L comme lyrisme

« Ma songerie aimant à me martyriser s’enivrait savamment du parfum de tristesse »

– Franchement!

La place n’était pas mauvaise, soupirait Hortense, mais qu’est-ce qu’elle pouvait lire comme niaiseries sur les papiers froissés qu’elle ramassait à terre dans cet appartement de la rue de Rome!

– Pas étonnant que ce monsieur les jette, avait dit son Hector. Est-ce que ça pourrait intéresser quelqu’un d’autre que lui-même?

Bon, il n’était pas joyeux, c’est le moins qu’on puisse dire, et il n’avait pas la santé, le pauvre homme!
Mais à quoi ça pouvait bien servir de se plaindre?
De « se martyriser« , comme il disait.
Se plaignait-elle?
Elle en aurait eu mille fois plus de raisons que lui, pourtant.

– Tiens, en v’là encore un! fit-elle en se baissant.

« Ne t’imagine pas que je dis des folies. »

– Le pauvre homme! conclut-elle, ça ne va vraiment pas bien dans sa tête!

***

merci à Monsieur le Goût pour son 116e devoir de lakévio:

J’ai enfin réussi à savoir ce que cache cette porte. En avez-vous une idée ? Si j’osais, je vous demanderais de commencer votre découverte par : « Ma songerie aimant à me martyriser s’enivrait savamment du parfum de tristesse » Et plus encore, la clore sur : « Ne t’imagine pas que je dis des folies. » Si vous estimez être mal armé pour faire de la sorte, faites comme vous voulez. Mais dites quelque chose lundi.

31 commentaires sur « L comme lyrisme »

  1. Et bien voilà une entrée en matière
    Ah oui si l’on gratte bien
    Partir du bouleau et finir en boule de papier froissé « intime » ce n’est pas un mince p’tit boulot de mémoire ( pardon je m’évade…)
    Bon lundi Adrienne

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  2. Bonne idée que cette lucide Hortense et son Hector pour caser les phrases proposées par Monsieur Le Goût 🙂
    Bravo pour votre texte et bonne journée.

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  3. J’ai tenté de lire les poèmes d’où étaient issues ces phrases, effectivement ce n’était pas joyeux !
    Bravo pour la manière d’amener ces phrases en question.

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    1. oui ce type devait être profondément malheureux, où qu’il soit (et je plains sa femme si elle a lu les vers où il dit qu’il veut fuir , que même « la jeune femme allaitant son enfant » ne le retiendrait pas…)
      merci et bonne journée!

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  4. Je crois qu’on dénie aux poètes le droit d’être joyeux.
    Sitôt qu’ils le sont on les rebaptise clowns.

    Et pourtant, à contempler ce spectacle de François Morel sur des textes de Raymond Devos n’est on pas en présence de la plus grande des poésies ?

    Ca s’appelle « J’ai des doutes »… mais sur ce point-là, je n’en ai pas ! 😉

    https://www.france.tv/spectacles-et-culture/theatre-et-danse/2074573-j-ai-des-doutes-devos-morel.html

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    1. dans la première pièce ça me semble être un feuillet plié, dans la pièce du fond, aucune idée, une paire de chaussures? il faudrait voir le tableau en vrai 😉
      (ou dans une excellente définition)

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