce but que j’ai choisi le mot « folklorique » 😉
      (je l’ai déjà dit pour un autre billet, mais « visionner » un film, « solutionner » un problème et autres « au final » ou « pas de souci » n’ont aucune raison d’être, sans compter les deux plus irritantes erreurs grammaticales: « je m’en rappelle » ou « après qu’il soit venu »)

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  5. Ce qui m’a toujours frappé, c’est la persistance des dialectes en Flandre, dans la vie quotidienne, même chez les jeunes, alors qu’en Wallonie, les parlers régionaux sont beaucoup moins vivaces.
    La persistance des dialectes en Flandre est étonnante, surtout dans une région densément peuplée, très urbanisée, très développée. Je ne sais pas s’il existe d’autres exemples d’une telle situation dans d’autres pays d’Europe, ou du Monde.

    J’ai lu quelque part que cette situation s’expliquerait par le fait que la « francisation » de la Wallonie a été beaucoup plus précoce et profonde que la « néerlandisation » de la Flandre, où le français était la langue des élites et coexistait avec les dialectes flamands, davantage parlés par le « peuple ».

    J’ai vu sur des cartes linguistiques qu’il existe aussi plusieurs dialectes aux Pays-Bas, et il semble qu’ils sont beaucoup moins largement pratiqués dans la vie quotidienne qu’en Flandre. Je ne parle pas ici du frison qui est une langue distincte.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Dialectes_néerlandais

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    1. non, les jeunes ne parlent pas le dialecte, ne connaissent plus le dialecte, ce qui reste vivace, c’est l’accent propre à une région, une ville, et ce qu’on appelle « een tussentaal », un néerlandais qui comporte des tournures flamandes
      (quant à l’explication, trouvée sans doute par un francophone connaissant mal la Flandre (understatement ;-)) elle ne tient pas la route 😉 pardon de le dire en toute franchise)
      aux Pays-Bas c’est pareil, il y a encore des différences d’accents mais plus de véritable connaissance du dialecte

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      1. à part la « chasse au dialecte » dans les écoles depuis le début de l’école obligatoire et le fait que les parents (certainement depuis les années 1960) ne le parlent plus avec leurs enfants – ce qui fait que le dialecte se perd en deux ou trois générations – il y a aussi le fait que depuis ces mêmes années 1960 la société est beaucoup plus mobile, peu de gens restent sous leur clocher, donc ils doivent forcément adapter leur façon de parler à leur nouveau lieu de vie (par exemple des cinq enfants de mes beaux-parents, un seul est resté « sous le clocher » ostendais et des quinze petits-enfants, seule ma nipotina est ostendaise, tous les autres sont ailleurs, dans les deux Flandre et dans le Brabant flamand)

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      2. oui c’est une réalité, mais elle est pareille partout et quelle que soit ta couleur de peau, ma mère dans la France du midi moins le quart où elle vit aujourd’hui se fait tout le temps apostropher par un « vous, vous n’êtes pas d’ici! » et c’est pour se fondre dans la masse autochtone que mon frère s’est empressé de prendre l’acceng dès son installation, il y a 30 ans 😉

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  6. Coucou Adrienne,

    Chez mes parents et grands-parents, on parlait le patois. Une fois qu’on allait à l’école, il fallait parler en Néerlandais, ben, on s’adaptait, il me semble…
    Nous sommes partis en Wallonie en 1964, donc avec nos parents nous avons toujours parlé en patois, ainsi qu’avec nos oncles et tantes. Mais mes cousins et cousines, de ma génération donc, ont parlé Néerlandais avec leurs enfants, le Néerlandais où on dit « tas » pour une tasse, « uw sacoche » pour « uw handtas »,..; Enfin, tu vois ce que je veux dire… 🙂

    Biz,
    lulu

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    1. on jouait à ça en famille, les enfants s’amusaient à nous poser des colles du genre: comment dit-on en ABN…? et on se tordait de rire parce qu’il fallait dire « schoolétui » comme en Hollande alors que nous disions « pennenzak »

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      1. on se tord aussi de rire quand on nous dit que chez le boucher il faut demander « een plakje ham » au lieu de dire « een schel hesp »
        si tu demandes « een plakje ham » à ton boucher, il va se rouler par terre 😉

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  7. Enfant, ma mère parlait patois à la maison mais se faisait punir si elle l’employait à l’école.
    Avec nous, elle n’utilisait que certains mots ou expressions, bien plus naturels et efficaces que leurs équivalents français. Ce que j’en ai appris, c’est surtout en l’écoutant le parler avec sa sœur et je regrette de ne pas l’avoir plus pratiqué.
    Je n’ai pas trouvé de test pour éprouver mes connaissances en patois ajoulot (du petit coin de Jura où je suis née) mais un autre qui confirme que j’ai bien grandi à cet endroit i!!!
    😀

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