O comme ode

Dans Speech: een ode, le stand-up comedian Wouter Deprez raconte comment il a découvert le langage, la lecture, l’écriture et sa vocation d’humoriste.

Plus qu’une ode à la langue, ce sont de petits textes pleins de joyeuse reconnaissance à ses parents, à sa famille, à ses instituteurs, à quelques professeurs qui ont fait ce qu’il est aujourd’hui.

Le chapitre « Mijn eerste Frans » (traduction littérale: mon premier français) raconte une première expédition familiale dans un Auchan – la famille habite en Flandre Occidentale, non loin de la frontière française.

« Ons gezin, dat nooit iets fout deed en geen wetten durfde te overtreden, probeerde nu tegen zijn aard in toch een jaarvoorraad wijn over de skreve te smokkelen. […] Mijn pa vertraagde, twee echte Franse douaniers vroegen of we quelque chose à déclarer hadden. We hadden rien à déclarer, antwoordde pa, met overdreven stoere stem. Eén douanier liep rond de auto. Met een zaklampje scheen hij de koffer in. Ik deed alsof ik geschrokken wakker schoot. De douanier zwaaide naar me, zei Pardon! Bonne nuit!, en knipte zijn lampje uit. Zonder hem te begrijpen, antwoordde ik met Oui, merci, waarmee ik mijn hele kennis van het Frans in een keer op tafel smeet. » (p.36)

Notre famille, qui ne faisait jamais rien d’illégal et n’osait entraver aucune règle, essayait ce jour-là, entièrement contre sa nature, de faire passer la frontière à des bouteilles de vin pour toute une année. […] Mon père a ralenti, deux authentiques douaniers français ont demandé si on avait quelque chose à déclarer. Nous n’avions rien à déclarer, a répondu papa d’une voix un peu trop bravache. Un douanier a fait le tour de la voiture. Il a allumé une petite lampe torche pour éclaire le coffre [c’est un break et Wouter, le cadet des quatre fils, est couché là, dans des couvertures, sur les cartons de vin]. J’ai fait comme si je m’éveillais, tout saisi. Le douanier m’a fait un signe de la main, a dit Pardon! Bonne nuit! et a éteint sa lampe. Sans le comprendre, j’ai répondu Oui! Merci! offrant ainsi d’un seul coup l’entièreté de ma connaissance du français.
(traduction de l’Adrienne)

Qui, parmi ceux qui ont connu l’époque des frontières avec douane, n’a pas ce genre d’histoire à raconter?

ça rappelle des souvenirs de retour de vacances, et le père qui déclare avec ce même air bravache qui ne lui était pas naturel, qu’il rapportait un plateau de pêches et des fromages de chèvre 😉

https://ennalit.wordpress.com/2021/12/01/challenge-petit-bac-2022-qui-veut-jouer/

21 commentaires sur « O comme ode »

  1. Mon petit frère et moi avons aussi dormi à l’arrière d’un break. J’avais cinq ans, lui quatre et nous traversions la France pour aller à Lourdes. Souvent perdus, ma grand-mère avait l’habitude de conseiller à son fils de suivre une voiture qui lui revenait bien sous prétexte qu’elle allait où nous allions.

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  2. Il y avait cet été-là tout un charivari de grèves de camionneurs en France.Qu’à cela ne tienne, nous irons en vacances en Autriche. Après un bon quart d’heure de route, voici cette frontière allemande que mon ignorance linguistique m’avait toujours empêché de franchir malgré sa proximité. Le douanier de service fait lui aussi le tour de la voiture, marmonne quelques mots dont je ne comprends pas un traître, et finit par me dire d’un ton péremptoire: « Eine lettre B”. Il ne m’a laissé passer qu’à la condition de lui acheter un beau B à coller à côté de la plaque d’immatriculation. Et moi qui croyais n’avoir ”rien à déclarer” ! …

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  3. Un jour, pas loin de la frontière du Grand-Duché, les douaniers de la brigade volante ont arrêté la voiture de mon père et lui ont fait ouvrir le coffre qu’ils ont fouillé méticuleusement et n’y ont découvert que du matériel de pique-nique, table et chaises pliantes etc..
    Vous pouvez y aller ont-ils dit et mon père a refermé le coffre sur la main du douanier !

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  4. « Aujourd’hui, dans le brouhaha des radios, des télés et des réseaux sociaux, on chercherait vainement celui ou celle qui n’a rien à déclarer !

    Et pourtant rien ne vaut le silence des plages ou le « je marche seul·e » ! »

    Comment ? J’aurais dû me taire encore ? 😉

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  5. Quand j’étais maitresse d’internat pendant mes études à Tourcoing (ce qui ne rajeunit personne 😉 ), j’allais acheter mon essence, mes cigarettes et quelques autres trucs qui étaient moins chers qu’en France dans un supermarché belge près de la frontière. Les douaniers ne m’ont jamais embêtée. Quand ils me demandaient ce que j’avais à déclarer, je montrais ce que j’avais mis dans la boite à gants. Et ça leur allait… 😉

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