Adrienne lit les annales

Aje van z’n leven in de Westhoek passeert
Si jamais tu passes par le Westhoek

Deur regen en noorderwinden
Un jour de pluie et de vent du Nord

Keert omme den tied aj’alhier passeert
Tu remonteras dans le temps

Den oorlog ga j’hier were vinden
Ici tu reverras la guerre

Ja ’t is den oorlog daj’hier were vindt
Oui c’est la guerre que tu vois ici

En ’t graf van duzend soldaten
Et la tombe de milliers de soldats

Altijd iemands vader altijd iemands kind
Toujours le père ou l’enfant de quelqu’un

Nu doodstille godverlaten
Abandonnés dans ce silence de mort

Laat de bomen nu mor zwiegen
Fais taire les arbres

En da ’t gras niets vertelt
Et que l’herbe ne raconte rien

En de wind moet ook mor ni’ zingen
Le vent non plus ne peut pas chanter

Da julderen dood tot niets hee’ geteld
Que leur mort a été pour rien

Dat waren al te schrikkelijke dingen
C’étaient des choses trop terribles

Seg, ’t gaat al goed der is welvaart in ’t land
D’ailleurs tout va bien, le pays est prospère

En de vrede ligt vast in de wetten
Et la paix est réglée par des lois

We maken wel wapens mor me’ veel mere verstand
Oui on fait des armes mais avec beaucoup d’intelligence

Mor zjust om den oorlog te beletten
Et uniquement pour empêcher la guerre

En grote raketten atoom in den top
Et des missiles avec une tête nucléaire

We meugen toch experimenteren
On a bien le droit d’expérimenter

We mikken wel ne keer na mekaar z’ne kop
Oui on vise l’autre parfois

Mor zjust om ons t’amuseren
Mais juste pour rigoler

Aje van ze leven in de westhoek passeert
(etc. reprise du début)
duzend en duzend soldaten
Des milliers et des milliers de soldats

Chanson de Willem Vermandere, qu’il a écrite en 1976; il chante en patois du Westhoek (Flandre occidentale) – traduction de l’Adrienne

La semaine dernière, quelle drôle de coïncidence, l’Adrienne était plongée dans le journal tenu par le directeur de l’école des garçons de sa ville, en 14-18, et la semaine d’avant, dans le journal tenu en 14-18 par une des religieuses de l' »hospice » de la ville.

Non, rien n’a changé.

28 commentaires sur « Adrienne lit les annales »

      1. Je me souviens bien de cette époque, des manifestations pacifistes et antinucléaires, dont les participants étaient taxés au mieux de moutons manipulés, au pire de dangereux agents soviétiques.

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  1. Ce ne sont plus les pères de quelqu’un ou les fils de quelqu’un qui meurent. La guerre maintenant tue majoritairement des civils. Et ce sont de paisibles Russes, qui, pour un grand nombre, ne souhaitent pas la guerre, qui sont déjà touchés par les mesures économiques prises par les USA et l’UE.

    Aimé par 1 personne

    1. dans sa chanson, Willem Vermandere parle des soldats enterrés dans les nombreux cimetières militaires autour d’Ypres, toujours le fils ou le père de quelqu’un, comme le fils de la sculptrice allemande Käthe Kollwitz, enterré à Vladslo, et pour qui elle a réalisé une poignante sculpture
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Cimeti%C3%A8re_militaire_allemand_de_Vladslo
      de tous temps des civils ont été les victimes des guerres, ou du passage des troupes et de leurs exactions…

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  2. L’ironie de la chanson porte encore et toujours, les marchands d’armes prospèrent. Si vis pacem, para bellum et donc il faut des armes à la hauteur de celles des ennemis potentiels pour pouvoir se défendre, la roue tourne…

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