X c’est l’inconnu

Beethoven - Een Biografie - Jan Caeyers - (ISBN ...
source ici

Le problème du biographe, explique Jan Cayers dans son prologue, c’est que le temps qui passe efface de nombreuses traces, de sorte que l’information dont on dispose est un peu le fruit du hasard de ce qui a survécu.

Par exemple le biographe de Beethoven ne dispose que de deux mille lettres sur les dix mille qu’il a reçues de ses divers correspondants. Imaginez l’info manquante!

Mais en plus de cela, dans le cas de Beethoven, il y a le problème de la falsification des sources, chose dont s’est rendu coupable un certain Anton Felix Schindler.

Devenu sourd, Beethoven avait toujours sur lui un de ses petits « carnets de conversation » sur lesquels ceux qui voulaient s’adresser à lui notaient ce qu’ils avaient à lui dire ou à lui demander.

On sait depuis longtemps que Schindler avait détruit des pages de ces carnets mais ce qu’on a découvert seulement dans les années 1970, grâce aux recherches des criminologues de l’université Humboldt, c’est qu’entre 1840 et 1845 – donc vingt ans après la mort de Beethoven – de nombreuses annotations dans ces carnets avaient été ajoutées. Par Schindler.

Ce qui fait que tout un tas d’informations sur lesquelles les biographes s’étaient basés pendant plus de cent cinquante ans pouvaient passer à la trappe.

Et que du coup on s’est mis à douter d’à peu près tout ce que Schindler a raconté sur le musicien.

Il faut donc, conclut Jan Cayers, repartir de zéro, c’est-à-dire des sources fiables et confronter toutes les autres entre elles: les journaux des années 1798 à 1865, la correspondance de Beethoven, les passages authentiques de ses « cahiers de conversation », son Tagebuch, les notes et souvenirs de ses amis, comme Franz Gerhard Wegeler ou Ferdinand Ries.

Bref, l’Adrienne s’est attaquée à la lecture de ce pavé de six cents pages, histoire de savoir ce qui est le mythe et ce qui est la réalité 🙂

31 commentaires sur « X c’est l’inconnu »

  1. Les génies ne se méfient jamais assez de leurs admirateurs les plus proches. Turner « désérotisé », Nietzsche nazifié avant l’heure, on comprend bien les motivations. Mais ce pauvre Ludwig, qu’avait-il à cacher ? On attend les révélations.

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  2. Intéressant, ce « repartir de zéro » ! Bravo pour cette lecture de 600 pages ! Lis-tu d’autres choses en même temps ?
    Ah, écrire 10 000 lettres, le beau temps !
    Le « carnet de conversation » devrait être obligatoire, de nos jours, on écrit si peu 😉

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  3. 600 pages pour finalement semer le doute sur la véracité de ce qu’on a lu sur Beethoven…
    J’aime mieux réécouter ses quatuors, Razumowski étant mes préférés.
    (par les vieux et même morts du quatuor Amadeus quand ils étaient jeunes)

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  4. J’adore les pavés, mais là, les bras m’en tomberaient…

    Je t’admire, Adrienne! Tu me diras que quand l’intérêt est là…

    Ton billet fait quand même réfléchir, en général, sur tout ce qui nous a été transmis par les historiens…

    Bonne journée!
    Lulu

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    1. si c’est bien écrit, 600 pages ce n’est pas dur à lire (toute ressemblance avec un certain Marcel est indépendante de notre volonté ;-))
      (et oui, on lui en fait dire, des choses, à l’histoire – et au personnage historique ;-))
      merci, bonne journée!

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  5. Quoi qu’il ait vécu, Marcel Proust nous a légué des phrases bien trop longues (856 mots pour l’une d’elle, paraît-il) pour qu’on puisse prendre un plaisir autre que masochiste ou soporifique à la lecture de ses oeuvres.

    Si elles n’étaient pas un remède infaillible contre l’insomnie je les échangerais volontiers contre le « Monsieur Proust » de Céleste Albaret.

    Alors que la septième symphonie, le concerto de violon et surtout, entre autres splendeurs, le passage au troisième mouvement du concerto n° 4 confinent au pur génie et sont une jouissance pour l’auditeur!

    (A 26′ ici) : https://youtu.be/hTO9ms_eIEY

    (Que faut-il retenir de la biographie de Ludwig Van ? Que la lettre à Elise a été écrite pour Thérèse ! 😉
    Et bien sûr qu’à la fin de sa vie il était tellement sourd qu’il croyait faire de la peinture !)

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