I comme irréductible

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Le petit enfant de Flandre joue aux cartes sur les genoux de son arrière-grand-père, inlassablement, pendant des heures, « broek af ». Aucune difficulté, on dépose ses cartes, une à une, la plus élevée l’emporte jusqu’à ce que l’un des deux joueurs n’ait plus rien en main. Pas besoin de stratégies, seul le hasard détermine qui l’emportera. Le petit enfant n’a que cinq ans et ne se rend pas tout de suite compte que tous ses efforts ne serviront à rien : parfois il gagnera, parfois il perdra.

Le grand-père est le roi de la manille mais jamais l’enfant n’a eu l’idée de lui demander comment ça se joue.

Grand-mère fait des « patiences » et ça semble bien plus amusant, même si parfois elle grommelle que « c’est mal parti » ou que « ça ne sent pas bon ».

Le père refuse de jouer aux cartes : il connaît toutes les règles mais préfère regarder jouer les autres. Il leur donne des points mentalement. Il sait qui est fort, qui a commis des erreurs, « de beste stuurlui staan aan wal », c’est depuis le rivage qu’on voit le mieux les écueils sur la route des bateaux.

L’enfant devenu grand a décidé de faire comme le père : inutile de le prier ou de le supplier de faire le quatrième, non ! les cartes, il n’y touche pas !

***

écrit pour le défi du samedi 680 où Walrus – merci à lui – proposait le mot whist.

24 commentaires sur « I comme irréductible »

  1. Mes parents, c’était le rami qu’ils pratiquaient, à longueur de journée. À la fin de sa vie, ma mère avait perdu ses facultés de réflexion et de mémoire, sauf pour le rami. Nous y avons joué avec elle pendant des heures, c’était devenu le seul moyen de communiquer, jusqu’à la fin. Depuis, je n’ai plus touché une carte …

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  2. Dans ma famille aussi, on jouait aux cartes. Avec moi enfant, au Rami dont j’ai tout oublié. On jouait aussi au Loto pour que j’apprenne les chiffres.
    Chez nous, « broek af » , c’est « la bataille » et les petits enfants y jouent encore.

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  3. Coucou Adrienne,

    Nous avons joué au whist avec mes parents une fois que nous avons quitté la maison… Je ne savais même pas qu’ils connaissaient. Pendant +/- 15 ans, nous avons joué au whist pratiquement tous les week-ends chez eux, après, avec l’arrivée des enfants, ce n’était plus que le dimanche après-midi, et une fois que les enfants ont été autonomes, nous y allions d’office le lundi et jeudi soir, et le dimanche après-midi. Ça me manque! Un club de whist avait été crée un peu après les dernières éléctions communales, mais il s’est éteint suite au corona…

    Et dire que je me suis ennuyée pendant des années à regarder mes parents jouer le dimanche aprsès-midi chez mes grands-parents!!!

    Bonne journée!
    lulu

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    1. oui, à mes yeux d’enfant aussi ça semblait totalement inintéressant 😉
      ça te fait de beaux souvenirs, c’est bien (et le club, il faut lui redonner vie, je suppose que les autres membres aussi seront heureux de reprendre cette activité!)

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  4. Je joue parfois à la bataille avec mes petits-fils. La dernière fois, la partie était si interminable que je me suis arrangée pour me débarrasser de mes bonnes cartes lors des batailles! (mais chut, faut pas le dire! chez nous on ne triche pas au jeu!)
    Sinon le jeu de cartes le plus populaire en Suisse, c’est le jass, qui s’apparente un peu à la belote.
    J’ai appris à jouer avec mes parents. C’est un bon souvenir car les moments de jeu avec eux étaient rares! Mais je n’y joue plus guère qu’avec une de mes sœurs qui est une véritable passionnée!

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    1. oui, voilà, pour moi c’est un merveilleux souvenir de ma petite enfance mais pour le reste, les cartes ne m’intéressent pas… comme je l’ai répondu plus haut, ce qui importe c’est le partenaire de jeu 🙂
      bises, bon week-end!

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    1. je serais très heureuse de savoir si j’ai rendu mon père heureux, mais je ne le saurai jamais
      (oui la « patience » de ma grand-mère, c’était quand le temps était long à attendre le retour de son mari et que tout le ménage était fait ;-))

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  5. « Perdre son temps » cet énoncé implique souvent des jugements de valeur.
    Pour moi la perte de temps c’est quand je me prends dans mes soucis, mes problèmes, mes attentes etc que je ne vois plus la beauté, la joie, l’amour, le partage du moment.
    Jouer aux cartes, à des jeux, partager, peindre, écrire peu importe l’activité quand elle apporte du bonheur pourquoi s’en priver…

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    1. Joe Krapov dit « on croit qu’on perd son temps » 🙂
      Tu me donnes une bonne idée de question de débat pour le prochain « praatcafé » : « c’est quoi, pour vous, perdre son temps? »
      intéressant!
      (pour moi perdre mon temps c’est faire les poussières 😉 ou me tourner et me retourner dans mon lit sans réussir à dormir ;-))

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